aidara

Semaine de la Francophonie : Ahmed Hamza répond aux ennemis du français

Lors de la clôture de la Semaine de la langue française et de la francophonie dont les rideaux sont tombés ce dimanche 25 mars 2018 au Centre culturel marocain, le président de l’Association mauritanienne pour la francophonie (AMF), M.Ahmed Ould Hamza a répondu aux détracteurs de la langue française, en précisant que le français n’est pas venu pour remplacer l’arabe, qui est la langue officielle et la langue de notre religion, mais que n’en déplaise aux unilinguistes qui cherchent à ostraciser le français en Mauritanie, «cette belle langue est en forte progression dans le pays».

Cérémonie de remise de prix (Photo : Me Diallo Moctar)

La 32ème édition de la Semaine de la langue française et de la francophonie s’est achevée comme elle avait débuté, le 17 mars 2018 à la Chambre de commerce de Nouakchott. Dans l’ambiance,  l’allégresse, de belles prestations et beaucoup de récompenses, aux élèves, aux partenaires et aux sponsors, cette édition a été clôturée dimanche 25 mars au Centre culturel marocain. C’était en présence de hautes personnalités, dont le nouveau président du Patronat mauritanien et plusieurs de ses membres, des diplomates, des écrivains, et un public scolaire jeune.

La cérémonie de clôture a été marquée par le mot de bienvenue prononcé par le Directeur du Centre culturel marocain, M.Jawad Ramoni, qui s’est réjoui de l’honneur fait à son institution pour abriter un tel évènement et surtout devant un parterre aussi relevé.

Puis, place à deux pièces de théâtre scolaire. Le premier, présenté par les élèves de l’école «Les Sablettes» a particulièrement  séduit l’assistance, par le talent de ses acteurs, surtout de ses actrices, qui ont raconté dans une fresque inédite, «La Voix de Toumbarma». Il s’agit de l’histoire d’une femme dont le vent a volé la voix mélodieuse et que son fils va tenter de faire retrouver à travers un périple qui va le conduire auprès d’un sage à Atar, d’un érudit à Chinguitty, d’un griot dans une autre contrée et d’une vieille femme. Le tout, en chevauchant un nuage à qui il a promis de le sauver du souffle du vent. Chacun lui confiera une partie du remède qui l’aida enfin à faire retrouver à sa mère sa belle voix. Cette pièce a été introduite par l’élève Zeinebou Mint Brahim, et la scène jouée par une dizaine de jeunes élèves de l’établissement, dans un décor magnifique.

Une partie du public (Photo : B.M.Coulibaly)

La deuxième pièce est un solitaire, présenté par MBarka Ndiaye de l’Ecole Diam Ly. C’est l’histoire d’un homme qui avait épousé une ogresse et qui, malgré les avertissements de son père, choisira de s’exiler avec elle, plutôt que de s’en séparer à cause de ce qu’il prenait pour des ragots. Mal lui en sera pris, car découvrant que sa femme est réellement une ogresse, décida de fuir. Mais elle le pourchassa et il se réfugia sur un arbre, alors que sa femme persuadée qu’il descendra tôt ou tard, promettait de le manger. Finalement, c’est un oiseau qui portera son message de secours à ses parents, et c’est comme cela qu’il fut sauvé.

Ces deux spectacles ont été longuement ovationnés, ajoutant du ludique dans une cérémonie où les discours furent relégués au second plan.

D’ailleurs, le public était loin des speechs ennuyeux et emplis de solennité. La première qui détendra l’atmosphère fut Mme Aîssata Kane, Invité d’honneur de la Semaine, présidente de l’Association internationale des femmes francophones et ancienne ministre. Son association dira-t-elle, est ouverte aux hommes qui le désirent, avant de lancer dans une boutade, «je sais que les hommes aiment les femmes, et j’espère qu’ils aimeront aussi mon association».

M.Ahmed Ould Hamza prendra ensuite la parole pour remercier d’abord l’assistance qui a bien voulu faire le déplacement, mais aussi les sponsors de la Semaine, notamment le Patronat mauritanien, le Service culturel de l’ambassade de France (SCAC), Mauritel, entre autres. Les partenaires ne furent pas en reste, mais aussi les établissements scolaires qui ont participé activement à cette semaine de la langue française et de la francophonie.

Ahmed Ould Hamza, avec son franc parler habituel, n’a pas manqué de répondre à cette flambée d’hostilité qui a fleuri dans la presse mauritanienne contre la langue française, précisant que la langue française n’est pas en concurrence avec la langue arabe et n’a nulle prétention de la remplacer. Selon lui, l’Arabe est la langue officielle de la Mauritanie et la langue de notre religion, mais que le français est la deuxième langue la plus parlée en Mauritanie. Il prônera d’ailleurs que l’ambition est d’élargir cette fourchette de langues. Selon lui, ceux qui cherchent à ostraciser la langue française en Mauritanie doivent savoir que cette langue est en pleine progression dans le pays.

Beaucoup de récompenses ont été distribuées au cours de la soirée, des livres, des chèques et plusieurs cadeaux de valeurs.

Ainsi, deux lauréats du Prix Yahya Ould Hamidoun, Ahmed Mohamed Moctar en Mathématique et Ahmed Mohamed Yahya Abd Sid’Ahmed en Informatique ont gagné un séjour de deux mois à l’Ecole Polytechnique de Paris. Leurs prix leur ont été remis en présence du Pr.Toka Diagana.

«Vivement la 33ème édition !» ont lancé en écho les nombreux invités qui avaient fait le déplacement.

Cheikh Aidara


Matchs préparatoires CAN : la Mauritanie bat la Guinée (2-0)

Bonne opération et belle prestation des Mourabitounes face au Sylli National de Guinée, en match préparatoire de la CAN 2019 Cameroun. Le match qui s’inscrit dans la journée FIFA s’est soldé, samedi 24 mars 2018 sur la pelouse du stade Cheikha Ould Boidiya de Nouakchott, par la victoire des Mourabitounes sur le Sylli par 2 buts à 0. Les deux buts ont été inscrits dans la deuxième période, après une première mi-temps vierge (0-0).

Equipe du Silly National de Guinée

 

Le premier but de la rencontre a été marquée à la 51ème minute par Hacen El Id, le joueur de Levante UD d’Espagne sur une belle passe de Diakité Ismaël. Deux minutes auparavant, à la 49ème minute, les Guinéens avaient raté une occasion nette d’ouvrir le score.

Les Guinéens avaient entamé la seconde période réduits à 10 après l’expulsion de Diallo Abdoulaye (N°9) après un échange salé pimenté avec le directeur du parti, le Malien Harouna Coulibaly.

Blessé en cours du match, Adama Bâ sera remplacé par Ely Cheikh El Voulany, qui mettra le feu dans la défense guinéenne dès son entrée avant d’aggraver le score pour la Mauritanie à la 69ème minute.

Corentin Martins qui avait aligné dans les buts le 3ème gardien, Namori, fera tourner son équipe avec les sorties d’Adama Bâ sur blessure à la 60ème minute, Alassane Traoré à la 70ème, Khassa Camara et Hacen El Id également sur blessure, a fait entrer Ely Cheikh Voulany, Homoya Tanji, Thiam Abdoulaye sociétaire de l’AS Monaco et Abdoulaye Gaye dit Pallaye.

Les Mourabitounes ont raté plusieurs occasion qui auraient aggravé le score, surtout ce face-à-face entre Tanji, puis Ely Cheikh avec le gardien de la Guinée, Naby Moussa Yattara.

Le nouveau coach de la Guinée, le Belge Paul Put dont c’est le premier match avec le Silly National, essuie ainsi sa première défaite. Il n’a procédé à aucun remplacement et a terminé le match avec les mêmes joueurs de départ.

Alors que la Guinée a battu la Côte d’Ivoire (3-2) lors de la première journée des éliminatoires de la CAN 2019, la Mauritanie avait dominé le Botswana (1-0) au cours de la même phase. Toutes les deux équipes préparent ainsi leur prochaine sortie, la Guinée contre la République centrafricaine et les Mourabitounes contre le Burkina Faso en septembre 2018.

A noter que la Guinée est 72ème au classement FIFA et la Mauritanie 104ème.

Cheikh Aïdara

 


Amical U-20 : la Mauritanie et la Tunisie se neutralisent 3-3 avec un arbitrage maison

Le match international qui a opposé en amical les U-20 de la Mauritanie à ceux de la Tunisie, le dimanche 18 mars 2018 à Nouakchott, avait un goût amer d’inachevé, tellement l’arbitrage mauritanien, sous le sifflet de Diabel Mathioro, avait les relents d’un arbitrage maison. Même si la configuration du match donnait l’avantage sur le terrain aux jeunes protégés du Malien Baye Bâ, les deux pénalties sifflés en leur faveur ne semblaient pas très évidents, pour beaucoup de spectateurs qui avaient fait le déplacement.

Dominés en première période par 2 buts à zéro, deux buts banals, l’un sur pénalty à la 13ème minute transformé par l’avant-centre tunisien, Rahmani Neeman et le second sur une erreur défensive à la 18ème minute par Ben Ramdan Med Ali, les Mauritaniens avaient mal à mettre le pied sur l’étrier, malgré une reprise en forme dans les toutes dernières minutes de la première mi-temps.

Il faudra attendre la seconde période pour voir les U-20 mauritaniens poser le ballon et déployer un football rayonnant et percutant, contraignant les Tunisiens à se cramponner dans leur dernier carré. A coups de maladresses devant les cages du gardien de but tunisien, Allegui Ayoub, ils se feront surprendre à la 56ème minute sur le troisième but tunisien signé Yousri Hamza. Entre-temps, les Tunisiens avaient changé de gardien, Allegui Ayoub cédant ses gants à Yarmani Aziz et le N°13, Khemessi Samed se faisant expulser après deux cartons jaunes.

Ce fut par la suite une valse de remplacement, le coach tunisien, faisant entrer au cours du match Ben Mliha, Nouali Ghoufrane, Mortadha, Ramez, à la place de Hakim, Yousri, Jebali et Gatfi. Côté mauritanien, Baye Bâ avait également fait asseoir Mahmoud Mohamed Salem (N°9) pour faire entrer le défenseur Brahim, puis Thiam Idrissa à la place de Mohamed Jiyid, Nouh Mohamed Abd en lieux et places de l’excellent Mohamed Lejouad, Moulaye Mohamed Moulaye Idriss, et enfin Taleb Salem à la place de Mhaimid.

Alors que les U-20 de la Mauritanie étaient menés par 3 buts à 0, Camara Cheikh Tidjane qui s’était infiltré dans la défense des Tunisiens s’écroule. L’arbitre siffla le pénalty, alors que plusieurs personnes parmi le public estimaient qu’il n’y avait pas pénalty, alors que d’autres soutenaient le contraire. L’action n’était en tout cas pas si évidente. Mais la sentence de l’arbitre fut exécutoire et le premier but mauritanien intervient sous les pieds de Abdou Id MBareck qui transforma la sentence.

Les U-20 mauritaniens avaient désormais pris le match à leur compte, acculant les Tunisiens par des jeux de passe millimétrés et une distribution de balle au milieu et en profondeur sous la férule du virevoltant Teguedi à donner le tournis à la défense tunisienne. Le deuxième but mauritanien sur pénalty transformé par Teguedi, interviendra dans les mêmes circonstances que le premier. Toujours cette vive polémique, autour de la validité ou pas de ce deuxième penalty, intervenu à la 93ème minute et qui porta le score à 3 à 2.

Alors que les 5 minutes d’arrêt de jeu étaient achevées, et que le banc de touche tunisien réclamait la fin de la partie, l’arbitre central Diabel Bathioro laissa le match couler. A la 96ème minute, sur une belle introduction de Teguedi, les U-20 mauritaniens inscrivirent le but de l’égalisation. Trois buts partout, c’est le score au sifflet final, mais la polémique continuera de faire rage sur les gradins et même à la devanture du stade.

Ce test grandeur nature des jeunes Mauritaniens face à des U-20 tunisiens formés en majorité de professionnels évoluant dans des championnats européens,  donne cependant un aperçu du potentiel qui devra croiser le fer le 31 mars prochain, en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des moins de 20 ans, contre les Lions de l’Atlas juniors. De belles empoignades en perspectives.

Cheikh AIdara


Le Français, cette viande du cou qu’on mange et qu’on cache

La Semaine de la Francophonie a été lancée ce samedi 17 mars 2018 en Mauritanie dans un contexte marqué par une guerre menée contre le français par la frange radicale et bien assise au sein du pouvoir, ces ultranationalistes arabes qui envoient pourtant leurs progénitures dans les plus prestigieuses écoles françaises. A eux s’appliquent l’adage bien connue, «ils mangent la viande du cou tout en la cachant» ou autrement, critiquer une chose ouvertement et l’approuver en secret.

Malgré le discours marronnier du président de l’Association mauritanienne de la francophonie (AMF), Ahmed Hamza, qui se plaît à répéter à l’envie, à chaque lancement officiel de la Semaine de la francophonie en Mauritanie, que le français n’est pas en concurrence avec l’arabe, et qu’il vient juste en complément pour participer à la riche diversité linguistique du pays, rien n’y fait. Les radicaux et chantres de l’arabité pure et dure exigent de bouter le français hors des frontières, se plaisant à le décrire comme la langue du colonisateur et usurpateur, quitte à s’inventer une «résistance coloniale» portée jusqu’à la balafre du drapeau national, désormais barré de deux traits rouges, symboles à leurs yeux du sang versé par leurs aïeuls au nom de la cause nationale. Un délire paranoïaque qui a gagné même les plus francophiles de la frange, emportés par la terreur de la horde tribale ou confessionnelle, mais qui ouvertement fourguent leurs rejetons, et les ultraconservateurs arabophones avec, dans les écoles où le français s’apprend le mieux.

Car, malgré cette haine du Français, donc du Négro-africain de quelque bord qu’il soit, du pays ou de la sous-région ouest-africaine contre lesquels des mesures xénophobes ont été prises ces dernières années, à travers un enrôlement biométrique génocidaire et une carte de résidence sélective et draconienne, l’administration mauritanienne continue dans certains aspects de dépendre du français. D’où la quadrature du cercle. Un apprentissage entièrement en arabe du primaire jusqu’à l’université, puis un recyclage en français par cours du soir interposé, cours à l’Institut français ou dans une des alliances, pour espérer se faire recruter dans certains secteurs de l’administration.

Les moins doués préfèrent apprendre l’anglais que le français. Et le nombre des jeunes Mauritaniens qui ont entrepris cette reconversion sont nombreux, sous-prétexte que le français est une langue en recul à travers le monde et pourrait même disparaître. En dessous se cache toujours cette haine contre le français, même si l’aventure est peu payante parfois, les secteurs demandeurs de locuteurs en anglais n’étant pas florès.

En tout état de cause, il paraît clairement que la guerre déclenchée contre le français ne serait que l’une des facettes d’un pouvoir dictatorial qui cherche à exaspérer tous les syncrétismes et toutes les dichotomies pour diviser davantage les Mauritaniens, fusse-t-il, par des querelles de peu d’intérêt comme celles cultivées entre les langues.

Cheikh Aïdara