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ASAC Concorde-Espérance de Tunis (1-1) : Les Concordiens sauvent l’honneur du foot mauritanien

En affrontant samedi 10 février 2018, pour le compte du tour préliminaire de la Ligue Africaine des Champions et sur la pelouse du Stade Cheikha Ould Boidya de Nouakchott l’Espérance de Tunis, un club créé en 1919 et qui a remporté tous les titres au niveau de la Tunisie (27 fois champion de Tunisie, 15 coupes de Tunisie, 2 Super Coupe de Tunisie) et au niveau Africain (2 Ligues des Champions, 1 Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe, 1 Coupe de la CAF, 1 Super Coupe Africaine, 1 Coupe Afro-Asiatique, 3 Ligues des Champions Arabes, 1 Super Coupe Arabe, 1 Coupe Nord-Africaine des vainqueurs de Coupe), l’ASAC Concorde (créé en 1979) défendait non seulement les couleurs du club, mais aussi le foot mauritanien sérieusement mis en mal au sortir du Total CHAN 2018 au Maroc, avec trois matchs trois défaites, zéro but marqué et six encaissés. Oser mener au score, 1 but à 0, devant le 5ème meilleur club africain durant toute une première mi-temps, est une performance à mettre certes sur le compte des excellents joueurs de l’ASAC Concorde, mais surtout sur l’extraordinaire coaching de Babacar Diop dit NDiobo.

«Si la Concorde avait encaissé durant ce match un 4 ou un 5 à zéro, juste après la débâcle du Maroc, ç’aurait été un coup dur pour le foot mauritanien» avait d’ailleurs déclaré NDiobo au cours de la conférence d’après-match.

Une belle première mi-temps

Les Tunisiens sont arrivés jeudi soir à Nouakchott avec 18 joueurs et pas moins de 10 encadreurs, dont l’entraîneur Khaled Ben Yahya, dont l’arrivée récente au club avait créé quelques remous dans le milieu des supporters, mais aussi des adjoints, des préparateurs physiques, un médecin, un kinésithérapeute et le staff du club. Alignés sur la tribune centrale, avec quelques supporters de la colonie tunisienne résidente à Nouakchott et arborant le rouge et jaune, couleurs de l’EST, la délégation des Mkachkha, l’un des surnoms du club créé dans le quartier Bab Souika à Tunis, s’attendaient sans doute à une belle victoire de leurs poulains, habitués qu’ils sont à humilier les équipes africaines sur leur propre terrain et devant leur public.

Mais d’emblée, les Concordiens, débarrassés de tout complexe, avaient entamé le match avec un système tactique imparable, NDiobo ayant opté pour le 4-3-3. Touré Boubacar dans les cages, avait démontré toute la classe d’un grand gardien de but et ne laissa aucun espoir aux véloces attaquants de l’Espérance, à l’image de Maher Ben Sehaief ou encore du redoutable Haithem Jouini, pour concrétiser leurs rapides percées. Excellents sur les deux flancs de la défense, Rachid Sidi Ahmed et Samba Moussa enrayèrent toutes les envolées des rapides attaquants tunisiens, Frank Kom et Maher en particulier, alors qu’au milieu du dispositif tunisien, l’Ivoirien Fousseny Coulibaly eut du mal à jouer sa partition face au trio concordien, en l’occurrence, Diop Djiby, Niang et MBareck El Id.

La pression de l’excellente attaque de l’ASAC Concorde finira par payer à la 25ème minute, quand sur un centre lumineux de Sané Amadou, MBareck El Id, ouvrit le score en battant l’inégalable gardien de l’Espérance, Moaz Ben Cherifia. Le délire fut total dans le stade.

Les Concordiens tiendront bon le restant des quarante-cinq premières minutes, jusqu’au sifflet final de l’arbitre guinéen. Peu avant, les Tunisiens avaient inscrit un but refusé pour coup franc sur le gardien Touré. C’est sur cette avance d’un but à zéro, véritable surprise, que les deux équipes iront aux oranges. Sur les tribunes, les supporters mauritaniens qui étaient venus en nombre important, soufflaient sur d’énormes vuvuzela, cet instrument-fétiche rendu célèbre lors la Coupe du monde Afrique du Sud 2010.

Les supporters tunisiens

Une deuxième mi-temps tunisienne

A la reprise, l’Espérance reprit du poil de la bête, tandis que les Concordiens, épuisés par l’énergie fournie en première mi-temps, baissaient d’intensité de jeu. Repliés sur leur propre moitié de jeu, ils laissèrent l’initiative des attaques aux Tunisiens avec de timides contre-offensives dont la plupart se perdaient dans la nature. Cela ressemblait plus à «dégager le plus loin possible hors de notre camp». Et les Tunisiens tissaient inlassablement leur attaque à partir de la défense et du milieu, Sameh Derbali, Khalil Chammam, Chemsedine Nhaouadi, puis ça repassait par Fousseny Coulibaly et Ali Machani, qui redistribuaient à l’avant, provoquant plusieurs fois le danger dans le camp de la Concorde, avec des percées dans une défense devenue de plus en plus souple comme du beurre.

le banc de touche tunisien

Les Tunisiens procèderont dans la foulée à leur premier remplacement, avec l’entrée du N°9, Bilal Mejri à la place de Maher. Un choix qui sembla judicieux car l’Espérance allait égaliser à la 67ème minute par le redoutable Heithem Jouini sur un centre venu de la droite.

Pour freiner la redoutable machine de l’Espérance qui commençait à marcher à fort turbo, Ndiobo procéda à son premier remplacement, avec la sortie du Sénégalais, Niang El Hadj Thierno et la rentrée de Fodé Traoré. Sur une contre-attaque, les Concordiens inscrivirent un 2ème but refusé pour hors-jeu. Puis un autre, quelques minutes plus tard, refusé lui aussi.

Les tribunes, pleines à craquer

Le coach de l’ASAC fit entrer son deuxième jocker, Thiam Idrissa à la place de Saidou Amady Barry. Loin de se laisser abattre, NDiobo cherchait à marquer ce but libérateur avant la manche retour qu’il savait difficile en terre tunisienne.  Le coach tunisien jeta lui aussi dans la mêlée, un deuxième jocker, Amine Meskini à la place de Franck Kom.

Mais malgré les changements opérés de part et d’autre, le score en restera là jusqu’au coup sifflet final de l’arbitre.

Les Tunisiens étaient visiblement déçus, eux qui étaient venus, sûrs de remporter les trois points et un bonus de buts d’avance. Fair-play, ils allèrent cependant féliciter les joueurs de la Concorde pour qui le nul concédé devant l’Espérance avait un goût de victoire.

Conférence après-match

Khaled Ben Yahya (extrême gauche) et NDiobo (extrême droite) et au milieu Brahim Sow Deina chargé de com.de la fédération

Pour Boubacar Diop, coach de l’ASAC Concorde : «Il y a des leçons à apprendre sur chaque match et si on faisait le diagnostic des prévisions, tout le monde donnait Espérance vainqueur de la confrontation. Cette rencontre m’a beaucoup appris sur le club tunisien et j’envisage le match retour avec sérénité et sans pression. Nous avons joué contre l’une des meilleures équipes du continent mais malgré cela, je vais en Tunisie pour gagner le match retour».

Khaled Ben Yahya, coach de l’Espérance de Tunisie : «J’ai trouvé une équipe de la Concorde bien organisée et qui a préparé toutes nos offensives. En première mi-temps, on s’est créé beaucoup d’occasions, mais la concrétisation manquait au bout. Dans l’ensemble, mes joueurs ont fait un bon match. J’aurais souhaité cependant qu’on marque plus de buts. Je suis content du rendement de l’équipe et j’espère qu’on va compenser au match retour»

Cheikh Aïdara


Gaz Sénégal-Mauritanie : une affaire plus grosse que les deux pays

Les experts soutiennent que le Sénégal et la Mauritanie s’apprêtent à exploiter l’une des plus importantes réserves de gaz au monde. Certains estiment qu’elle dépasse les réserves du Qatar et de la Russie réunie. Du coup, elle intéresserait les Etats-Unis et l’Europe qui pourraient avoir accès par pipe-line à une source d’énergie proche et plus accessible. A partir d’un branchement à partir de l’Espagne par exemple, l’Europe pourrait ainsi s’extraire des caprices de l’Ukraine. Aussi, les injonctions de Macron à Macky Sall et à Mohamed Abdel Aziz, traduits en des termes moins diplomatiques, selon des sources confidentielles, seraient sans appel : «Entendez-vous sur le partage de vos quote-part, mais le premier qui essayera de créer des problèmes autour de l’exploitation du gaz sautera ».

Mohamed Abdel Aziz et Macky Sall se disent au revoir à l’aéroport de Nouakchott

Le président du Sénégal, Macky Sall, vient d’achever une visite de deux jours dans la capitale mauritanienne, Nouakchott, les 8 et 9 février 2018,  à la tête d’une importante délégation de ministres et de techniciens de haut niveau. A l’issue de cette tournée, un seul accord a été signé par les deux délégations, celui relatif à l’exploitation du gaz que Kosmos Energy devra sortir des eaux maritimes des deux pays. Le dossier de la Pêche, qui constitue pourtant le nœud gordien des relations entre la Mauritanie et le Sénégal, devra attendre. Pourtant, après la mort tragique d’un jeune pêcheur sous les balle des garde-côtes mauritaniens, la population de Guet Ndar fondait beaucoup d’espoir sur cette rencontre. Le problème de la transhumance du bétail mauritanien au Sénégal, ainsi que celui de la libre-circulation des biens et des personnes entre les deux pays, non moins récurrent, n’a pas non plus été abordé. Ces dossiers ont été renvoyés à l’étude des ministères concernés, pour au moins trois mois.

L’urgence semble donc avoir été accordée au gaz. Cette énergie que la France de Macron place à la tête de ses priorités, et dont il se porte garant. Ainsi, lors de la rencontre entre les trois parties à Paris, en marge du Sommet sur le G5 Sahel en décembre 2017, le président français aurait été plus que clair, selon certaines confidences. Le Sénégal de Macky Sall et la Mauritanie de Mohamed Abdel Aziz peuvent avoir toutes les divergences qu’ils voudront, mais pas sur l’exploitation du gaz. Le premier qui tenterait de créer des troubles sur l’exploitation de cette source d’énergie sur laquelle la France, mais aussi l’Europe, fondent beaucoup d’espoir, pourrait ainsi perdre le soutien de Paris. Des propos pleins de sous-entendus. La construction du port militaire de NDiago, que la Mauritanie s’apprête à entamer à quelques jetées de Saint-Louis, pourrait par être exemple être gelé ou ses missions rendues moins belliqueuses.

Pour optimiser l’exploitation du gaz découvert aux larges de leurs côtes et rendre son exploitation efficiente avec toutes les garanties de transparence, le Sénégal et la Mauritanie ont confié toutes les études relatives à l’exploitation commune du champ gazier à des Britanniques, à Londres, connus pour leur expertise dans le domaine des hydrocarbures.

Ainsi, l’accord qui vient d’être paraphé sur le gaz à Nouakchott devrait s’achever à Paris, qui s’en porte garant. Le Sénégal a déjà empoché 8 milliards de dollars U.S  d’avance et la Mauritanie, 4 milliards de dollars. Ceux-ci ont été distribués par la Directrice BP en Mauritanie et au Sénégal, Emma Delany, dont l’entreprise est liée depuis décembre 2016 à Kosmos Energy par un accord de partenariat pour la gestion du champ gazier entre les deux pays.

Quid des 4 milliards de dollars empochés par Aziz ?

En empochant les 4 milliards de dollars d’avance sur le gaz avant même d’en sentir la première odeur, dès le mois de juin 2017, Mohamed Abdel Aziz aurait envisagé un certain nombre d’actions qui aurait pu changer la situation des Mauritaniens. Le président Aziz aurait d’abord envisagé de payer les dettes internes de l’Etat mauritanien. Imaginez cette manne qui aurait permis à des dizaines, voire à des centaines d’entreprises nationales de ressusciter. Les fournisseurs et les entreprises de l’audiovisuel, notamment, plongés dans une faillite provoquées par les impayés des dernières années vis-à-vis de l’administration publique, en auraient réellement profité. Deuxième action, doubler les salaires dans le public et le privé. Troisième action, doubler la pension des retraités. Enfin, quatrième action, alimenter le circuit financier par du liquide frais, ce qui aurait profité à l’économie nationale.

Seulement, certains de ses conseillers, dont le ministre des Finances Ould Diay, l’en auraient dissuadé. Pour eux, rien ne sert de donner un bonus à l’avance au peuple : il fallait d’abord attendre le référendum constitutionnel du 6 août 2017. Il fallait attendre de voir la réforme envisagée par Mohamed Abdel Aziz reçevoir le plébiscite attendu – le succès lui en était garanti par ses proches. Ensuite, il aurait pu procéder avec sérénité aux actions envisagées et viser le troisième mandat. C’est ce scénario qui aurait emporté l’enthousiasme de Mohamed Abdel Aziz, conforté sur cette voie par le succès des méga-meeting populaires organisés dans l’ensemble du pays, avec l’apothéose du meeting de Nouakchott.

Mais il a vite déchanté. Lors du dîner électoral organisé au soir du référendum, au Palais présidentiel, il a quitté la soirée après le résultat des trois premiers bureaux. Déçu et furieux, Mohamed Abdel Aziz s’est rendu compte de deux choses. Non seulement il avait une opposition, alors qu’on la lui décrivait comme inexistante, mais il en avait une autre, plus sournoise, au sein de son propre système. Ce constat est d’autant plus amer que Mohamed Abdel Aziz s’est retrouvé piégé dans un système mafieux qu’il a personnellement nourri et qui maintenant lui échappe. Il en est arrivé au stade où il se sent incapable de changer le gouvernement, de peur de nommer une personne dont il ne peut garantir la fidélité. Et les 4 milliards de dollars sont ainsi restés prisonniers de sa propre phobie.

Cheikh Aïdara

 

 


Formation de représentants de migrants à Nouakchott sur les droits de migrants et droits de travail

Dans le cadre du Projet ‘Migration & Développement en Mauritanie (MIDRIM)’ qui est la suite du Programme d’Appui à la Stratégie Nationale de Gestion de la Migration (PASNGM) financé par l’UE au profit du gouvernement Mauritanien (FED 10), une formation sur les droits de migrants et droits de travail s’est tenue du 03 au 04 Février 2018 à l’espace Culturel Diadié Camara.

La formation est organisée par le consortium Alianza Por la Solidaridad – GRDR en collaboration avec l’AMDH et la CGTM qui sont toutes deux spécialisées en droits humains et droits de travail.

Le projet MIDRIM cible 4 collectivités territoriales (la Commune de Riadh à Nouakchott, la Commune de Nouadhibou, la Commune de Kaédi et la Commune de Sélibabi). Il cible aussi la diaspora Mauritanienne en France, Belgique et l’Espagne en plus des principales communautés de migrants en Mauritanie et leurs consulats.

Il est composé de deux axes :

  • CODÉVELOPPEMENT: qui comprend le travail les organisations de la diaspora mauritanienne résidentes en France, Espagne, Belgique ; les consulats de Mauritanie en France et en Belgique ; les autorités locales de 4 collectivités territoriales (Communes de Sélibabi, Kaédi, Riyad et Nouadhibou) pour intégrer dans leurs PDC (Plan de développement communal) des actions portant sur les enjeux de Migration et développement (M&D) ; la Jeune Chambre de Commerce (JCC) ; et la tenue en fin du projet d’un forum Migration & Développement réunissant les principaux acteurs (autorités locales et nationales, Diaspora, OSC, universitaires, experts) pour partager les initiatives de M&D et l’apport des diasporas au développement de la Mauritanie.
  • AXE 2. DROITS DES TRAVAILLEURS MIGRANTS : qui comprend le travail avec les principaux consulats d’origine des migrants résidents en Mauritanie pour les sensibiliser et les former sur les droits et protection de leurs ressortissants conformément à la législation mauritanienne et celles des conventions bilatérales et internationales ; les principales organisations de la société civile issues de migration (OSCIM) et OSC intervenants sur les droits des étrangers pour les former et outiller en vue d’accompagner les migrants.

Ces deux premières sessions de formation ont ciblées deux catégories de migrants résidents à Nouakchott :

  • Les représentants des communautés migrantes membres du Cadre de Concertation des Migrants, une coordination des communautés migrantes résidents en Mauritanie, essentiellement celles résidentes à Nouakchott.
  • Les membres de l’Association des Femmes Migrantes en Mauritanie (AFEMIMA)

Les formations ont porté sur :

  1. Droits économiques, sociaux et culturels : Ensemble des droits visant, selon un principe d’égalité et de non-discrimination, les conditions économiques, matérielles et intellectuelles des individus et des groupes. La mise en œuvre des droits économiques, sociaux et culturels nécessite le plus souvent une intervention de l’Etat. En droit international, ces droits sont énumérés dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966) : droit au travail ; droit à des conditions de travail justes et favorables ; droit à l’exercice d’une activité syndicale ; droit de grève ; droit à la sécurité sociale ; protection de la famille ; droit à un niveau de vie suffisant ; droit à un logement ; droit à la santé ; droit à l’éducation. Voir aussi Droits civils et politiques, Droits de l’homme
  2. Les droits culturels : se rattachent au “mode de vie” culturel d’une communauté; ils font généralement l’objet de moins d’attention que la plupart des autres droits.

 

  1. LEGISLATION NATIONALE ET CONVENTIONS BILATERALES ET INTERNATIONALES SUR LA MIGRATION

 

La constitution du 20 juillet 1991 reconnaît aux étrangers, entrés régulièrement en Mauritanie, les mêmes droits que les Mauritaniens. En fait, l’entrée et le séjour en Mauritanie sont soumis à un ensemble de conditions qui dénotent de la volonté du législateur de réguler les flux migratoires en fonction des problèmes qui se posaient à la société mauritanienne à l’époque de l’indépendance.

C’est ainsi que trois textes fondamentaux régissent la migration. Il s’agit du décret du 15 décembre 1964, modifié en 1965, portant régime de l’immigration et la loi n°1965.046 du 23 février 1965 portant dispositions pénales relatives au régime de l’immigration, du décret n° 2009-224 instituant le permis de travail pour les travailleurs étrangers auxquels est venue s’ajouter la loi n°2010.021 du 10 février 2010 portant incrimination du trafic illicite des migrants.

 

  1. Les conventions bilatérales et internationales

La Constitution du 20 juillet 1991 établit la primauté des traités régulièrement ratifiés, qui sont ipso facto incorporés dans le droit interne et peuvent être invoqués devant les tribunaux. Au niveau bilatéral comme au niveau multilatéral, la Mauritanie a conclu plusieurs traités relatifs à la migration.

Outre la France, elle a conclu des accords avec le Maroc, l’Algérie, la Gambie, le Sénégal, la Tunisie, le Mali et l’Espagne dans le but de réguler les flux migratoires dans le cadre de la libre circulation des personnes et des biens. Le cas du Maroc est différent dans la mesure où le principe de réciprocité impose l’obtention d’un visa d’entrée pour les ressortissants des deux pays. Avec les pays européens, la question est différente puisque ces accords ont pour objet de réguler l’immigration à destination de ces derniers et de lutter contre le trafic des migrants.

 

  1. Les libertés fondamentales et les droits
  2. La liberté de circuler et de s’établir dans les parties du territoire de la république;
  3. La liberté d’entrée et de sortie du territoire national;
  4. La liberté d’opinion et de pensée;
  5. La liberté d’expression;
  6. La liberté de réunion;
  7. La liberté d’association et la liberté d’adhérer à toute organisation politique ou syndicale de leur choix;
  8. La liberté du commerce et de l’industrie;
  9. La liberté de création intellectuelle, artistique et scientifique;
  10. Accès aux fonctions et emplois publics;
  11. Toute personne est présumée innocente jusqu’à l’établissement de sa culpabilité;
  12. Toute forme de violence morale ou physique est proscrite;
  13. Le droit de grève est reconnu sauf dans les domaines de la défense et de la sécurité nationales;
  14. Le droit de propriété est garanti;
  15. Le droit d’héritage est garanti;
  16. Tout étranger qui se trouve régulièrement sur le territoire national jouit, pour sa personne et pour ses biens, de la protection de la loi;
  17. Nul ne peut être extradé si ce n’est en vertu des lois et conventions d’extradition.


Lettre ouverte au ministre de l’intérieur : Halte à la dictature féodale à DAFORT dans le Guidimagha

Monsieur le ministre, nous allons vous soumettre par ce cri d’alerte, le cas symbolique de la dictature féodale qui sévit dans nos localités rurales du Guidimagha. En effet nous sommes une composante sociale d’extraction sociale dite « esclave » selon le régime coutumier soninké, et nous subissons un certain ostracisme très sévère dans notre village alors que nous ne voulons VIVRE qu’en CITOYENS DIGNES. Vous savez que les séquelles esclavagistes dans les milieux soninkés du Guidimagha sont vivaces et foncièrement agressives. Aujourd’hui en citoyens avertis, nous avons décidé de sortir des vieux schémas sociétaux rétrogrades  qui nous humilient depuis plusieurs générations.

Le hangar objet du litige

Cet activisme pacifique s’est inscrit dans la légalité en respectant les règles admises en la matière dans notre chère MAURITANIE. Il y’a quelques mois, l’association AMEES  a ouvert une section à travers laquelle nous menons notre mission de sensibilisation et conscientisation de nos masses populaires. Lors de l’ouverture de cette instance locale, nos membres fondateurs ont été voir le maire pour l’en avertir. Il n’avait trouvé aucun inconvénient et il lui avait été précisé que l’association est ouverte à tous nos concitoyens. Dès lors nous croyons être  dans nos Droits légitimes garantis par la constitution. C’était sans imaginer les différents types de chantages manœuvrés par certains détracteurs de notre engagement pour VIVRE en citoyens à égale DIGNITÉ sans les pesanteurs sociétales.

En effet, les membres de notre communauté sont harcelés, provoqués et salis dans le village par des éléments réactionnaires issus de la féodalité villageoise. C’est ainsi que le 13 août 2017, des gendarmes mobiles dans la commune avaient convoqué l’un de nos responsables en lui disant qu’ils veulent savoir sur la nature des réunions qu’on organise chez lui. Ce jour, les gendarmes ont notifié que nos parents avaient le plein droit de se réunir en toute liberté chez ce responsable de section  AMEES après une explication donnée sur nos activités de sensibilisation. Le 5 septembre 2017, dans les jours de la fête de Tabaski, d’autres gendarmes mobiles se sont présentés chez le responsable section AMEES DAFORT en lui demandant d’arrêter les travaux d’un modeste hangar prévu pour abriter nos rencontres dans sa maison.

Les gendarmes avaient dit que nous aurons des plaintes en notre encontre propos de ce hangar et que nous devrons nous rendre à Ould Yengé le chef-lieu de notre département auprès de la brigade. Et c’est au cours de cette procédure de clarification auprès des autorités départementales, la nuit du 30 septembre 2017 s’éclatent des graves incidents entre la jeunesse villageoise dans son ensemble et l’ordre des anciens à propos de la tenue des festivités nocturnes. Ces incidents d’une certaine violence avaient été condamnés par le monde villageois dans son intégralité. Pourtant comme par hasard dans une atmosphère de délation, 2 adultes parmi nos membres engagés contre ancien système féodal, sont arrêtés avec les jeunes émeutiers.

L’un de ces 2 militants arrêtés a été le responsable section AMEES DAFORT, et leur arrestation sans motif avéré  avait duré plus de 50 jours INJUSTEMENT. Après cet épisode flou et mystérieux, nous avons repris nos démarches citoyennes auprès des administrations départementales et régionales pour savoir davantage sur le cas de notre hangar suspendu depuis le 5 septembre 2017.

Ainsi ces derniers jours nous avons pris contact avec le préfet à Ould Yengé, qui dit qu’il ne comprend aucun motif sur cette suspension et nous a invités d’aller chez le gouverneur de Sélibaby. Arrivés chez le gouverneur il y’a quelques jours, il nous a expliqué que les ordres qu’il a reçus venaient du ministère de l’intérieur. Il a clarifié que quelques cadres issus de DAFORT se sont plaints auprès du ministère concernant notre hangar qui serait financé par des bandits étrangers.

À partir de ce constat, nous estimons nécessaire de s’adresser directement à vous monsieur le ministre, en guise de réactualisation de notre courrier d’il y’a quelques temps. En vous adressant cette alerte citoyenne et témoin à l’attention de la communauté nationale voire internationale.

Nous suspectons encore une énième fois les manœuvres délatrices et lâches des milieux féodaux hostiles à notre campagne de sensibilisation et de conscientisation sur le régime féodal soninké qui bafoue nos droits de citoyens  et veut sauvegarder des privilèges partisans dans nos communautés.

Monsieur le ministre, nous vous assurons que certains milieux soninkés influents à Nouakchott sont dans une campagne diffamatoire et calomnieuse à notre endroit depuis l’élan de conscientisation initiée et amplifiée  par la journée du 6 mars 2017 à Sélibaby  à l’occasion de la journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles. Ce jour pour la première fois la loi 2015-031 relative aux pratiques esclavagistes et ses séquelles a été expliquée et diffusée au sein des masses soninkés dans nos contrées villageoises. Aujourd’hui, AMEES dispose de plusieurs sections dans différentes localités villageoises du Guidimagha, et tout se passe sans encombres pour leurs adhérents, le cas DAFORT ne devrait pas être une exception.

Monsieur le ministre, nous voulons exercer paisiblement  notre qualité de CITOYENS ACCOMPLIS dans nos localités rurales du Guidimagha mais l’ordre féodal s’active pour s’y opposer et ses représentants déterminés sont probablement  bien introduits au sein du pouvoir à Nouakchott.

Monsieur le ministre, nous vous assurons qu’aucun financement suspect et des relations extérieures douteuses n’existent dans notre engagement citoyen et pacifique. Comme toute communauté de vie et d’appartenance militante, nous avons la culture de l’entraide entre nos membres de l’intérieur et de l’extérieur en toute transparence.

Monsieur le ministre, sous le vocable GANBANAAXU* communauté de DAFORT, nous voulons nous libérer du joug féodal dans le milieu soninké en refusant les mentalités esclavagistes.

Monsieur le ministre, nous comptons sur vos services de protecteur et de garant de l’ordre public et des libertés individuelles et collectives pour prendre en compte le cas de notre hangar suspendu depuis  plusieurs mois dans des circonstances qui troublent plus d’un.

NB : une copie de cette lettre a été déchargée auprès du service courrier du ministère de l’intérieur à la date du 8 janvier 2018 avec reçu de dépôt.

*Mouvement citoyen et pacifique pour  l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ dans la société soninkée.

DAFORT, 4 février 2018

La communauté GANBANAAXU DAFORT