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Projet «Chantier-Ecole d’entretien routier » d’Aleg : Ces jeunes filles mauritaniennes qui ont brisé les tabous

Elles s’appellent Zeynabou Mint Soueidi, Marième Mint Saleck, Hawa Bâ. Elles font partie des 124 jeunes filles de la promotion de 271 élèves formés en maçonnerie, coffrage, topographie, conduite d’engins lourds et remblayage de routes et gros ouvrages. Cette promotion est la première du projet «Chantier-Ecole d’entretien routier » financé par l’Union européenne et conduit par le Bureau International du Travail (BIT) en collaboration avec le Ministère de l’Equipement et des Transports. Une cérémonie de sortie de la promotion a été organisée mardi 2 mars 2017 au Centre de formation et de perfectionnement professionnel (CFPP) d’Aleg.

Bailleurs, autorités et élèves en photo de famille (Crédit : Aïdara)

«Accroître les opportunités d’insertion professionnelle des jeunes en zone rurale et urbaine par le développement d’une filière de formation professionnelle dans l’entretien routier ». Tel est l’objectif du projet «Chantier-Ecole d’entretien routier » d’Aleg financé par l’Union européenne et mis en oeuvre par le BIT en collaboration avec le le Ministère de l’Equipement et des Transports. Admis sur concours, les 271 jeunes dont 124 filles de la première promotion formés dans les métiers du BTP-route, ont célébré leur sortie mardi 2 mars dernier à Aleg.

«J’ai fait ce métier par passion »

Zeynabou Mint Soueidi affirme avoir déposé son dossier dans la section «Coffrage » et qu’elle a été admise, comme ses autres camarades de la promotion, aux termes d’un concours où beaucoup de jeunes, filles et garçons, avaient postulé. «J’ai choisi le coffrage parce que c’est un métier qui me passionne » a-t-elle affirmé avec assurance. Sur le regard de la société par rapport à son choix, dans un secteur réputé être celui des hommes, elle a déclaré qu’il faut «casser les tabous et montrer qu’aucun secteur de l’emploi ne peut plus être circonscrit seulement aux hommes. Il faut que les jeunes filles investissent le marché du travail dans toutes ses spécialités» a-t-elle martelé.

Marième, Zeynabou, Vatimetou et Hawa (Crédit : Aïdara)

Elèves maçons et coffreurs sur le pont en construction entre Tayba et Goural (Crédit : Aïdara)

C’est avec la même détermination que Marième Mint Saleck, maçon, et Hawa Bâ, remblayeuse, ont exprimé leur joie d’avoir choisi le métier qui les passionne. Hawa Bâ a même appelé les femmes mauritaniennes à explorer toutes les opportunités de travail, en brisant les tabous.

Après deux mois d’études théoriques, les élèves de la promotion ont suivi des stages pratiques. Vatimetou Mint Saleck affirme s’être rendue à Nouakchott où elle a passé dix jours de stages à l’Etablissement national d’entretien routier (ENER). D’autres, parmi ses camarades, ont passé leur stage à Nouadhibou ou à Aleg dans des entreprises du bâtiment.

«Nous avons construit des pistes et des ponts »

Après la cérémonie officielle de remise d’outils et de diplômes aux stagiaires, la délégation conduite par le point focal du BIT en Mauritanie et la représentante de l’Union européenne, s’est rendue sur une piste construite par les élèves. Il s’agit d’un tronçon reliant la route de l’Espoir à l’ancien Institut Supérieur des Métiers du Bâtiment, des Travaux Publics et de l’Urbanisme d’Aleg dite «Ecole des ingénieurs», aujourd’hui rétrocédé à l’Armée. Puis, la délégation s’est rendue sur un autre tronçon construit également par les élèves. Il s’agit de la piste Tayba-Goural avec son pont en stade avancé.

Piste construite manuellement par les élèves (Crédit : Aïdara)
Jeune fille maçon (Crédit : Aïdara)
Marième, formée en coffrage (Crédit : Aïdara)
Aides topographes (Crédit : Aïdara)

Un panneau portant l’effigie des partenaires y est plantée. L’occasion aussi pour Aminata Alassane, l’unique femme parmi les 20 conducteurs engins et major de la promotion, de montrer ses prouesses au volant d’un Caterpillar. Mélangeant le ciment avec dextérité, posant un coffrage ou procédant aux relevés topographiques d’un tronçon à concevoir, les jeunes filles élèves spécialistes en entretien routier ont également montré leur expertise et leur savoir-faire, mais surtout leur endurance physique en bravant la chaleur et l’effort manuel. Alors que l’équipe topographique faisait des levées non loin, les maçons et les coffreurs finissaient un pont stratégique qui permettra de désenclaver des localités bloquées pendant la saison hivernale.

Aminata Alassane au volant de son Caterpillar avec une stagiaire (Crédit : Photo)

La plus grande angoisse reste cependant pour les sortants du projet, l’insertion et l’emploi. «Après tant de mois de privation et de fatigue, on espère que les partenaires et l’Etat ne nous lâcherons pas » ont-ils affirmé, les yeux tristes. Certaines parmi les sortantes comptent ainsi former un Groupement d’Intérêt Economique (GIE) pour gagner des marchés. Avec leurs connaissances, elles comptent prendre des ouvriers et superviser les travaux qui leur seront confiés. «Mais pour cela, il faudra qu’on nous fasse d’abord confiance » a lâché Marième Mint Saleck.
«Nous ne vous lâcherons pas»

Mme Barbara Dequinze, représentante de l’Union Européenne à la cérémonie et Federico Barroeta, Point focal du BIT en Mauritanie, ont tous les deux affirmé, s’adressant aux stagiaires, «nous ne vous lâcherons pas!». C’était lors de leur intervention pendant la cérémonie officielle de sortie.

En effet, Mme Barbara Dequinze avait souligné dans son allocution que les objectifs du 11ème FED donnent la priorité aux infrastructures, rappelant que le tiers des axes routiers en Mauritanie ont été financés par l’Union Européenne. «Après cette formation que vous venez de recevoir, on vous mettra en relation avec les entreprises. Vous devez d’ores et déjà investir le marché de l’emploi et saisir toutes les opportunités» leur a-t-elle conseillé.

Barbara Dequinze remettant du matériel à une stagiaire (Crédit : Aïdara)

Même son de cloche de la part de Federico Barroeta, qui a également interpellé les élèves-sortant en leur assurant que son institution les accompagnera. «Vous avez désormais des compétences et du savoir-faire à prévaloir, lancez-vous ! » leur dira-t-il. «Plusieurs chantiers de route sont prévus dans les prochaines années et c’est à vous de vous imposer sur le marché » a-t-il ajouté, avant de conclure, «il y a 251 jeunes filles et jeunes hommes formés dans l’entretien routier et c’est un modèle qui est appelé à se développer».

Federico Barroeta remettant du matériel à une stagiaire (Crédit : Aïdara)

Un espoir pour les sortants de la promotion, la priorité des embauches dans tous les projets de construction ou d’entretien routier qui seront menés au niveau local, voire au niveau national.

A noter que le Hakem d’Aleg et la représentante du maire, ainsi que le directeur du CFPP d’Aleg qui a abrité la formation, avaient assisté à la cérémonie de sortie de la 1ère promotion du projet «Chantier-Ecole d’entretien routier» d’Aleg.

Cheikh Aïdara
Envoyé Spécial Aleg


Visite à Nouakchott de de M.Gianni Infantino, président de la FIFA : «la FFRIM est un exemple que nous montrerons aux autres fédérations africaines comme exemple de bonne gestion d’une association sportive »

Le Président de la FIFA, Gianni Infantino, est arrivé ce mardi 28 février à Nouakchott pour une visite de quelques heures. Après une entrevue avec le Premier ministre, il s’est rendu au siège de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) où il a visité les différentes ailes du site avant d’animer une conférence de presse.

Le président de la FIFA, entouré du président de la FFRIM (à gauche) et du ministre de la Jeunesse et des Sports (à droite) derrière les enfants d’écoles de football (crédit photo : Aïdara)

Annoncée depuis plusieurs jours, la visite en Mauritanie du président de la FIFA a tenu toutes ses promesses. Arrivé à Nouakchott l’après-midi de ce mardi 28 février, le premier responsable de l’institution faîtière du football mondial a été reçu par le Premier ministre, M.Yahya Ould Hademine.

Accueil en panache
A son arrivée au siège de la fédération mauritanienne de football, un accueil haut en couleur a été réservé au président de la FIFA, avec la présence des pupilles et cadets des différentes écoles de football masculines mais aussi féminines de Nouakchott, avec des éclats colorés et l’innocence de la jeunesse en bandoulière. Sous la tente dressée en face du siège de la FFRIM, un parterre d’invités de haut niveau, notamment le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Ahmed Ould Jibril, la présidente de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), l’ambassadeur d’Afrique du Sud, le maire et le préfet de Tevragh-Zeine, ainsi que le directoire de la FFRIM au grand complet, sans compter les membres de la Ligue nationale et les présidents de clubs.

Le président de la FFRIM présentant l’ambassadeur d’Afrique du Sud (de dos) au président de la FIFA ( Crédit photo : Aïdara)
La présidente de la CUN, entourée du préfet, du maire et du directeur du Stade Olympique (Crédit photo : Aïdara)

Le président de la FFRIM, M. Ahmed Ould Yaya, a fait faire à son hôte ainsi que la délégation qui l’accompagne le tour du propriétaire, les entraînant dans les différentes ailes de la fédération, en l’occurrence l’ancien et le nouveau siège de la fédération, les bureaux techniques, l’académie et les terrains annexes.

Pendant tout ce circuit, les journalistes étaient parqués sous la tente derrière les invités, empêchés de suivre les péripéties de cette mini-tournée, ce qui a soulevé bien des grognes et même de vives protestations. Selon le protocole de la visite, telle que définie par la cellule de communication, la presse n’avait accès qu’à la tente ou la salle de conférence.

Echanges de discours
L’arrivée des deux présidents et leur suite sous la tente permettra aux photographes reporters sportifs d’étancher leur soif d’images. Les poignées de main avec les autorités et les sponsors, suivies des échanges de discours, seront couverts par les lumières des flashs et les ronrons silencieux des dizaines de caméras de télévision conviés à la cérémonie.

Le président de la FFRIM lors de son discours (crédit : Aïdara)
Le président de la FIFA lors de son discours (crédit : Aïdara)

Dans son discours de bienvenue, M. Ahmed Ould Yahya dira toute sa satisfaction de recevoir le président de la FIFA, soulignant qu’en une année de fonction, l’instance du football mondial a complètement changé sa vision stratégique, notamment dans le domaine de la diplomatie et de la bonne gouvernance du football. Parmi les avancées considérables, il citera l’intérêt porté désormais au continent africain, l’accroissement des subventions accordées aux fédérations, l’intérêt porté pour le football féminin, ainsi que la restructuration administrative et financière de la FIFA, notamment dans son aspect diversité et caractère unificateur.

Prenant à son tour la parole, le président de la FIFA a déclaré que parmi ses promesses de campagne, au temps où il briguait le poste, donner plus à l’Afrique, un continent où il avait justement lancé sa campagne électorale en 2016. Première décision de taille, la nomination pour la première fois en 116 ans d’existence de la FIFA, d’une Africaine au poste de Secrétaire général, en l’occurrence, la Sénégalaise Fatma Samoura, ancienne diplomate à l’ONU et personne hors du sérail du football, comme il le voulait. Deuxième décision, la multiplication par quatre de la subvention accordée à l’Afrique qui est passé de 27 milliards à 94 milliards de dollars. Last but not the least, l’augmentation du nombre d’équipes africaines qui seront qualifiées à la coupe du monde. De 6 sous le format actuel de 36 pays qualifiés, la FIFA compte porter le nombre d’équipes au Mondial à 48, ce qui devra porter selon lui le nombre d’équipes africaines à 9 ou 10.

La conférence de presse
Par la suite, les deux présidents se sont soumis aux questions des journalistes. Par rapport au quota des journalistes africains accrédités au cours des compétitions FIFA, et qui serait le plus restreint au monde, M.Gianni Infantino a déclaré que c’est la deuxième fois que cette question lui est posée au cours de sa tournée africaine. Il a promis de s’enquérir du problème, soulignant le rôle important que la presse sportive peut jouer dans le développement du sport, d’où l’intérêt qu’il y a d’accréditer davantage de journalistes sportifs africains.

Conférence de presse des deux présidents (Crédit photo : Aïdara)

Il a aussi promis que la FIFA financera l’élargissement du Stade Cheikha Ould Boïdiya du Ksar, pour en faire un deuxième terrain aux normes internationales pour le pays, ce qui permettra à la Mauritanie de disposer, selon lui, de deux grands airs de jeu et partant d’organiser une compétition africaine.

D’après le président de la FIFA, la FFRIM est un exemple de réussite qu’il montrera aux autres fédérations africaines lors d’un colloque qu’il fera organiser ici à Nouakchott. «Le football mauritanien a fait des progrès importants » dira-t-il, rappelant qu’en 2012, la Mauritanie était classée 206ème mondial et qu’actuellement elle est 107ème après avoir, il y a deux ans, flirté avec le Top 80.  «L’avenir du football est en Afrique, disait-on quand j’avais 12 ans. Maintenant, je dis que le présent du football est en Afrique et que le présent du football est en Mauritanie » a-t-il souligné.

A la fin de la conférence de presse, le président de la FFRIM a offert à M.Gianni Infantino un  maillot de l’équipe nationale de Mauritanie, les Mourabitounes signé de sa main. Un deuxième maillot de l’équipe portant la signature du président de la FIFA sera accroché à la fédération.

Le maillot de l’équipe nationale de Mauritanie offert au président de la FIFA (Crédit photo : Aïdara)

A noter que le président de la FIFA et sa délégation sont invités le soir à un dîner-gala au restant «Les Ambassadors » de Nouakchott avant de s’envoler à l’aube.

Cheikh Aïdara


Idriss Deby Itno-Mohamed Abdel Aziz / UPR-MPS : des similitudes sur les deux rives du Sahara

Le Tchad comme la Mauritanie sont des pays trait d’union, entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Ils font plus d’un million de kilomètres chacun. L’un s’ouvre sur la mer et l’autre tire son nom d’un lac. Ils ont la même configuration  géographie, région désertique, espace semi-aride et savane soudanaise. Les deux pays ont été le berceau de grands empires. De tradition bédouine et agropastorale, ils ont abrité des circuits commerciaux transsahariens vieux de plusieurs millénaires.

Tous les deux ont été colonies françaises et ont accédé la même année à l’indépendance en 1960. Tous les deux sont devenus pays pétroliers presqu’en même temps, au début des années 2000. Ils partagent le même niveau de pauvreté, parmi les pays les moins développés du continent et comptent chacun autant de coups d’état militaire. Tous les deux pays ont des populations arabes et des populations d’origine africaine. Le Tchad compte des dizaines d’ethnies et de langues parlées pour 11, 63 millions d’habitants, alors que la Mauritanie n’abrite que quatre communautés linguistiques pour une population d’environ 4 millions d’habitants. Si la Mauritanie est à cent pour cent musulmane, le Tchad compte des minorités chrétiennes et païennes.

Tous les deux sont arrivés au pouvoir par coup d’Etat. Mais si Idriss Deby Itno est au pouvoir depuis vingt-sept années, et qu’il cumule cinq mandats après avoir fait sauter le verrou des deux mandats fixés par la Constitution de 1996, son cadet de quatre années, Mohamed Abdel Aziz lui n’est effectivement président de la Mauritanie que depuis huit années. Et il a juré de ne pas modifier la Constitution, ce qui lui aurait permis de se présenter pour un troisième mandat. Ainsi, si Idriss Deby itno ne pense pas encore à un remplaçant, Mohamed Abdel Aziz a promis de céder le pouvoir en 2019.

Idriss Deby tout comme Mohamed Abdel Aziz se considèrent comme les gendarmes du Sahel et se sentent irremplaçables dans la lutte contre le terrorisme dans la région. Ils ont tous les deux la confiance des partenaires africains et européens.

Mais à NDjaména tout comme à Nouakchott, la voix des chefs de file de l’opposition, Saleh Kebzado du Tchad et Ahmed Ould Daddah de la Mauritanie ne sont pas écoutés quand ils martèlent à coups de saison aux partenaires économiques des deux pays, en particulier la France, «d’être de plus en plus exigeants sur la gouvernance économique, le respect des droits humains face à un régime qui a acculé la population à une paupérisation croissante et excelle dans la gestion patrimoniale de l’État ».

Mais en Mauritanie comme au Tchad, Mohamed Ould Abdel Aziz et Idriss Deby continuent d’être adulés par leurs alliés qui les décrivent comme des «guerriers », vantant leur bravoure et leur témérité face aux épreuves. Si au Tchad, Deby s’est entouré des membres de sa tribu, les Zagawas, le même reproche est fait à Mohamed Abdel Aziz accusé d’avoir tout confié à ses proches, de la tribu des Oulad Besbâa, en particulier la faction de sa famille.

Mais dans l’exercice du pouvoir politique, les deux hommes se ressemblent comme deux frères siamois, tout comme se confondent les deux partis au pouvoir, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) au Tchad, parti né d’une rébellion armée, et l’Union Pour la République (UPR) issu de l’ancien PRDS, de Mauritanie.

En Mauritanie, il est reproché à Mohamed Abdel Aziz d’exercer un pouvoir personnel et de gérer le pays d’une manière patrimoniale, avec une armée de  proches et de laudateurs. Pareil au Tchad où l’Etat vient d’interdire un mouvement citoyen dénommé le MECI qui se veut le pendant tchadien du «Balai citoyen » au Burkina Faso ou du mouvement «Y’en a marre » au Sénégal.

Ce rassemblement de l’ensemble des forces vives du Tchad, qui regroupe des syndicats, des partis de l’opposition, les organisations de défense des droits de l’homme les plus représentatifs, les intellectuels et les journalistes fait peur au pouvoir tchadien. Le Mohamed Ould Maham du Tchad, qui s’appelle Mahamat Zen Bada, Secrétaire général du parti au pouvoir, le MPS, versus UPR,  de monter au créneau en fustigeant les fondateurs du MECI, accusés de «chercher à déstabiliser le régime ». Le couperet ne tardera pas à tomber. Le ministre de l’Administration du territoire et de la gouvernance locale, le pendant de notre Ministre de l’Intérieur, Bachar Ali Souleymane, de décréter l’interdiction de toutes les activités du MECI sur l’ensemble du territoire national, trouvant illégal l’attelage entre «des personnalités et des organisations dont les champs d’action sont différents ».
Les protestations de la classe politique et de la société civile tchadiennes ressemblent à s’y méprendre à celles de notre propre classe politique et de notre société civile, dans leur dénonciation de ce qu’ils considèrent être les manifestations d’un «recul de la démocratie » et la consolidation de la «dérive du pouvoir ».

Le président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, Dobian Assingar dans une sortie de fustiger le pouvoir qui interdit «aux organisations de la société civile de se réunir, de manifester et de tenir des réunions, alors que des organisations acquises à sa cause, comme le MPS, peuvent tenir réunion et organiser des conférences sans être inquiétés ».
Pour les opposants, la décision du ministre «est nulle et de nul effet » par rapporté aux textes de loi qui garantissent la liberté d’association. Tiens, comme nous, ils ont un texte datant de 1962 instituant les associations. Suite à cette réplique, Dobian Assingar est interpellé, interrogé par quatre commissaires de police et un inspecteur sur deux griefs : rébellion contre la puissance publique et atteinte à la cohésion nationale. On pense entendre nos propres autorités. Puis, comme chez nous, les membres du MECI sont pris en filature, débauchés et harcelés.
Comble de toutes les similitudes, le président Idriss Deby Itno, réunit son clan, et menace d’interdire les syndicats membres de MECI.
A rappeler, pour conclure, que tous les deux présidents, Mohamed Ould Abdel Aziz et Idriss Deby Itno, ont  présidé aux destinées de l’Afrique en assurant la présidence de l’Union Africaine. Mais si Mohamed Ould Abdel Aziz adore les bolides et s’émeut devant les accélérations d’une Benne 19/24 massacrées de loin, Deby Itno languit devant un chameau bien racé.

Cheikh Aïdara

 


FC Tevragh-Zeina Vs Al Merrikh : une amère défaite

Les Soudanais regagnent les vestiaires après leur victoire

Le FC Tevragh-Zeina a perdu son match Aller comptant pour le deuxième tour qualificatif de la Coupe Arabe. Une défaite non méritée face au Merrikh du Soudan, sur le plus petit des scores, 0 à 1. Et le comble, un pénalty raté à la 91ème minute par Takhyouyllah Denne, pourtant spécialiste des coups de pied arrêtés. Tout est à refaire et déjà, Birama Gaye, le doyen des entraîneurs mauritaniens et coach du FC Tevragh-Zeina, voit le poids de ses soucis dans quatre jours à Khartoum, alourdis par cet handicap de départ.

Finalement, l’équipe championne du Soudan ne se révéla pas être cette foudre de guerre tant galvaudée. Elle était prenante par un FC Tevragh-Zeina diminué de quatre de ces meilleurs éléments mais qui a dominé son sujet durant la presque totalité de la première mi-temps.

Les Soudanais avaient jeté toutes leurs forces dans la bataille. Les supporters soudanais dans les gradins de la tribune latérale droite, ont soutenu leurs poulains pendant toute la durée du match en brandissant les drapeaux rouges or de leur pays. De l’autre côté de la barrière, le club des supporters de FC Tevragh-Zeine ont également poussé leur équipe jusqu’à la dernière minute.

Après une première mi-temps vierge, le FC Tevragh-Zeina et Merrikh continueront à se neutraliser. A la 61ème minute, les Soudanais ouvrent le score sur une banale balle que Salahdine, le portier de Tevragh-Zeina ne put négocier.

Dans le dernier quart du match, Birama Gaye a jeté toutes ses cartes, en procédant à trois remplacements, dont le Brésilien Vidal qui céda sa place.

Malgré les assauts répétés de ses attaquants, les protégés du président du club, Moussa Ould Khairy ne parviendront pas à trouver la faille. A la 91ème minute, le FC Tevragh-Zeine obtient un pénalty. Le but de l’égalisation sera raté par le tireur de l’équipe nationale, Takhyoullah Denna.

le coach soudanais durant la conférence de presse

Le coup de sifflet final de l’arbitre tunisien viendra ainsi mettre fin au rêve de l’équipe mauritanienne.
Lors de la conférence de presse d’après-match, le coach soudanais, Garzito devait exprimer sa satisfaction. «J’étais venu pour obtenir un résultat, je l’ai. Maintenant, j’attends de négocier le match retour sur mon terrain et devant mon public». Selon lui, l’état du terrain du Stade Olympique et la chaleur qui régnait ont rendu la tâche un peu difficile pour ses joueurs, mais «l’essentiel a été fait ».

Le coach de Tevragh-Zeina en conférence de pressse

A son tour, Birama Gaye, l’entraîneur de FC Tevragh-Zeine, soutient que l’équation actuelle de son équipe réside  dans ce retard concédé à Nouakchott. Simple consolation, «sur le plan du contenu, l’équipe soudanaise n’était pas supérieure à notre équipe » a soutenu Birama Gaye.

Le milieu de Tevragh-Zeina, Sidi Brahim Amar, élu meilleur joueur du match

Le trophée du meilleur joueur du match, prix décerné par Chinguittel, sera attribué au milieu de terrain offensif de FC Tevragh-Zeina, le jeune Sidi Brahim Amar.