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CAN U-20 Mauritanie-Cameroun, suite à une mauvaise traduction, le coach camerounais boude la conférence d’après-match

Clash au cours de la conférence de presse des entraîneurs, juste après la rencontre en match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations des Moins de 20 ans (CAN U 20) qui a opposé dimanche 14 février 2021 au Stade Olympique de Nouakchott, la Mauritanie et le Cameroun. Le coach camerounais, Ousmanou Christophe a claqué la porte.

Duel entre Oumar MBareck et un Camerounais – Crédit Aidara

En effet, cette conférence d’après-match Mauritanie-Cameroun qui avait réuni le coach camerounais et le coach mauritanien, a été interrompue dès la première question d’un journaliste mauritanien mal traduite. En effet, le journaliste avait posé au coach camerounais la question suivante : « on accuse souvent le Cameroun de manipuler l’âge de ses joueurs. Avez-vous vérifié l’âge de vos joueurs avant l’entame de la compétition ? »

La traductrice : « coach, on vous accuse d’avoir falsifié l’âge de vos joueurs ».

Assez suffisant pour faire monter le coach camerounais, Ousmanou Christophe, sur ses grands chevaux, criant au scandale. « Je ne permettrais pas qu’on nous insulte ». Et il se retira.

Cet incident a mis le feu au poudre dans les réseaux sociaux. Entre ceux qui s’en prenaient au journaliste et ceux qui déversaient leur bile sur la traductrice. Les premiers fustigeaient des « journaleux » mal formés qui ne savent même pas comment poser des questions d’une manière professionnelle. Selon eux, le journaliste devait étayer ses arguments par des preuves irréfutables. Les seconds accusaient les organisateurs qui ont joué à la complaisance en recrutant une traductrice de la « parenté » rien que pour lui offrir des émoluments, sans tenir compte de ses compétences linguistiques.

La bataille se poursuit sur facebook entre supporters camerounais qui trouvent que même des « joueurs de 10 ans au Cameroun sont capables de battre la Mauritanie » et les supporters mauritaniens qui soutiennent que « même avec des Papas rameutés de toute l’Europe, il a fallu au Cameroun qu’un défenseur mauritanien lui offre une balle de but à la 81ème minute pour qu’il marque ».

Sur cet incident, voilà ce qu’en pense le site camerounais « camfoot-cameroun :

« Le groupe des Lions U20 qui a fait le voyage pour la Coupe d’Afrique des nations U20 est accusé par la partie Mauritanienne d’avoir falsifié l’âge de plusieurs joueurs qui ont presté lundi au Stade Olympique de Nouakchott.
Choqué par les allégations, le sélectionneur du Cameroun, Ousmanou Christophe, s’est offusqué de la question et a décidé d’interrompre la conférence de presse. Mais au fond, comment mettre de côté cette suspicion quand on sait que de l’équipe championne de la CAN U17 en 2019, un seul élément a été sélectionné ? Camfoot vous donne ici certaines des raisons.
La Confédération Camerounaise de Football s’était engagée à combattre la tricherie des âges sur l’ensemble de son territoire de souveraineté. Elle devait ainsi mettre en place des contrôles strictes surtout lors des compétitions pour s’assurer que les jeunes qui s’affrontaient le faisaient sur des bases justes.
Si lors des dernières compétitions, notamment à la CAN U17 de 2019 remportée par le Cameroun, cela fut fait, on se demande pourquoi cette directive a été annulée lors de cette compétition.
Tous les joueurs de l’équipe du Cameroun qui a remporté la CAN U17 en 2019 étaient donc de vrais joueurs U17. Mais de toute cette sélection ayant participé aussi à la Coupe du Monde U17, un seul joueur fait partie du groupe emmené par le Coach Ousmanou Christophe. Il s’agit de Amadou Daouda. Et là aussi, il y a une explication.

Cela présuppose ainsi que de tout le groupe des U20 présents en Mauritanie, il n’y a qu’un seul dont on est sûr du véritable âge.
Camfoot est en mesure d’affirmer que de ce groupe, un joueur qui avait été coupé de la sélection U17 en 2019 pour falsification grossière de son âge fait partie de la sélection des U20 actuelle. Et franchement, à voir la pomme d’Adam et les saillies de visage de la majorité des joueurs, il est surprenant que les autorités camerounaises pensent duper tous les observateurs
 »

La fête se poursuit, belle et radieuse

Mais la fête du football continue sa chevauchée dans les trois stades retenus pour la compétition à Nouakchott et à Nouadhibou, dans l’allégresse et la joie en dépit de ces piques si habituelles dans le monde du football. « Et même si le journaliste a mal posé sa question, le coach camerounais ne devait pas se retirer de la conférence, la liberté de presse étant un credo largement partagé dans le milieu » soutiennent plusieurs observateurs.

En attendant, les compétitions se sont poursuivies mardi 15 février 2021 par de beaux duels, match nul entre Tunisie et Burkina Faso (0-0), victoire de l’Ouganda contre le Mozambique (2-0), match nul entre la Centrafrique et la Namibie (1-1).

Mercredi 16 février, le Ghana croisera le fer contre la Tanzanie et le Maroc contre la Gambie. Ce sera au stade Municipal de Nouadhibou.

Cheikh Aïdara


CAN U-20, la Mauritanie trébuche devant le Cameroun (0-1)

En match d’ouverture de la Coupe d’Afrique de football des moins de vingt ans (CAN U-20), la Mauritanie, pays organisateur, est tombée ce 14 février 2021 devant le Cameroun, au Stade Olympique de Nouakchott.

Coup d’envoi deuxième période-Crédit Aidara

Il a fallu attendre la 81ème minute, pour voir le Cameroun ouvrir le score sur une monumentale erreur défensive. Servi par un ballon malencontreusement offert en retrait par le latéral droit Mauritanien Abou Oumar Diallo, à l’entrée de la surface, l’attaquant camerounais Sunday Junior, n’eut que peu de peine pour mettre le ballon au fond des filets.

Ce que le staff camerounais considérait comme un match facile face aux juniors mauritaniens a failli pourtant se terminer par une claque. Les poulains de Njoya, coach des juniors mauritaniens, ont en effet fait bonne impression. Ils se sont à plusieurs reprises promené devant les buts du gardien camerounais, Hucube Wislow. Sans la maladresse répétitive des jeunes attaquants mauritaniens et la solidité de la défense camerounaise, le score aurait pu être autre.

Moins corpulents, les U-20 mauritaniens se sont pourtant battus sur toutes les balles, et ont montré un engagement physique à toute épreuve face à des Camerounais plus costauds et qui les dominaient d’une tête.

Une deuxième mi-temps pleine de faux espoirs

Après une première mi-temps vierge, les Camerounais ont procédé à trois remplacements dès l’entame de la seconde période. L’entrée du jeune Tetah, côté mauritanien a redonné de la dynamique à l’attaque mauritanienne qui a redoublé les occasions sans concrétiser. L’unique but camerounais surviendra après 80 minutes de jeu. Les coéquipiers d’Etienne Eto, fils de la légende camerounaise Samuel Eto, présent à la tribune officielle, n’ont pas trouvé de faille dans la défense mauritanienne, jusqu’à la fatidique 81ème minute.

L’ouverture du score par l’attaquant camerounais Sunday Junior à cet instant du jeu a sonné comme une délivrance pour le banc camerounais. La joie ne fut complète qu’à la 93ème minute et le sifflet final de l’arbitre central qui mit fin à tout espoir pour les jeunes Mauritaniens de revenir au score.

Ce résultat étriqué permet aux Camerounais de mettre un pied au quart de finale. Les protégés de Ousmanou Christophe, coach camerounais, ont en effet déjà les yeux rivés sur leur prochain match contre l’Ouganda le 17 février prochain.

Quant aux Mourabitounes juniors, ils sont condamnés à remporter leur prochaine rencontre face à la Mozambique le 17 février, sous peine de compromettre leurs chances pour la poursuite de la compétition.

Quelles équipes en lice pour la CAN U-20 ?

Douze équipes sont présentes à Nouakchott pour prendre part à cette phase finale de la CAN U-20 qui se déroule du 14 février au 4 mars 2021. Il s’agit de la Mauritanie, du Cameroun, de l’Uganda, de la Mozambique, du Burkina Faso, de la Tunisie, de la Namibie, de la Centre Afrique, du Ghana, de la Tanzanie, de la Gambie et du Maroc.

Le Maroc, la Gambie, la Tanzanie et le Ghana, logés dans la poule C, disputeront leurs rencontres au Stade municipal de Nouadhibou, capitale économique de la Mauritanie (420 Km de Nouakchott). Tout les autres matchs se joueront à Nouakchott, entre le stade Olympique et le stade Cheikha Boidiya.

À noter que la confrontation Mauritanie-Cameroun a été précédée par une cérémonie d’ouverture avec folklore, danse et musique mauritanienne dans toutes leurs diversités. Le Premier ministre et quelques membres du gouvernement, en plus de représentants de la FIFA et de la CAF, de plusieurs présidents de fédérations africaines, d’élus et de diplomates, ont assisté à la rencontre.

Le match s’est déroulé à huis clos, sans public, à cause des mesures barrières pour prévenir la propagation de la pandémie Covid-19.

Cheikh Aïdara


Les Mauritaniens à l’étranger, étude exploratoire sur leur présence, leurs conditions de vie et de travail

France, Sénégal, Mali, Gambie et Côte d’Ivoire. Cinq pays d’accueil de fortes communautés mauritaniennes ciblées par une étude, première du genre en Mauritanie, menée par le Projet d’Appui à la Migration Equitable pour le Maghreb (AMEM) du Bureau International du Travail (BIT), sur financement de l’Agence italienne de coopération pour le développement. L’objectif, fournir des données sur la présence, les conditions de vie et de travail des migrants mauritaniens à l’étranger en vue de renforcer leur protection tout au long de leur cycle migratoire. Une restitution des résultats de l’étude a eu lieu le 11 février 2021 à Nouakchott.

Table officielle -Crédit Aidara

Comment les Mauritaniens et leurs familles établis en France, au Sénégal, au Mali, en Gambie et en Côte d’Ivoire, vivent-ils ? Comment travaillent-ils ? Autant de questions auxquelles l’étude menée par le projet AMEM du BIT sur financement de la coopération italienne compte apporter des réponses.

Les résultats de l’étude, menée par le consultant du BIT; M. Isselmou Ould Taleb; avec l’aide de points focaux installés dans ces cinq pays, ont été en effet partagés lors d’un atelier de restitution qui a eu lieu jeudi 11 février 2021 à Nouakchott, en présence des mandants de l’OIT (Etat, syndicats et Patronat), des organisations internationales et la société civile.

Etat et BIT, même combat pour la gouvernance migratoire

Ministre Fonction Publique-Crédit Aidara

L’état mauritanien, tout comme le BIT, tiennent à la bonne gouvernance dans le domaine de la migration, et de la migration du travail en particulier. C’est un point essentiel qui ressort dans le discours que le ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Modernisation de l’Administration, Son Excellence Monsieur Camara Saloum Mohamed, a mis en exergue, lors de l’ouverture des travaux.

Il a évoqué la Convention 143 que la Mauritanie a ratifiée, soulignant que « cette restitution explique largement l’engagement des autorités mauritaniennes, et à leur tête le président de la République et son premier ministre, dans une réelle gouvernance de la migration et son harmonisation avec les textes nationaux ». Il a ajouté que «le déroulement de cet atelier n’est qu’une adaptation de notre législation à toutes les conventions bilatérales ou multilatérales que la Mauritanie a signées ou ratifiées ».

Selon lui, « notre participation à cet atelier souscrit aux engagements que le président de la République a pris par rapport à la couverture et à la protection efficiente des droits des migrants en Mauritanie et des droits des Mauritaniens à l’étranger ».

Marc Ninerola-Crédit Aidara

Le Coordinateur du Projet Bridge et représentant du BIT Alger qui couvre le Maghreb (Algérie, Mauritanie, Maroc, Libye, Tunisie), M. Marc Ninerola, avait auparavant remercié le Ministère de la Fonction Publique, en sa qualité de chef de file des activités du BIT en lien avec la migration au travail.

Il s’agit, selon lui, de l’implication du département,« à travers la Direction générale du travail ». Celui-ci participe« à la mise en œuvre de toutes les études et enquêtes en lien avec l’amélioration de la base de connaissances, des systèmes d’informations, des statistiques nationales, sur la migration du travail depuis et vers la Mauritanie »a-t-il affirmé.

D’après Marc Ninerola, cela concerne les données statistiques et administratives au niveau national et international de ces travailleurs qui viennent en Mauritanie et des Mauritaniens qui partent à l’étranger. Il a cité dans ce cadre l’étude sur la présence, les conditions de vie et de travail des Mauritaniens à l’étranger, objet de l’atelier.

Selon Marc Ninerola, « comme dans la plupart des pays de la sous-région, la problématique de l’emploi croise celle de la migration », précisant que « la Mauritanie porte légitimement une attention particulière à la gouvernance de la migration, et c’est pourquoi nous sommes aujourd’hui ici ». Il rappelle que la Mauritanie a ratifié en 2019, la Convention 143 sur les travailleurs migrants, pour la lutte contre les abus et la promotion de l’égalité des chances et de traitement des travailleurs migrants.

Il a souligné que « le contexte lié à l’évolution de la pandémie Covid-19, avec ses répercussions sur les travailleurs migrants en tant que groupe vulnérable, rappelle toute la pertinence de l’approche du gouvernement mauritanien de se doter d’un arsenal juridique et de développer des services pour les processus migratoires de plus en plus équitables, assurant la protection pour tous les travailleurs migrants au départ et à l’arrivée en Mauritanie ».

Il s’est réjoui enfin de voir cet atelier marquer le début d’un processus de réflexion pour la mise à niveau de la législation mauritanienne et du lancement d’une campagne de communication autour de la Convention 143, conformément aux recommandations qui ressortiront de cet atelier et que le BIT à Alger suivra avec une attention toute particulière.

La précarité extrême des migrants mauritaniens à l’étranger

Dans sa restitution des résultats de l’enquête sur la présence, les conditions de vie et de travail des travailleurs migrants mauritaniens en France, Gambie, Sénégal, Mali et Côte d’Ivoire, M. Isselmou Ould Taleb, Consultant du BIT chargé de l’étude,a souligné que les trois quarts des migrants mauritaniens vivent dans la précarité dans ces pays d’accueil. Le tiers est sans travail car ne disposant pas de permis de séjour. Près de 94% ne sont pas couverts par une sécurité sociale, avec une faible syndicalisation (6% sont syndiqués). L’écrasante majorité n’a jamais fréquenté l’école moderne et n’a suivi qu’un enseignement traditionnel (mahadra).

Une partie de la salle-Crédit Aidara

C’est surtout par rapport à la pandémie de la Covid-19 où cette précarité est plus prégnante selon le consultant. En matière d’impact de la Covid-19, 16% des migrants mauritaniens déclarent avoir perdu leur emploi, 13% se disent inquiets pour l’avenir de leur emploi, près de la moitié estime que les conditions de travail sont devenues mauvaises.

Cependant, 80% des migrants considèrent que le transfert des fonds vers la Mauritanie n’a pas été affectés par la Covid-19. Près de deux tiers (2/3) jugent que la Covid-19 a impacté négativement leur épargne. Près de 40% ont déclaré une cessation de leur activité.

Recherche d’emploi, la première cause de migration des Mauritaniens

L’étude qui a porté sur un échantillon de 5.000 personnes réparties entre les cinq pays, a presque corroboré, selon le consultant, les données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 2013) qui ont révélé, sur les motifs de la migration, que 40% des Mauritaniens vont à l’étranger à la recherche de l’emploi, 14% pour des études et 12% pour cause de regroupement familial.

une partie de la salle – Crédit Aidara

L’étude donne également un aperçu sur la composition de cette migration (80% hommes et 20% femmes), sur leur âge, (80% ont entre 21 et 49 ans), sur les transferts d’argent vers la Mauritanie, avec prédominance du système traditionnel d’envoi (parents, amis), au détriment des transferts bancaires très minime.

Des données ont également été fournies par l’étude sur la sécurité et la discrimination, la plupart des migrants mauritaniens se déclarant en sécurité et non discriminé dans leur pays d’accueil.

Au début de son intervention, le consultant s’était étalé sur l’organisation et la méthodologie de l’enquête, mais aussi sur les difficultés rencontrées au cours de la mission.

Parmi ces difficultés, un contexte marqué par l’absence de données statistiques ou administratives coordonnées et fiables dans le domaine de la migration, et de la migration du travail en particulier, aussi bien pour les étrangers établis en Mauritanie que pour les Mauritaniens installés à l’étranger. Même déficit pour les analyses des données en rapport avec celles du marché du travail. « Ces données sont quasi inexistantes » affirme-t-il. Pas d’institutions chargées de la collecte régulière et périodique de données qualitatives et quantitatives sur les travailleurs migrants en transit, immigrés ou émigrés. Insuffisance et peu de produits fournis par la coordination en matière de la stratégie nationale de l’emploi et de la stratégie de gestion des migrations. Absence de cadre légal de régulation des agences privées de recrutement ou de placement à l’international. Absence de dispositif pénal dissuasif de lutte contre la traite. Insuffisante implication des partenaires sociaux dans la gestion de la stratégie nationale de la migration à travers le dialogue sociale tripartite.

« Tenant compte de cette situation telle que décrite dans le cadre des constats de l’étude, quelles pistes d’amélioration peut-on envisager pour améliorer la situation ? » s’est interrogé le consultant.

Traçant certaines pistes, il déclare nécessaire de renforcer la prise en charge et la protection des travailleurs migrants mauritaniens et les membres de leur famille tout au long de leur cycle migratoire. Car, sur les questions essentielles de conditions de vie, selon lui, les Mauritaniens dans ces cinq pays vivent dans la précarité.

Il faut aussi, ajoute-t-il en substance, mettre en œuvre une politique migratoire équitable. Mais également, renforcer les capacités des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux pour gérer la migration au travail. Il estime que les Mauritaniens à l’étranger sont mal encadrés. Il s’agit enfin, souligne Isselmou Ould Taleb, d’assurer un paquet minimum de protection des droits des travailleurs mauritaniens à l’étranger, d’autant plus que seuls 6% sont affiliés à la sécurité sociale.

Plusieurs interventions ont enrichi les débats et les participants ont avancé des recommandations qui viendront compléter les données de l’étude dont les résultats définitifs sont attendus par tous les acteurs.

Avaient pris part à la rencontre plusieurs cadres du Ministère du Travail, notamment le Secrétaire général, le Directeur général du Travail et le directeur de la Migration, des cadres du Ministère des Affaires Sociales, des Affaires Etrangères, de l’Intérieur, de la Caisse nationale de sécurité sociale, de l’Agence « Tech Ghil » ex-Anapej, l’Office national de la Statistique, les syndicats (UTM, CGTM, CLTM et CNTM), le Patronat, l’OIM et l’AMDH, en plus des personnes ressources du BIT.

Cheikh Aïdara


Journée internationale Tolérance zéro MGF, une chute de plus de 10% en Mauritanie

« Les Mutilations génitales féminines (MGF) sont passées de 66% à 53% en Mauritanie » a déclaré la Ministre des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF) lors de la journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MGF célébrée cette année à Kaédi. C’était en présence des autorités administratives locales, des partenaires techniques et financiers, en plus de la société civile spécialisée.

La ministre des Affaires Sociales lors de la cérémonie

La Mauritanie, à l’instar de la communauté internationale, a célébré samedi 6 février 2021 la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MGF. C’est à Kaédi, capitale du Gorgol, que la Ministre des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), Mme Naha Mint Cheikh Sidya, a lancé la cérémonie de commémoration de la journée, en présence des autorités administratives et des partenaires, notamment, l’UNFPA, l’UNICEF, l’OMS entre autres, en plus des organisations de la société civile nationales internationales présentes dans la région.

Dans le discours qu’elle a prononcé à l’occasion, la Ministre des Affaires sociales a affirmé que « la protection des franges les plus vulnérables de la société est inscrite dans les priorités du programme social du président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani », soulignant par ailleurs que c’est aussi une priorité pour son département.

Mme Naha Mint Cheikh Sidya a indiqué que la Mauritanie « a franchi des pas importants dans la lutte contre les MGF », indiquant que les chiffres à ce propos sont éloquents. Selon elle, les MGF sont passés de 66 % à 53% chez les 0-14 ans. Cette évolution est d’après elle, le résultat d’une politique gouvernementale engagée dans l’éradication du fléau, à travers les campagnes d’information menées depuis plusieurs années, en partenariat avec les autres secteurs de l’Etat et les partenaires techniques et financiers, ainsi que les organisations de la société civile et la Coordination nationale de lutte contre les pratiques néfastes. Ces efforts combinés prouvent, selon la ministre, l’engagement de la Mauritanie à honorer ses engagements internationaux dans le domaine.

« Mon département tend, à travers la célébration de la journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MGF, à atteindre l’objectif 5.3 des ODD que notre pays ne peut atteindre sans mettre fin aux violences à l’égard des femmes, sans l’autonomisation des femmes et des filles à travers leur pleine participation économique et politique ». Cela passera aussi, selon elle, par la réalisation des « Trois zéro » à l’horizon 2030, à savoir zéro décès maternel, zéro besoin non satisfait en planification familiale et zéro violence basée sur le genre (VBG).

La ministre a déclaré dans son discours que les VBG continuent de constituer un défi qu’il faut relever, mettant en exergue les progrès réalisés en Mauritanie dans la lutte contre ces pratiques à travers la mise en œuvre de plusieurs programmes éducatifs, la consolidation du cadre de concertation et de coordination. Mais également, par la mise en place de sept plateformes multisectorielles, renforcées par un plan d’action stratégique pour la lutte contre les violences conjugales.

Auparavant, le maire de la commune de Kaédi, M. Taher Baradji, avait salué le choix de sa ville pour abriter la célébration de la journée internationale de lutte contre les MGF. Il a également égrené les résultats réalisés au niveau de sa commune dans la lutte contre l’excision, citant dans ce cadre les nombreuses cérémonies solennelles d’abandon et de dépôts de couteaux.

Pour sa part, le Représentant de l’UNICEF en Mauritanie, M. Mark Lucet, a salué les efforts déployés par la Mauritanie dans la lutte contre les MGF à travers l’amélioration continue de l’arsenal juridique et institutionnel, mais aussi à travers les divers ateliers d’information et de sensibilisation organisés dans les régions du pays. Il a précisé que l’UNICEF est disposé à accompagner et consolider les capacités de la femme mauritanienne pour lui permettre de faire face aux violences physiques et psychologiques dont elle est victime. Il a dans ce cadre évoqué des plans et des stratégies qui sont en cours de programmation.

A rappeler que la Mauritanie s’est engagée depuis plusieurs années dans la lutte contre les MGF à travers les actions développées par le MASEF à travers la Coordination nationale pour l’abandon contre les MGF qu’elle a créée en son sein. Plusieurs ateliers de mise à niveau ont aussi été organisés au cours des dernières années, notamment autour de la feuille de route de 2012 et son plan d’action visant à éradiquer définitivement la pratique en Mauritanie.

Ces efforts soutenus par les érudits à travers deux fatwas interdisant les MGF en Mauritanie, en plus de la fatwa régionale émise en 2016 par les religieux de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ont fortement contribué à la baisse des MGF, même si les taux restent encore élevés dans certaines régions. Le Guidimagha reste la région où ces pratiques sont les plus répandues, suivi du Hodh Gharbi.

Sur le plan mondial, les chiffres restent alarmants. L’OMS estime qu’il y a actuellement plus de 200 millions de femmes et de filles victimes de MGF, selon les données de 30 pays, en particulier en Afrique et en Asie. Ainsi chaque année, 3 millions de jeunes filles sont menacées de subir une excision dans le monde.

Cheikh Aïdara