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Souvenirs d’Antsirabe : visite des lacs aux légendes

Lac des amoureux
Lac Tritriva

Samedi 20 novembre 2016, l’hôtel «Les Thermes » d’Antsirabe vit dans l’effervescence du départ pour la visite des sites historiques et des lieux touristiques. La visite des lacs semble avoir drainé une foule importante de curieux parmi les 300 invités des 45èmes Assises de l’Union de la Presse Francophone (UPF), une kyrielle de journalistes venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Europe.

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Lac Tritriva, ou « Lac des amoureux »

On raconte qu’un jeune paysan et une princesse du temps des Rois malgaches s’aimaient. Devant leur amour impossible, ils se jetèrent du haut d’une falaise de 147 mètres dans un lac profond. Leurs âmes se seraient incarnées dans un arbre aux troncs entrelacés. Autre supposée incarnation. Sans que leurs progénitures ne puissent survivre, un couple de poissons peuplerait également ce lac qui porte le nom féerique de Tritriva, là où des milliers de touristes se rendent chaque année pour s’imprégner de la beauté des lieux. L’endroit est surréel et magnifique, avec sa lourde végétation et son lac d’un vert éclatant qui aurait inspiré n’importe quel poète lyrique. L’accès au lac requiert cependant une bonne condition physique, tant est difficile la descente glissante vers les bords de l’étendue d’eau que la montée vers les hauteurs abruptes.

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Pour y parvenir, on traverse une succession de villages et des champs de riz, de maïs, de pommes de terre, de patates douces et d’haricots. Madagascar est le 1er producteur de pommes de terre au monde et ses habitants sont d’ailleurs appelés les «souffleurs de pommes de terre».

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Une nuée d’enfants vous accueille à la porte du parc, surmonté d’une pancarte où se détachent en lettres bleues «Lac Tritriva». L’entrée est à 5.000 ariarys, soit 1,5 euros, ce qui génère de bonnes recettes pour la commune.

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Une nuée de gosses vous assaille avec un entêtement de mule, vous propose des objets de l’artisanat local, des boules faites de pierres précieuses avec ou sans collier, s’ils ne vous demandent pas tout simplement l’aumône. «Madame, j’ai faim ! » «Monsieur, je veux payer mes études !», «Monsieur, donnez quelque chose à partager, vous êtes notre seule source de revenus ! » vous lancent-ils comme une leçon bien apprises.  Quand vous leur demandez où est leurs parents, la plupart vous disent qu’ils sont morts, comme pour accentuer davantage leur dramatique condition.


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Lac Andraikiba, ou le « Lac de la Noyée »

Soit pour rendre encore plus pittoresque leurs vestiges historiques, soit pour jouer sur l’imaginaire des touristes qui prennent d’assaut leur pays chaque année, les Malgaches sont férus de légende. Malgré des siècles de christianisme, avec une dominante Luthérienne protestante et catholique, les Malgaches restent encore attachés à leurs religions ancestrales, avec un rapport très fort aux anciens, dont les linceuls sont renouvelés chaque fois que les moyens le permettent. Ainsi, après le Lac Tritriva, le Lac Andraikiba aurait également sa propre légende. Ainsi, le mot andraikiba signifierait «Oh, mon ventre ! » ou «Oh, je coule ! ». Il s’agirait de la légende d’un Roi malgache qui aurait demandé à ses deux épouses de traverser le lac à la nage pour choisir sa préférée d’entre les deux. C’est ainsi que Rasoamasaya qui était enceinte se noya, en criant «Oh, mon ventre ! «Oh, je coule !». Sortie indemne de l’épreuve, Rasoabé, la deuxième épouse devint ainsi la préférée du roi.

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C’est dans cet endroit féerique, à la porte d’Antsirabe, que l’on dégusta un bon plat de riz aux légumes et viande de zébu, dans la terrasse d’un restaurant qui surplombe le lac. Sous nos yeux, la chorale d’une église nous servit un ballet traditionnel malagasy, le fameux Fakoudjazana. Vêtue de robes jaunâtres aux motifs attrayants, une trentaine de femmes, dont certaines à l’âge avancé, se trémoussait, sous les rythmes et les danses venus du tréfonds de la tradition. Elles étaient accompagnées par trois bonhommes en tenues de fanfares, tapant sur des tambours, excitant les danseuses avec des chants aux racines africaines. Une consœur du Congo Kinshasa en avait les larmes aux yeux. «Tout ça me rappelle les cérémonies traditionnelles chez nous » confia-t-elle.


Souvenirs d’Antsirabe : Bruno et Benoît, «pousse-pousse» de père en fils

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Unique moyen de transport public à Antsirabe, le «pousse-pousse » est le métier le plus à la portée des paysans malgaches, qui débarquent sur cette ancienne métropole connue sous le nom «La ville d’eau». C’est un héritage de la domination anglaise, puis française, quand le colon utilisait la force de traction humaine pour se déplacer. Un siège, un repose pied et quatre longs brancards hissés sur les épaules de quatre solides indigènes.

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Le «pousse-pousse » a beaucoup évolué avec le temps. Aujourd’hui, c’est une sorte de palanquin qui protège du soleil, tracté soit par la force humaine, soit par vélo. Il fait vivre près de 260.000 familles à Antsirabe, selon les statistiques de la commune.
Benoît, la quarantaine, mais qui en paraît plus, a initié son fils, Bruno, un adolescent sans instruction, à ce rude métier. Tous les deux faisaient partie des «heureux élus », ceux que l’Union de la Presse Francophone (UPF) avait sélectionnés pour le déplacement de ses invités. C’était en prélude à son conclave organisé du 18 au 24 novembre 2016 dans le mythique hôtel «Les Thermes» à Antsirabe, un bâtiment inauguré en 1922.

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Vendredi 19 novembre 2016, une visite guidée à travers la ville. D’abord le «Village Plateau », inauguré en 1932 par le gouverneur français, Kalyan, devenu la «Résidence du Haut Plateau » puis, la «Maison de la retraite » gérée par une association de bienfaisance. Transformé selon les circonstances en Musée, il accueille une maison de repos pour retraités, une école, une pisciculture paysanne et un centre de soins.  A l’intérieur du bâtiment, plusieurs salles d’exposition d’objets hétéroclites, des gravures et des photos historiques surtout. Trône au milieu, dans un coin de la salle, l’histoire de la téléphonie, puis un antique moteur à tourner des films avec sa bobine. La première séance de cinéma aurait eu lieu à Antananarivo en 1939, dans la salle «Eden » avec 1 franc pour billet d’entrée, selon la gérante, Mme Solange, une belle métisse malgache.

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Perdus entre des dizaines de «pousse-pousse » arborant chapeau et badge à l’effigie de l’UPF, le père et le fils se suivent dans les dédales d’Antsirabe, portant leurs lourds fardeaux humains. Direction le «Centre thermique », puis la «Gare routière » désaffectée, ensuite, chez Joseph et sa «Maison de pierres précieuses ». De sa voix volubile, flanquée de son épouse Martha, une jolie métisse, il supervise la visite des lieux. Un tas de pierres précieuses, à l’état brut, dont un coquillage fossilisé, vieux de 220 millions d’années, selon ses dires. Puis, sont successivement énumérés, les quartzs hématoïdes, la Jade célestique, la tourmaline noire, et des tortues de mer, mais aussi le bois en paillasson, la topaze, le mica, le cristal, le bradorite, l’amazonite et l’obsidienne.

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Soufflant sous une température modérée, à 21° à l’ombre, Benoît le père et Bruno le fils, précédés et devancés par une myriade de «pousse-pousse », de retraverser toute la ville en pas de course pour rejoindre à l’autre bout de la cité, la «Fabrique de cornes de zébus». Une entreprise artisanale de type familial, qui se transmet depuis trois générations. De la dextérité, de la finesse et du raffinement. La maîtresse de céans, Mami, et son artisan Elisée, s’évertuaient à démontrer les différentes phases de domptage des cornes, ramassées dans les abattoirs de la ville. Le produit final, exposé dans une salle d’artisanat, est tout simplement époustouflant. Cuillères, louches, parures de femmes, objets de décorations, meublaient une salle de taille moyenne où les touristes de passage se payent quelques souvenirs.

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Retour à l’hôtel «Les Thermes ». Fin de cavale pour les pousse-pousse. Benoît et son fils, assis côte-à-côte, partagent un instant de fatigue, souffle à l’unisson. Demain, dès 5 heures du matin, les attendent un autre jour qui sera pareil à tous ceux qui se sont succédé jusque-là.


Carnet de voyage au Madagascar

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Quatre heures ! C’est ce qu’il a fallu pour avaler les 160 km qui séparent Antananarivo, capitale de Madagascar, à Antsirabe, deuxième ville du pays. Cette route sinueuse, serpentant entre les montagnes, avec des montées vertigineuses et des descentes abruptes, n’est pas recommandée aux cardiaques. Surtout avec tous ces nids de poule qui jonchent le trajet, les averses qui tombent sans crier gare et les ravins de plusieurs mètres descendant au dessus de fantomatiques villages tirés par les nuages. Tout au long de ce périlleux périple, quelques maigres étalages artisanaux, des files de gosses, sacs au dos et tenues bleues sur le maigre corps, se tapant des kilomètres pour rejoindre leur famille, malgré la violence des averses. De temps à autres, des couples aux habits trempés, marchands pieds nus, des bâtisses fermés, des marchands stoïques, sacs plastiques sur la tête.

 

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Arrivés aux environs de 2 heures du matin à l’aéroport d’Antananarivo, après un vol de dix heures par la compagnie malgache à partir de Paris pour certains, ou par la Kenya Airways pour d’autres en provenance d’autres régions d’Afrique, les journalistes et leur interminable convoi, ont eu du mal à s’ébranler. Trois heures d’attente, le temps de subir les assauts d’une meute de gosses dépenaillés, venus faire le tapine à 4 heures du matin. Sangsues  dont les voyageurs éreintés ont eu du mal à se débarrasser. Ultime étape, après une halte à Antananarivo, la ville d’Antsirabe, lieu des  45èmes assises de l’Union de la Presse Francophone (UPF).

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Accrochée aux flancs des montagnes, avec ses champs illimités de rizières où des paysans s’échinent à planter du riz à l’aide de charrues tirées par des zébus, Antananarivo, la capitale Malgache est un magnifique jardin suspendu. Elle est restée, malgré les siècles, prisonnière du temps, avec ses vestiges coloniaux et son incroyable métissage. Arabes, Indonésiens, Africains, Britanniques puis Français ont chacun eu le temps de la marquer de ses empreintes indélébiles. Avec une taille moyenne de 1, 65 mètre, les Malgaches sont de petits êtres, avec des traits asiatiques prononcés. L’extrême pauvreté  des Malgaches se lit sur leurs visages déteints, mais aussi dans ces longues processions pieds nus le long des routes, dans leur accoutrement, dans les rues en tuiles rouges, dans l’état défectueux des routes, dans ces nuées de gosses mendiants et ces multiples demoiselles à peine nubiles, accrocheuses jusqu’à la nausée. Mais ils restent un peuple travailleur et fier. Un euro équivaut à 3.430 ariary, la monnaie locale. Un hamburger coûte 14.000 ariarys, moins de 4 euros (1.600 UM).

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Après un repas copieux et un succinct briefing au restaurant-hôtel «Le Duc de la Ruche», direction Ambohimanga, avec son musée historique et sa forêt sacrée, classée en 2001 Patrimoine culturel mondial. C’est là où vécurent du 16ème au 18ème siècle, les Rois et les Reines qui ont fondé Madagascar. Le roi-bâtisseur, Andrianampoinimerina (1789-1810), puis ses successeurs jusqu’à la dernière reine, Ranavolana II, déportée par les Français en 1897. Accompagné par les explications nasillardes de Mme Ramangazon, l’un des nombreux guides du parc, le petit groupe qu’elle dirigeait a eu le loisir de visiter le Palais royale et le Palais d’été, conservés en l’état, malgré de nombreuses rénovations. Ensuite, la colline royale avec vue magnifique sur Antananarivo et sa forêt sacrée de 59 hectares. Le «Baldaquin du Roi», conservé en l’état et que des armées d’esclaves hissaient sur leurs épaules dans ses déplacements. La «Fosse à bœufs » où l’on parquait les animaux prêts pour l’abattage à l’occasion de rituels religieux ou de fêtes populaires offertes par la famille royale. Le Palais d’été de la reine, sa chambre à coucher, en bois de paillasson, comme tout le reste des bâtiments royaux, meubles classiques, style britannique, avec le «Miroir de la Vérité » offerte par la Reine Victoria d’Angleterre. La salle du conseil des ministres, avec son double encrier en argent et ses couvercles en forme de bouquins  miniaturisés. Ameublement sophistiqué, œuvre de Jean La Borde, un aventurier belge qui échoua dans les années 1800 sur les berges d’Antananarivo. Enfin, la chambre du roi et son lit suspendu au plafond et par lequel il accédait par de minuscules escaliers, presqu’invisibles. Là-haut, il écoutait les visiteurs que la Reine introduisait. S’il voulait recevoir le visiteur, il jetait une pierre et la reine entraînait son hôte dans une autre pièce, le temps que le roi descende de son perchoir. Si aucune pierre ne tombe, la reine éconduit le visiteur en lui disant que le roi est absent. Le nombre des ennemis poussait à cette prudence, soutient-on. On s’introduisait dans son palais en avançant le pied droit et on en sortait à reculons, le pied gauche devant.

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C’est là, dans cette ville d’Antsirabe, plus précisément à l’Hôtel des «Thermes » qui abrite les travaux de l’UPF et qui s’apprête à accueillir le Sommet de la Francophonie, que les Français avaient déporté en 1954 le Roi Mohamed V du Maroc. Son petit fils, Mohamed VI, hôte d’Antsirabe, s’apprête à y commémorer cet important pan colonial de l’histoire chérifienne.


Quel Trumperie pour quelle Mauritanie !

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Les félicitations empressées de la Mauritanie adressées au nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, semblent avoir trahi le trop plein de ressentiments éprouvés à l’égard de gouvernements américains successifs, qui n’ont cessé de régenter le monde et de s’immiscer dans les affaires intérieures des Etats. Ce côté trop «nationaliste » d’un Trump, dont le programme politique semble s’articuler autour du slogan «l’Amérique d’abord », a sans doute séduit certains dirigeants, dont certainement le pouvoir mauritanien, qui préfèrent régler leurs problèmes internes sans le contrôle moral d’un quelconque gendarme du monde. 

Avec la défaite d’Hillary Clinton et la victoire surprise de Donald Trump à la tête de la Maison Blanche, c’est peut-être la fin d’une certaine époque et d’une certaine façon de faire de la politique aux Etats-Unis. Exit les Démocrates, battus lors des dernières présidentielles. Exit aussi les Républicains, qui avaient fini par lâcher Trump dans le dernier virage. L’Amérique conquérante, gendarme du monde et parrain de guerre, pourrait bien laisser la place à une Amérique plus introvertie, plus tournée sur elle-même, moins intéressée par ce qui se passe dans le reste du monde. Une Amérique qui se soucierait plus de son développement économique et social, plus fermée aux immigrés et aux musulmans, qu’une Amérique qui se prendrait pour l’âme morale du monde qu’elle a déjà assez pervertie.
La Mauritanie, plus encore que beaucoup d’autres pays du monde, semble particulièrement avoir souffert de cette régence américaine et de ses immixtions dans ses affaires intérieures, notamment dans le domaine politique et celui des droits de l’homme. Une Hillary Clinton à la Maison Blanche n’aurait ainsi fait que maintenir la pression de l’Oncle Sam sur la Mauritanie, souvent épinglée, aussi bien par les Républicains que par les Démocrates.
Il faut dire que les relations entre la Mauritanie et les Etats-Unis d’Amérique ont connu des soubresauts tout au long de l’histoire politique des deux pays. Peu de gens se souviennent sans doute que la Mauritanie avait rompu avec les Etats-Unis en raison de leur participation à l’agression sioniste de juin 1967. En 1991, nouvelle rupture diplomatique entre la Mauritanie et les USA lorsqu’Ould Taya se rangea du côté de l’Irak. Pour se réconcilier avec Nouakchott, Washington exigea que la Mauritanie normalise ses relations avec Israël, accepte le processus de paix au Moyen-Orient et  rompt ses relations avec l’Irak. L’embellie de l’axe Nouakchott-Washington-Tel Aviv était d’autant plus importante pour le régime de Ould Taya, qu’elle avait fait cesser la stigmatisation de la Mauritanie dans le domaine des droits de l’homme, tout en permettant la répression des Islamistes mauritaniens. Nouakchott fut ainsi la seule capitale arabe à n’avoir pas rappelé son ambassadeur à Tel-Aviv pour protester contre Israël après l’éclatement de la seconde Intifada.
D’autre part, la Mauritanie représentait pour les Etats-Unis un point stratégique d’une importance capitale en tant que centre de contrôle de la montée de l’islamisme radicale en Afrique de l’Ouest, par sa situation sur le front atlantique et par ses gisements miniers.
Ainsi, parmi les avantages qu’ Ould Taya tira des relations privilégiées avec les Etats-Unis, et dont les dividendes furent recueillies par Mohamed Abdel Aziz, la prétention que son pays était à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme.
C’est dans ce contexte qu’il faudrait situer la condamnation par les USA du coup d’Etat contre Ould Taya en 2005 et la confiance renouvelée à l’armée par la suite, notamment au président Mohamed Abdel Aziz qui se présentera plus tard comme le champion de l’antiterrorisme par excellence.
Seulement, la rupture des relations avec Israël en 2009, allait précipiter de nouveau la brouille entre Nouakchott et Washington. En effet, le 3 mai 2009 allait éclater l’affaire du Chargé d’Affaires de l’ambassade américaine à Nouakchott, Denis Hankes, accusé d’avoir proposé à Ahmed Daddah «une aide financière moyennant la signature d’une charte ». Des voix s’élevèrent pour déclarer que « ce genre de diplomates ne peut plus rester chez nous » et d’autres s’indignèrent des «agissements irresponsables et subversifs du chargé d’affaires américain», allant jusqu’à soutenir que ce sont là, «la réaction des Etats-Unis à la fermeture de l’ambassade d’Israël à Nouakchott ».
Si certains hommes politiques demandèrent l’ouverture d’une enquête sur «cette immixtion du diplomate américain dans les affaires intérieures du pays», d’autres réclamèrent carrément son expulsion du territoire national. Mais ni le gouvernement mauritanien, encore moins l’ambassade américaine à Nouakchott n’avait réagi officiellement à cette affaire.>
Récemment, les relations entre le gouvernement Obama et le pouvoir de Nouakchott se sont de nouveau détériorés, avec les prix successifs accordés à Birame Dah Abeid président d’IRA, dont celui décerné récemment par le Secrétaire d’Etat américain, ainsi que ses audiences répétées auprès des plus grands représentants du Congrès et de la Maison Blanche. Les rencontres répétées de l’actuel ambassadeur Larry André avec les forces de l’opposition radicale, IRA, Touche pas à ma nationalité, les FPC de Samba Thiam, le FNDU, n’ont pas aussi plus au pouvoir de Nouakchott.
Avec Donald Trump aux commandes d’une Amérique où la politique étrangère risque d’être différente de toutes celles qui l’ont précédé, le régime de Mohamed Abdel Aziz se frotte les mains. D’où le message de félicitation empressé qu’il lui a adressé dès sa victoire à l’élection présidentielle. Son ancien conseiller à la communication, El Kounty, s’est même fendu d’un article saluant le «retour du discours nationaliste», comparant la victoire de Donald Trump, un novice en politique, à celle de Mohamed Abdel Aziz en 2009. Tous les deux auraient, selon lui, prouvé que le peuple soutient toujours les leaders nationalistes, même si leurs ennemis les taxent de dictatoriaux ou de véhiculer des discours populistes.