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Covid-19, les éleveurs du Guidimagha soutenus par plusieurs ONGS lancent un SOS de désespoir

Le 15 avril 2020, le président Mohamed Ould Ghazwani lançait un plan d’urgence de 1, 2 milliards MRU (32 millions de dollars U.S) pour sauver le cheptel, durement frappé par une sècheresse endémique, l’inexistence de pâturage, la rareté de l’eau et la forte concentration du bétail dans les régions boisées du Sud du pays. Depuis plus d’une semaine, les éleveurs attendent toujours d’avoir accès aux aliments de bétail enfermés dans des magasins, tandis que les volets hydrauliques et santé animale du plan d’urgence restent encore un vœu pieu. Les ONGs du Guidimagha lancent de nouveau un appel pressant pour sauver un monde rural durement frappé par la soudure et le confinement dû au Covid-19.

Transhumants à la recherche de pâturage (Crédit Aidara)

Plus d’une dizaine d’organisations de la société civile actives dans la Wilaya du Guidimagha viennent de lancer un deuxième SOS pour attirer l’attention des autorités publiques sur la situation catastrophique du monde rural, en particulier les éleveurs, dont le bétail est menacé de décimation, faute de nourriture et d’eau.

Mohamed Lemine (Crédit Aidara)

«Depuis une semaine je fais le va-et-vient entre le campement et Sélibaby pour voir si les magasins ont commencé à vendre l’aliment de bétail. Les camions envoyés par Ghazwani sont arrivés depuis plusieurs jours mais leur contenu est enfermé dans des magasins, on ne sait pas pourquoi. Au lieu de les distribuer aux éleveurs dont le bétail est menacé, on nous renvoi de rendez-vous en rendez-vous » confie (via téléphone) Mohamed Lemine, un éleveur dont le troupeau de bovins et de caprins paissent à quelques kilomètres de la ville sur la route vers Gouraye.

La région du Guidimagha, l’une des plus exposées à la pandémie du Covid-19 en raison de sa position géographique entre deux foyers de danger, le Mali et le Sénégal, est surtout le lieu de haute concentration de bétails venus de plusieurs autres régions du pays, Assaba, Brakna, Gorgol, Tagant et Trarza. Habitués à traverser le Guidimagha pour transhumer vers le Sénégal et le Mali, les éleveurs sont ainsi coincés par la fermeture des frontières et le confinement. Résultat, en l’absence de pâturage, le cheptel dont des milliers de camelins, de bovins et de caprins sont en train de décimer le couvert végétal, tandis que les coupes d’arbres de chauffe se multiplient sous l’assaut des familles d’éleveurs installés partout dans cette vaste région, hier, fière de sa luxuriante végétation/

Le président de l’ONG ADIG s’entretenant avec des éleveurs (Crédit Aidara)

Ainsi, l’après Covid-19 risque d’être désastreuse pour les ressources ligneuses de la région. Le constat est fait par les ONGs qui, après plusieurs missions de terrain, n’ont cessé depuis quelques jours de tirer la sonnette d’alarme sur «une situation plus que préoccupante à tous les niveaux, eaux-santé animale et aliment de bétail» témoigne Hamada Bneijara, président de l’Association pour le développement intégré du Guidimagha (ADIG).

D’importants financement ont pourtant été dégagés par les autorités mauritaniennes pour sauver un secteur pastoral fortement menacé et dont le poids dans l’économie nationale est considérable.

Faute de pâturage, les animaux mangent du sable (Crédit Aidara)

En effet, l’Etat a débloqué 30 millions MRU pour l’hydraulique pastoral, plus de 834 millions MRU pour l’aliment de bétail, plus de 20 millions MRU pour la santé animale et plus de 222 millions MRU pour la mise en œuvre du Plan d’urgence, lequel Plan d’urgence a perdu toute sa valeur d’urgence, après une semaine sans le début de la moindre mise en œuvre de cet ambitieux programme.

«Si l’engagement politique est réel, la traduction de l’engagement du Président de la République en actes sur le terrain fait défaut» note Bneijara qui constate que «les éleveurs sont dans le besoin par rapport aux trois composantes du programme, une composante Aliment de bétail disponible mais non accessible encore aux bénéficiaires, épuisés par d’incessants aller-retour entre leur campement et le centre ville, deux composantes Eaux et Santé animale dont le démarrage est toujours attendu

Cheikh Aïdara

Guidimagha : Appel à l’exécution immédiate du programme pastoral spécial

Plus que toute autre région de la Mauritanie, le Guidimakha se trouve être le plus exposé à la pandémie du COVID-19, en raison de sa position transfrontalière et de sa vocation migratoire principalement orientée en Europe, épicentre de la pandémie. Pour contribuer à ce sursaut national, les OSC du Guidimakha signataires de la présente déclaration se sont rendus sur le terrain pour s’enquérir de la situation du pastoralisme en cette période de confinement.

La fermeture des frontières dans le cadre des mesures prises pour endiguer la Pandémie ont affecté gravement les éleveurs transhumants et leurs troupeaux qui avaient traditionnellement l’habitude de transhumer, bon an et mal an, vers le Mali et le Sénégal à la recherche de pâturages.

Cette fermeture intervient au moment où le Guidimakha est convoité par tous les cheptels venus de plusieurs régions du Pays (Assaba, Brakna, Gorgol, Tagant et Trarza). Cette concentration animalière a des effets tant sur la disponibilité des ressources herbacées que sur l’environnement, dans un contexte de rareté d’eau et d’absence de services vétérinaires.

Le manque de pâturage et le retard de la mise en œuvre du plan de réponse pastoral ont poussé les éleveurs à opérer d’importantes coupes d’arbres pour nourrir leur bétail. Ceci constitue une sérieuse menace pour la sauvegarde des ressources ligneuses de la région.

Les organisations signataires à la suite de la mission de terrain constatent que la situation pastorale est préoccupante à tous les niveaux : Eau – Santé et Aliment de bétail.

Pourtant, d’importantes sommes ont été mobilisées par les Pouvoirs Publics pour ce secteur vital pour notre économie.Le tableau suivant donne les explications sur leur volume :

Hydraulique pastorale 30 000 000 MRU
Aliment de Bétail 834 513 240 MRU
Santé animale 20 719 000 MRU
Mise en Œuvre 222 000 000 MRU

Le Président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El GHAZOUANI, a lancé, ce  vaste Programme pastoral d’urgence visant à venir en aide aux éleveurs pendant cette période de soudure après une saison pluvieuse infructueuse. Par cet acte, nous constatons un engagement politique de haut niveau.

Egalement, nous constatons que les éleveurs sont dans le  besoins de ces trois composantes. La composante Aliment de Bétail est disponible  mais non encore accessibles aux bénéficiaires, déjà épuisés par d’incessants mouvements du terroir aux centres de vente. Cette dernière doit démarrer immédiatement pour sauver le cheptel et réduire la pression sur l’environnement.

Les deux autres composantes (Hydraulique pastorale et Santé animale) doivent elles aussi démarrer d’autant plus que nous sommes à la veille de la saison des pluies. Nous devons enfin veiller dans un souci de transparence et d’efficacité penser à  l’implication effective  de la Société Civile.

Liste des OSC signataires

Union des Coopératives des Femmes du Guidimakha (UCFG)
Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH)
Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH)
Association pour le Développement Intégré du Guidimakha (ADIG)
Association pour une Initiative de Développement de l’Environnement (AIDE)
Action pour la Santé et le Développement (ACSADE)
Association Mauritanienne pour le Développement et l’Alphabétisation (AMDA)
Association pour la Prospérité des Femmes du Guidimakha (APFG)
Association des Jeunes pour la Protection de l’Environnement et le Développement(AJPED)
Association Towvigh
Association  Mauritanienne pour la Promotion des Adolescents (AMPA)
Association Les Amis de la Santé Avagh
Association Elwava
Groupe Recherche Action pour le Développement Durable (GRADD)
Association Pour l’Education et Promotion Sociale (APEPS)
Association Djalaw
Association Nationale pour le Développement et la Biodiversité (ANDB)


Projet SAFIRE ou l’insertion professionnelle des jeunes par le jardinage, avec l’appui du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne

Le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports a inauguré, mercredi 21 avril 2020 au PK 17 de la route Nouakchott-Rosso,  l’espace vert JENNA, un espace de formation en maraîchage pour jeunes mauritaniens. C’était en compagnie de l’Ambassadeur chef de la délégation de l’Union européenne en Mauritanie, le maire de Riadh et les représentants d’ONGs partenaires du programme SAFIRE, un programme financé par le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique de l’Union européenne.

L’expert du site, Carlos (sacoche en bandoulière) entre l’ambassadeur UE (à gauche) et le Ministre de l’Emploi (à droite) et le maire de Riadh (en boubou bleu) – Crédit Aidara

«L’Espace vert JENNA !» Un Eden sorti d’une terre ingrate, au PK 17 de la commune de Riadh, sur la route Nouakchott-Rosso ! Cet espace vert a été inauguré mercredi 21 avril 2020 par le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, Taleb Sid’Ahmed, en compagnie de l’Ambassadeur chef de la Délégation de l’Union Européenne en Mauritanie, SEM. Giacomo Durazzo, du maire de la commune de Riadh, Abdallahi Ould Driss, ainsi que plusieurs autres personnalités représentant le consortium d’ONGs qui forment ce partenariat public-privé. Un partenariat financé par le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique de l’Union européenne à hauteur de 10 millions d’Euros.

Espace-test agricole JENNA

Au PK17 sur la route Nouakchott-Rosso, sur la piste en terre battue menant vers la centrale qui alimente Nouakchott en eau à partir du Fleuve Sénégal, est né un espace vert. Il y a trois mois, c’était un no man’s land aride et rocailleux, où planter la moindre pousse relevait de la gageure. Aujourd’hui, «l’Espace-test agricole Jenna» est une réalité qui a vu jour grâce à SAFIRE (Sécurité Alimentaire, Formation, Insertion, Résilience, Emploi), un programme de 4 ans (2019-2023), mis en place par le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique sur financement de l’Union européenne. Ce programme logé au Ministère de l’Emploi et dont l’envergure économique impacte sur la société et l’environnement, cible les populations les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes.

« L’Espace vert Jenna » Crédit Aidara

Ainsi, dans cet espace de 12.000 mètres carrés (m2), dont seuls 8.000 m2 sont déjà exploités, l’Union européenne y a injecté une partie des 10 millions d’euros que le Projet SAFIRE a étendu dans plusieurs autres régions du pays, Guidimagha, Gorgol, Trarza, Brakna, Hodh El Gharbi et Hodh Charghi, en plus de Nouakchott. Ce programme vise à l’insertion professionnelle, la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, et la promotion des complémentarités économiques et sociales, entre territoires urbains et ruraux, ainsi que les opportunités économiques liées aux dynamiques migratoires.

Sous la visite guidée du technicien chargé de la gestion de l’espace, M.Carlos de l’ONG Agri Sahel, spécialisée dans la production agro écologique, la délégation a visité les parcelles où sont cultivées plusieurs variétés de légumes, pastèques, aubergines, tomates, salades, carottes, entre autres. Ils ont visité la salle de formation théorique, une salle composée d’une quinzaine de tables-bancs et un tableau noir, deux magasins qui devront bénéficier d’une double protection intérieure de briques en matériaux locaux pour les compostes, une salle de culture, un enclos d’une demi-dizaine de chèvres et un poulailler.

Tel est le modèle de ferme moderne qui devrait assurer l’autosuffisance des futurs jardiniers actuellement en formation sur les techniques de jardinage au goutte-à-goutte, ainsi que celle de leurs familles, tout en assurant l’autosuffisance en légumes de la collectivité locale et nationale.

Crédit Aidara

Trente jeunes mauritaniens sont pour le moment présents sur le terrain, sur un effectif de quatre-vingt dix, entre garçons et filles, déjà sélectionnés. A raison du Covid-19 et pour respecter les gestes barrières et la distance sociale, seuls 5 à 6 élèves jardiniers travaillent par jour. Il s’agit de porteurs de projets. Chaque année et pendant 3 ans, trente jeunes pourront ainsi mettre en œuvre leur projet d’activité de production maraîchère ou en lien avec le secteur agropastoral. Au cours de leur apprentissage, ils bénéficieront des moyens de production nécessaires à leurs activités (un site de production équipé, du matériel, une parcelle individuelle de 100 m2). Ils bénéficieront aussi d’une formation technique sur les pratiques de maraîchage agro écologique, ainsi qu’un accompagnement individuel et collectif pour la gestion et l’orientation stratégique de leurs activités (élaboration d’un business plan, réseautage, intégration de l’activité dans le contexte local, entre autres).

Il est à noter que les revenus tirés de la production reviennent aux stagiaires bénéficiaires de la formation, tout comme les frais liés à l’exploitation, notamment la consommation d’eau pour l’irrigation.

L’activité en cours s’inscrit également dans la lutte contre le Covid-19, notamment ses conséquences socioéconomiques, car elle permet aux bénéficiaires de générer des revenus pour eux et leur famille tout en promouvant la production maraîchère nationale en milieu urbain, contribuant ainsi à l’approvisionnement du marché local face aux turbulences du commerce international.

Témoignages de bénéficiaires

Awa Diagne, d’agricultrice en milieu familial à porteur de projet maraîcher

Awa Diagne s’entretenant avec le Ministre de l’Emploi (Crédit Aidara)

«Je suis vraiment aujourd’hui une femme épanouie. J’apprends de nouvelles techniques de jardinage que je n’ai jamais connu, bien que me croyant non novice dans le domaine, car j’avais mon propre projet avant cette formation. Je découvre une technique du goutte-à-goutte que j’ignorais, une nouvelle mise à terre que je ne connaissais pas, et des traitements de plantes jusque-là inconnus pour moi. Tenez, je ne savais pas qu’il fallait élaguer la tige de la betterave chaque fois pour qu’elle n’absorbe pas la substance de la plante. Je remercie l’Union européenne et le ministère de l’Emploi pour cette formation de haut niveau, sous la direction d’un expert qui s’y connaît bien, M. Carlos. Je suis issue d’une famille d’agriculteurs, et tout ce qui a lien à la terre est une passion pour moi. Encore mille merci à l’Union européenne et à l’Etat mauritanien pour ce soutien aux jeunes».

«Le secteur agricole, la solution pour la lutte contre le chômage des jeunes»

L’ambassadeur UE entouré du Ministre de l’Emploi et le maire de Riadh au cours de l’entretien avec les médias (Crédit Aidara)

A la fin de l’inauguration, le ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, Taleb Sid’Ahmed a remercié l’Union européenne, «un excellent allié » de son département, a-t-il souligné en substance, précisant que «cet espace que nous inaugurons aujourd’hui, était il y a trois mois, un désert et maintenant, il produit des légumes». Selon lui, la Mauritanie renferme des potentialités, dans le domaine agricole en particulier, «un secteur à forte potentialité d’emplois pour les jeunes» et une «source d’autosuffisance alimentaire». Il est inacceptable d’après lui que la Mauritanie continue d’importer des légumes, alors qu’elle «dispose d’un vaste territoire et abondamment d’eau». Il a souligné que le gouvernement a donné le feu vert pour accélérer la production agricole dans notre pays. Et c’est dans le cadre du programme SAFIRE financé par l’Union européenne, qu’il a remercié au passage, et placé sous la tutelle du ministère de l’Emploi de la Jeunesse et des Sports, ajoutera-t-il en substance, que «nous sommes venus pour visiter cet espace vert », avant de noter qu’au «moment où nous sommes en train de vaincre le corona, nous avons également la capacité de vaincre toutes les autres crises»

Auparavant, SEM. Giacomo Durazzo devait confirmer l’engagement de l’Union européenne «à accompagner la Mauritanie dans cette période particulièrement difficile, dans cette crise qui touche tout le monde.» Il a rappelé que le soutien européen «se traduit d’une manière plus concrète avec un paquet de 40 millions d’euros, qui ont été exclusivement orientés vers la crise du Covid, notamment dans le renforcement du système sanitaire mauritanien», évoquant l’augmentation de la capacité des programmes de l’Union européenne et leur mutation «pour les rendre plus efficaces et permettre de répondre à la crise sanitaire ». Il trouve par ailleurs que cet appui ne concerne pas seulement la santé, mais touche aussi «les aspects économiques et sociaux qui sont les plus importants, car affectant la population ». C’est bien dans ce cadre qu’intervient selon lui, «le programme JENNA qui s’inscrit dans le projet SAFIRE, un projet de 10 millions d’Euros à travers lequel nous appuyons la formation de jeunes hommes et de jeunes femmes issus de milieux défavorisés, pour leur apprendre le métier d’agriculteurs et de producteurs pour faire du maraîchage, ce qui est essentiel en ce moment où nous devons penser à l’autosuffisance alimentaire ».

Pour sa part, le maire de Riadh avait développé un long plaidoyer en faveur des jeunes, prenant le Ministre de l’Emploi comme ambassadeur auprès du gouvernement afin «que ces quatre-vingt dix jeunes qui vont être formés à raison de trente jeunes par an, puissent avoir accès à des lopins de terre pour poursuivre leurs activités et appliquer les connaissances apprises en matière de jardinage».  Selon lui, «le climat politique actuel est propice pour donner un coup de pouce à cette expérience», évoquant l’engagement du Chef de l’Etat à travers son programme «Mes Engagements » et les possibilités offertes par l’Agence Taazour.»

Cheikh Aïdara


COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT L’Union européenne engagée aux côtés de la Mauritanie dans la lutte contre le COVID 19.

Face à la crise multiforme due à la propagation du virus COVID-19, l’Union européenne tient à exprimer sa solidarité avec la Mauritanie. C’est ainsi qu’elle a décidé, en répondant à une demande des autorités, de réorienter et anticiper ses programmes pour soutenir les efforts du gouvernement mauritanien contre la pandémie. D’une valeur totale de quelque 40 millions EUR (environ 1,63 milliards MRU), les programmes concernés appuient le système de santé mauritanien et d’autres mesures visant à limiter les conséquences économiques et sociales de la pandémie.

Premier partenaire de la Mauritanie dans le secteur de la santé indépendamment de la crise mondiale actuelle, l’Union européenne a anticipé la mise à disposition de 32 millions EUR (1,3 milliards EUR) de son programme dans ce domaine (PASS 1 et 2) pour accompagner et appuyer le plan de riposte du Ministère de la Santé.Cela inclut la transformation de 12 millions EUR (490 millions MRU) en appui budgétaire pour renforcer directement le système de santé. Depuis le début de la pandémie, via la flexibilisation immédiate du programme PASS-1 actuellement en cours, l’Union européenne a déjà financé la formation de 150 professionnels du secteur (médecins, personnels infirmiers), la mise en place d’un centre de référence COVID-19 d’une capacité de 50 places à Nouakchott et la fourniture d’équipements de protection individuelle pour environ 250 structures sanitaires.

Pour réduire l’impact négatif du coronavirus sur l’économie mauritanienne, l’Union européenne est en train d’anticiper le déboursement de son appui budgétaire de 8 millions EUR (325 millions MRU) avec l’objectif de renforcer les efforts gouvernementaux dans ce sens. L’Union européenne soutiendra aussi directement des initiatives pour la création d’emplois (projets PromoPêche et WACOM), ainsi que l’accompagnement de jeunes artisans mauritaniens pour la production de masques de protection individuelle (projet SAFIRE). Sur le plan agro-pastoral, l’action de l’UE (projet RIMRAP) appuiera les petits producteurs et les PME locales, pour booster et écouler leur production, tout en améliorant la reprise post-crise.

En collaboration avec les partenaires et le gouvernement mauritanien, l’Union européenne contribue également à la surveillance des frontières à travers la formation et la sensibilisation spécifique aux différents points d’entrée du pays.

« La Délégation de l’Union européenne ainsi que nos collègues au siège travaillent sans relâche pour adapter et anticiper nos programmes afin de mieux répondre aux besoins de la Mauritanie dans cette période difficile. Je crois que ces efforts démontrent clairement que l’Union européenne est un partenaire dédié et fiable de la Mauritanie. » a déclaré S.E.M. Giacomo Durazzo, Ambassadeur de l’Union européenne en Mauritanie.

Pour sa part, M. Abdel Aziz Ould Dahi, Ministre de l’Economie et de l’Industrie a considéré que « La réactivité de l’Union européenne aux demandes et besoins de la Mauritanie est un signe de partenariat étroit et contribue à l’efficacité des réponses du gouvernement au COVID-19. »

Cet appui de l’Union européenne qui revêt aussi une composante humanitaire, fait partie de la contribution mondiale de l’UE face à la pandémie du COVID-19, estimée à 15,6milliards EUR. Elle vient renforcer des relations de partenariat déjà existantes dans divers domaines, pour le développement économique et social de la Mauritanie, et plus largement du continent africain.

Délégation de l’Union européenne en Mauritanie
delegation-mauritania-press@eeas.europa.eu

Téléphone: (222) 45 25 27 24
Télécopie: (222) 45 25 35 24


Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie CGTM DECLARATION 1er MAI 2020

Le 1er mai 2020 intervient cette année dans un contexte mondial particulier caractérisé par l’avènement d’une pandémie dénommée COVID 19 qui fait encore plusieurs milliers de victimes dans tous les continents. Nous nous inclinons à la mémoire de toutes les personnes qui ont perdu la vie et compatissons avec leurs familles et leurs proches en ces moments de douleur et de recueillement, sans oublier tous les malades sous surveillance médicale.

En effet, cette pandémie a fini de démontrer que la gouvernance mondiale actuelle dictée par la domination des capitaux et de l’économie du marché, imposée par les politiques néolibérales depuis la fin du siècle dernier, a conduit tout le système basé sur la dérèglementation des acquis sociaux et des droits fondamentaux au travail, de subir un cuisant échec d’une ampleur sans précédent.  Le démantèlement des filets de sécurité et de protection sociales, la privatisation des systèmes nationaux de santé, l’exclusion des millions de travailleurs et travailleuses de toute assurance médicale, le recours à l’accumulation des bénéfices et des dividendes en faveur des plus riches, la paupérisation de plus de ¾ de l’humanité à travers des règles inégales du commerce mondial, sont les conséquences de ces politiques néolibérales imprimées à la mondialisation actuelle.

A l’instar des organisations syndicales unies au sein du groupement Global Unions, nous attirons l’intentionde notre gouvernement et de tous les gouvernements du monde, ainsi que des institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale,sur la nécessité de privilégier la coordination de leurs réponsesfaceà la crise mondiale économique et de santé publique. Dans les semaines à venir, les Réunions de printemps au niveau des institutions de Breton Woods, doivent donner l’occasion de planifieret coordonner la relancebudgétaire et monétaire mondiale, avec des réponses qui renforcent les systèmes de santépublique de première ligne, qui protègent les emplois et qui stimulent l’économie réelle. Une partie indispensable de cette riposte doit consister à fournir un soutien adéquat aux pays en développement, faute de quoi des vies seront perdues et la crise économique mondiale s’aggravera.Le groupement Global Unionsappelle à une émission de Droits de tirages spéciaux (DTS) accompagnée de la création d’un fonds fiduciaire des donateurs qui permette les transferts des DTS aux pays en développement, affectés spécifiquement à la relance de l’économie réelle, à la santé publique, à la protection sociale et à l’emploi.Les premières estimations de l’OIT indiquent une hausse significative du chômage et du sous-emploi dans le sillage du virus.

Avec les graves perturbations entraînées par la crise dans les chaines de distribution, les systèmes de santé publiqueet de protection sociale constituent les premières lignes de défense. Nous ne devons laisser personne de côté alors que nous formulons notre riposte, et devons donc construire une protection sociale universelle comportant des socles sociaux et une couverture médicale universelle. Il convient de généraliser le soutien au revenu afin de répondre au chômage croissant, sans que les travailleurs informels ou atypiques rencontrent d’obstacle pour y accéder. Le moment est venu d’une nécessaire ambition, qui ne laisse pas la place aux solutions parcellaires, aux programmes conçus de manière trop étroite qui excluent ceux qui en ont le plus besoin ou aux systèmes qui déplacent tous les risques du côté des travailleurs. Toute politique de relance devrait être conçue de manière à donner la priorité à l’économie réelle et à respecter les normes fondamentalesdu travail de l’OIT.

Dans notre pays, nous saluons l’initiative de Son Excellence, Monsieur le Président de laRépublique, qui a lancé un appel à toutes les forces vives de la Nation afin de bâtir des plans de riposte et de sensibilisation au niveau de tous les segments de notre société face à cette pandémie. Les résultats importants et encourageants obtenus par notre pays dans le combat contre le coronavirus covid 19 sont à magnifier. L’élan de solidarité nationale mis en place doit être l’occasion de renforcer la cette cohésion des forces vives autour d’objectifs largement partagés et bénéfiques à toute la population, sans discrimination aucune. A cet égard, les services publics spécialisés dans l’assistance humanitaire ainsi que les organismes de même nature doivent jouer le premier rôle dans la distribution des appuis aux populations, en toute transparence et dans l’équité et l’égalité entre tous les citoyens.

Des centaines de milliers de travailleurs du secteur public, du secteur privé et de l’économie informelle, ont vu leurs activités décroître sinon s’arrêter brusquement, exposant leurs familles au dénuement total et à des risques aggravés face à cette pandémie. D’autres catégories de travailleurs dont les travailleurs migrants, sont abandonnés à leur sort, sans aucune assistance et laissés en rade par le plan de riposte sanitaire et alimentaire mis en place.

La CGTM rappelle ses revendications d’un chômage indemnisé à 100% de la rémunération, la couverture sanitaire générale, une protection sociale universelle, l’interdiction des licenciements à quel titre que ce soit ainsi que la suspension des plans de suppression d’emplois, la mise en place dans toutes les entreprises de commissions santé, sécurité et conditions de travail dotées de réels pouvoirs d’intervention, la reconnaissance d’un état de catastrophe sanitaire permettant de mobiliser le secteur assurantiel, la suspension des versements des dividendes aux actionnaires des sociétés publiques et parapubliques.

La CGTM exhorte le gouvernement à privilégier la gestion des plans de riposte face au COVID 19 dans un cadre d’un partenariat social impliquant les travailleurs, les employeurs et ce à l’échelle nationale et territoriale mais aussi au niveau des entreprises publiques et privées. Les travailleurs et travailleuses de tous les secteurs professionnels sont les plus vulnérables et les premiers à payer les risques directs liés à la pandémie à travers des pertes d’emplois et de revenus et de santé, particulièrement dans les branches suivantes : Hôtellerie, Restauration, Tourisme, Transport, Pêche, Sous-traitance, Emploi domestique, Bâtiments et Routes, Docks et Ports, Transport aérien, Economie Informelle, Personnel de la Santé, entre autres.

La CGTM renouvelle son appel à une large prise en compte par les travailleurs et les travailleuses, des mesures sanitaires édictées par les services de la santé de notre pays.

La CGTM rappelle une fois de plus qu’il est temps, surtout en cette période d’érosion des emplois, que des négociations sociales tripartites soient tenues entre les partenaires sociaux afin que des solutions adéquates soient trouvées pour une meilleure reprise économique et sociale dans le pays.

La CGTM félicite les travailleurs et travailleuses de notre pays à l’occasion de la fête internationale du travail, laquelle, malheureusement, ne sera pas célébrée par des rassemblements de masses et leur demande de bien respecter les consignes sanitaires en vigueur.

Nouakchott, le 20 avril 2020

Le Comité exécutif de la CGTM