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L’imagination au pouvoir, Mai 68 et la guerre intergénérationnelle en Mauritanie

La grande Khaïma de l’Institut Français de Mauritanie (IFM) a abrité le 26 janvier 2018 la «Nuit des Idées » dans le cadre des conférences «Mauritanie Demain » qui clôt un cycle d’une vingtaine de débats animée tout au long de l’année 2017 par d’éminents professeurs et penseurs mauritaniens et étrangers.

Gauche à droite : Mohamed Vall (Ceros), Pr.A.Cheikh, R.Malard (IFM), H.S.Heiba (Photo Aidara)

Ces cycles de conférence organisés par le Centre d’études et de recherches sur les organisations de la stratégie (Céros) auraient drainé plus de deux milles participants, selon le directeur de l’IFM, Raphaël Malara à l’ouverture de la soirée. A ses côtés, le Pr.Abdelwedoud Ould Cheikh, Anthropologue et penseur mauritanien qui avait déjà lancé ces conférences l’année dernière.

Le thème retenu au cours de cette «Nuit des Idées» portait sur «l’Imagination au pouvoir ». Ce qui permettra au conférencier, de déclarer que ces cycles de conférence ont permis de revisiter le paysage sociologique de la Mauritanie, de donner une idée assez précise sur la société civile mauritanienne, ses particularités et le rôle qu’elle a joué depuis son émergence, mais surtout la fonction religieuse et l’exception mauritanienne en matière d’économie, avec un clin d’œil ironique sur la prolifération des boutiques devenu un véritable fait de société.

Une partie de l’assistance (Photo Aidara)

Bien entendu, le conférencier a évoqué entre autres sujets qui ont animé les débats en 2017, l’ethnicité, les problèmes de l’esclavage, de la femme, soulignant que si la femme en milieu hassanya peut se targuer de certains privilèges, ses sœurs dans les autres communautés ne bénéficient pas forcément du même statut, appelant ainsi à une modération dans la généralisation, surtout ceux qui soutiennent à tout vent que «la femme mauritanienne est privilégiée». Il a d’ailleurs relevé une nouveauté dans ce monde aux origines sanhajas où la séparation entre le monde des hommes et celui des femmes dans l’habitat traditionnel n’était pas aussi marquée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Selon lui, les Mauritaniens ont troqué la trilogie malékisme-asharisme-soufisme contre une nouvelle trilogie wahabisme-salafisme-djihadisme.

Pouvoir politique, Mai 68…

Revenant au thème du jour «l’Imagination au pouvoir», le Pr.Abdelwedoud Ould Cheikh fera remarquer que les pouvoirs ont tendance à s’auto-perpétuer et qu’ils cherchent, par la nature de l’homme, à se maintenir contre la volonté de leurs oppositions.

Abordant l’une des facettes de l’imaginaire au pouvoir, il a évoqué Mai 1968 qui est parti sur une dimension poétique et imaginaire en France, où la volonté de bouleverser l’ordre établi a inspiré le surréalisme, porteur de révolte jusqu’à la transgression de tous les tabous sociaux, allant jusqu’à l’obscénité dans les paroles et une certaine apologie de l’anticonformisme. Mai 1968 avait ainsi, d’après le Pr.Abdelwedoud Ould Cheikh, cette dimension libertaire, anarchiste et gauchisante qui lavait dans la même vaisselle et le conformisme et le religieux.

En Mauritanie, comme dans beaucoup de pays francophones de l’époque, Mai 68, fut porteur d’un foisonnement intellectuel au sein de la jeunesse estudiantine et scolaire. Il donna naissance à un mouvement contestataire, les Kadihines, dont la portée sociale effraya les tenants du pouvoir à l’époque. Ce mouvement, comme en France, avait également selon le conférencier, sa charge poétique et littéraire. Il inspira bien des slogans hostiles à l’ordre social établi, s’inspirant ainsi des idéaux qui étaient en vogue à l’époque, ces idées altermondialistes inspirées des guerres d’indépendance, de la guerre d’Indochine, le Vietnam, l’essor du communisme, notamment le socialisme, l’appropriation par la jeune classe intellectuelle des idées de Karl Marx, Lénine, Mao, etc. Et ce mouvement né de Mai 1968 fit bouger aussi bien les lignes politiques que sociales.

Beaucoup parmi les doyens présents à la soirée ont ainsi livré leurs souvenirs de ce que fut Mai 68 en Mauritanie. Y passèrent, Mohamed Ould Maouloud dont le parti qu’il préside, l’Union des forces du progrès (UPF) est dépositaire de certains idéaux du mouvement Kadihine à travers certains profils de ses cadres. Mais aussi, l’assistance a eu droit aux témoignages de Nancy Abeiderrahmane, Me Ichidou, Me Heibetna Sidi Haïba, El Houcein Ould Hadi, Ahmed Ould Daddah, et bien d’autres encore.

Soixante-huards contre Génération 2000

C’est une véritable guerre de génération, certes non déclarée, qui s’est déroulé dans les coulisses du débat qui a eu lieu au cours de la «Nuit des Idées». Elle s’est manifestée dans les recoins de l’énorme tente bédouine que le Directeur de l’IFM avait plantée comme décor pour clôturer ce cycle de conférences «Mauritanie Demain ». Les jeunes ont exprimé en aparté leur ras-le-bol face à ces Soixante-huitards qui avaient trop monopolisé le débat à leur goût, ressassant un passé nostalgique,  qui est très loin de leurs préoccupations actuelles, alors que, disent-ils «ils ont davantage besoin de solutions à leurs multiples problèmes ».

Une partie de l’assistance (Photo Aidara)

En effet, il fut beaucoup question au cours de cette soirée, de Mai 68 et des idéaux de liberté et d’égalité qu’il portait, inspirés des guerres d’indépendance, l’Indochine, le Vietnam, le Guévarisme, le Surréalisme qui avait accompagné le mouvement d’idées en France à l’époque, idées qui s’étaient répandu comme une traînée de poudre parmi les étudiants africains qui ont transposé la révolte chez eux, dans leur pays, à l’instar de ce qui s’était passé en Mauritanie autour du Mouvement Kadihine et de certains de ses icônes comme Soumeyda, mort très jeune dans les geôles du régime de Mokhtar Daddah.

Il faut dire que cette transposition historique à laquelle la jeune génération, fortement présente sous la tente et nullement édifiée sur ce pan du passé, était obligé de supporter à travers les prises de paroles, avait bien sa raison d’être, car lié au thème du jour, qui fut admirablement introduit par le Pr.Abdelwedoud Ould Cheikh et son humour au vitriol. Le Conférencier s’est en effet contenté de lancer le débat autour d’une thématique très osée : «l’imagination au pouvoir ». Et qui mieux que cette génération de Mai 68 fut plus porteuse de ce chimérique devoir messianique, ce combat autour d’un idéal et d’un pouvoir qui lui aurait permis de répandre la justice et les bonnes causes sur Terre.

Ce que certains jeunes ont particulièrement dénoncé, c’est l’inutilité d’un tel rappel, celui d’un mouvement né en 1968 et qui n’a laissé aucun fruit. Pire, les principaux acteurs de cette saga idéaliste qui avaient défendu l’idée d’une Mauritanie juste et égalitaire, se seraient dévoyés à leurs yeux, au contact du pouvoir, poussant la plupart d’entre eux à se diluer dans les différents régimes militaires qui se sont succédé depuis 1978 et à l’orienter dans ses pires échecs.

Cette fissure intergénérationnelle a permis cependant de recueillir le ressentiment des jeunes qui se sentent quelque part trahi par la vieille garde censée leur baliser le chemin, et qui devaient à leurs yeux, leur léguer  une Mauritanie autre que celle dans laquelle ils vivent aujourd’hui et qui ne leur réserve qu’un horizon bouché. De l’autre, il est reproché à la jeune génération d’être en panne d’idées et de n’avoir aucun référentiel, ni ce goût du combat politique qui avait animé leurs aînés et qui leur a permis de changer la donne à leur époque, comme  la nationalisation de la Miferma, la création de l’ouguiya et la rupture des accords de défense avec la France, entre autres.

Cheikh Aidara


6ème édition Festival Sagesses Populaires : une nouvelle race de jeunes conteurs mauritaniens est née

L’Institut Français de Mauritanie (IFM) a abrité le samedi 27 janvier 2018, la 6ème édition du Festival des Sagesses Populaires organisée par l’Association des conteurs mauritaniens, sous la houlette de Siré Camara et la participation du conteur français Ali Mergache. Cette soirée émaillée de contes a permis de faire découvrir au public, qui était venu très nombreux, de jeunes talents. Six d’entre eux étaient sur le podium et ont participé au concours final du meilleur conteur.  Ce prix qui porte le nom de Ly Djibril Hameth, poète, écrivain, dramaturge, éducateur et fondateur des écoles Diamly qui a quitté ce monde en 2015, a été finalement remporté par Mlle MBarka Diagne de l’Ecole Diamly qui s’est fondu en larmes à l’annonce des résultats, tellement l’émotion était forte.

La lauréate MBarka Diagne (en rose) fondant en larme à l’annonce des résultats consolée par ses camarades et les membres du jury (Photo Aidara)

Auparavant, le public formé essentiellement des écoles finalistes, DIamly, Ansar, Moctar Kelly, Ba Souleye, Zahra, El Mina 2 et l’Association des jeunes dynamiques, avait suivi le mot d’ouverture de la soirée prononcée par le Directeur de l’IFM, Raphaël Malara, celui de Mme Liza représentant l’USAID et l’OIM puis le mot de bienvenu et de remerciement de Siré Camara.

Par la suite, il y eut alternance sur le podium entre la vieille génération de conteurs constituée par Siré Camara et Oumar Diallo et la relève constituée par les six finalistes de la soirée, Mohamed Atigh et MBarka Diagne de l’école Diamly, Fatimata Ly de l’école Ansar, Aissa Sokhna, Ibrahima Kébé de l’école Ba Souleye et Maïmouna Sow de l’école Moctar Kelly. D’autres finalistes des éditions précédentes étaient également là, à l’image de Aldiouma Sao, Nadia Fall, Marième Diallo.

Une jeune conteuse en pleine action -Photo Aidara

Les récits tirés des sagesses populaires d’ici et d’ailleurs ont captivé l’assistance et ont permis de saisir la sagacité des tous petits qui complétaient avec brio les relances des acteurs. Le merveilleux et le rire ont dominé la salle, captivée dans un imaginaire fantastique dans lequel le talent des conteurs  les avait plongés.  Le fameux «Caméléon », l’un des meilleurs Slameurs du pays a également joué à fond sa partition, en sortant de ses bottes secrètes des histoires croustillantes.

Une partie du public (Photo Aidara)

Mme Khadi Mint Cheikhna, compagnon de route du défunt Ly Djibril, présidente d’une association culturelle et présidente actuelle du mouvement PEN-Mauritanie a rendu un vibrant hommage au parrain de la soirée dont elle a loué les qualités et l’apport considérable dans la culture et la cohésion nationale. A ses côtés se tenait la fille de Ly Djibril, Mme Thilo.

La soirée s’est achevée en apothéose sous le récit musical de Ali Mergache et son voyage qui ne finira pas, un voyage dans le fantastique et dans le rêve…

Le jury était composé de deux hommes de culture, Athié et Sidi Mohamed.

Cheikh Aïdara

 

 


Le Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement (GJDM) : Communiqué de presse

Il a été créé le 22 janvier 2018 à Nouakchott, une structure dénommée Groupe de Journalistes Mauritaniens spécialisé dans les questions de Développement (GJMD). Ce groupe compte mener des actions d’information, de formation et d’enquêtes de terrain sur les problèmes de développement auxquels la Mauritanie est confrontée depuis quelques années.

Il sera notamment question d’une part, d’analyser les problèmes de conceptualisation et de mise en œuvre des politiques socioéconomiques, de redevabilité et d’appropriation des instruments d’aide internationale, et d’autre part, de suivre l’utilisation des fonds accordés par les bailleurs et les partenaires, leur efficacité, leur efficience et leurs retombées sur les conditions de vie des populations mauritaniennes.

L’objectif général poursuivi par le GJDM est de procéder d’abord à un récapitulatif des faits socioéconomiques sur les dernières années, le comportement des acteurs économiques étatiques et non étatiques, ainsi que leur responsabilité dans la conduite des affaires du pays. Ensuite, il s’agira de suivre les actions en cours, dans l’optique d’accompagner l’exécution des Objectifs de développement durable (ODD) à travers la mise en œuvre des actions inscrites dans la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) qui va déterminer les politiques de développement de la Mauritanie de 2016 à 2030.

Le GJDM ne se veut ni le gendarme ni le juge de la société. Il est un observateur averti et imprégné des questions de développement à la prise en charge desquelles il contribuera à travers des reportages et des enquêtes en apportant des analyses chiffrées en partant d’informations recueillies auprès des fournisseurs de données et des témoignages des populations.

C’est dans ce cadre que le Syndicat des Journalistes de Mauritanie (SJM) qui parraine le GJDM compte sur la contribution de l’ensemble des acteurs pour soutenir et accompagner le groupe dans l’exécution de sa mission. L’échange de données relatives aux différents secteurs de développement sera nécessaire pour faciliter l’initiative lancée par le GJMD. Il constituera, certainement, un complément précieux dans le cadre du suivi-évaluation des actions menées en matière de politiques nationales de développement et dans l’apport des partenaires, des bailleurs et de la communauté internationale dans les efforts menés par le pays pour assurer le bien-être de sa population.

Le GJMD est composé des journalistes suivants :

Mohamed Ould Bneïjara (Expert en développement)

Mohamed Ould Sneiba (Afrimag)

Khalilou Diagana (Quotidien de Nouakchott-Deutsch Welle)

Kissima Diagana (Initiatives News-La Tribune-Reuters)

MBaye Oumar (Actu-Dev)

Coordination : Cheikh Aïdara (L’Authentique)

Contacts : Tel. (00222) 46 51 77 59 / 22 62 27 25
Email : ckadara@yahoo.fr / cheikhaidara262@gmail.com


3ème Forum sur le BTP et l’expérience des «Chantiers-Ecoles »

Promouvoir l’employabilité des jeunes, combattre le chômage, l’insécurité et la migration, figurent parmi les objectifs saillants du Fonds fiduciaire pour l’Afrique financé par l’Union Européenne. Le 3ème Forum sur le BTP organisé mardi 23 janvier 2018 à Nouakchott par le Bureau International du Travail (BIT) cadre avec ces objectifs. Il a été consacré aux modèles d’expérience formation-insertion type «Chantier-Ecole». Les Treize communications animées durant la journée ont tourné autour de cette problématique.

Table officielle (gauche à droite, SG Ministère de l’Emploi, Point focal BIT, Ministre Education, Ministre Emploi, Ministre Fonction Publique, Chef de Coopération UE, Représentant PNUD (Photo Aidara)

«Les différents programmes d’intervention de l’Union européenne en Mauritanie permettent une synergie entre divers partenaires publics et privés, afin de mettre en place rapidement des formations professionnelles concrètes, grâce à la méthodologie de chantier école débouchant sur des emplois durables…».  Ce passage du discours de SEM Giacomo Durazzo, Chef de la Délégation de l’Union Européenne en Mauritanie, lu au cours de la cérémonie officielle par M.Hans Christian Beaumond, Chef de la Coopération, vient rappeler que «la création d’emploi décent, en particulier pour les jeunes, est une priorité » aussi bien pour son institution que pour la Mauritanie. Le secteur Bâtiment-Travaux Publics (BTP) offre dans ce cadre, selon les différents intervenants, des opportunités d’emploi et d’auto-emploi pour les milliers de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Le modèle chantier-école permet dans ce cadre de fournir une réponse efficiente aux besoins de formations pratiques et de qualifications professionnelles conformément aux besoins d’un marché en pleine expansion.

Les participants, dont plusieurs acteurs de l’emploi et des délégués venus du Sénégal, du Burundi et de la Tunisie notamment, ont ainsi suivi au cours de la journée du 23 janvier 2018 consacrée au 3ème Forum sur le BTP, treize communications sur les expériences mauritaniennes et régionales en matière de formation et de gestion territoriale.

Capitalisation du Projet «Chantiers-école de construction routière »

Une partie de l’assistance avec au premier plan Sidi Mohamed Ould Cheikh, Coordinateur du PECOBAT (Photo Aidara)

Il a été surtout question de l’utilisation des matériaux locaux (terre, paille, pierre, etc) et de la revalorisation des modèles ancestraux de construction qui fondent le modèle développé par le Projet PECOBAT (Amélioration de l’employabilité des jeunes et des capacités des PME par le développement du sous-secteur du BTP en matériaux locaux et de la formation professionnalisante dans les chantiers écoles construction). Ce projet, qui est le premier à être financé par le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique créé en 2015, s’inspire du modèle des Chantier-école d’entretien routier qui viennent de s’achever. La capitalisation de ce projet innovant a profité à environ 400 jeunes dans les domaines de la topographie, de la conduite d’engins et de maçonnerie, entre autres. L’occasion pour M.Housseinou Kassougué, Coordinateur du Projet Chantier-Ecole du BIT Mauritanie, de rappeler le contexte dans lequel cette expérience a été conduite, citant la volonté du BIT d’accompagner la réforme du secteur des transports, le développement d’une offre de formation destinée aux jeunes déscolarisée ou de niveau post-primaire, la tendance vers une meilleure qualité de formation axée durablement dans le dispositif national en matière de formation technico-professionnelle dans le secteur du BTP.

L’expérience du PECOBAT

M.Sidi Mohamed Ould Cheikh, Coordinateur du projet PECOBAT-BIT Mauritanie a développé le concept éco-construction qui est au cœur de la philosophie de ce projet axé sur l’utilisation de matériaux locaux et la revalorisation des constructions de type ancestrale qui ont, selon lui, prouvé leur adaptabilité au milieu, citant parmi les techniques utilisées le pisé, la bauge, l’adobe, la brique de terre compressée, le torchis, la terre-paille pour les joints et les enduis. Ce projet créé par le BIT et financé par l’Union européenne sur le 11ème FED vise, dira-t-il en substance, à construire un type d’habitat respectant l’environnement. Il a mis en exergue les potentialités de formation offertes dans ce domaine, ainsi que ses retombées en matière d’employabilité des jeunes et de renforcement des compétences des entreprises. Le projet PECOBAT s’aligne surtout, dira-t-il en substance, sur les documents stratégiques de la Mauritanie en matière de travail décent et sur la Stratégie nationale de l’Emploi de 2012 ainsi que sur les objectifs de la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) 2016-2030.

La formation et partout la formation

Frederico Barroeta (de dos) en compagnie du Ministre de l’Emploi au cours de sa visite dans les stands (Photo Aidara)

Plusieurs autres communications ont été présentées, comme l’expérience du Sénégal en matière de formation professionnelle dans le domaine du BTP, avec l’intervention de M.Cyril Oscar Badji, Coordinateur technique au Centre de formation de la nouvelle cité émergente de Djamniadio. Egalement, l’expérience des chantiers-écoles en HIMO au Burundi et les impacts socioéconomiques des programmes d’infrastructures et de renforcement des capacités,  présenté par M.Olivier Chanoine. La Valorisation des acquis d’expérience (VAE) qui permettent de certifier des compétences acquises sur le tas a également fait l’objet d’une présentation faite par M.MBaye Sarr, spécialiste formation professionnelle et secteur privé au Sénégal.
A son tour, M.Mohamed Benothaman, expert en développement économique local au sein du BIT-Tunisie a livré l’expérience de la Tunisie à travers le Projet AZD initié dans cinq gouvernorats et 33 sites sur la base du modèle participatif DEL.
Les participants ont même eu droit à des exposés techniques sur les outils de diagnostic de développement économique et social comme modèle de gestion des infrastructures en lien avec le territoire ainsi que l’analyse territoriale, avec l’appui d’images satellites, d’images-photos et d’inter-réactivité avec les acteurs locaux, pour déterminer les besoins immédiats des populations et leur projection dans l’avenir. Ces exercices ont été livrées par M.José Manuel Baldo Mengal, expert en diagnostic territorial et Mme.Simon Nancy de «Entreprise d’en Haut».

Les jeunes formés sont venus avec leur CV (Photo Aidara)

A rappeler que les travaux du 3ème Forum sur le BTP qui se sont déroulés dans les locaux de l’Institut Universitaire Professionnel (IUP) de Nouakchott, ont été ouverts par le Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, des Technologies de l’Information et de la Communication, M.Seydina Ali Ould Mohamed Khouna, en présence de ses homologues de l’Education Nationale, M. Isselmou Ould Sidi El Moctar Ould Lehbib et de la Fonction Publique, Mme Coumba Bâ, mais aussi du Représentant résident du PNUD, SEM. Mario Samaja et du Point focal du BIT en Mauritanie, M.Frederico Barroeta. Après l’ouverture officielle, les ministres ont passé en revue quelques images-photos d’élèves en chantier puis se sont rendus sous la tente où plusieurs élèves issus des dernières promotions lui ont montré leur C.V. L’opportunité était en effet offerte à ces jeunes tous frais qualifiés de rencontrer les professionnels du BTP pour d’éventuelles embauches.

Cheikh Aïdara