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Partis pour laver un affront, les Mauritaniens se font humilier dans une émission divertissante à Abidjan

Un groupe de Mauritaniens, dirigé par l’Imam Sarr, se sont faits humilier à Abidjan par la Chaine NCI, auteur d’un affront envers les Mauritaniens, en acceptant de participer à une émission de divertissement animée par un comédien et en voyant leur droit de réponse noyé dans un talk-show.

La journée du mercredi 24 août 2022 restera dans la mémoire des Mauritaniens de Côte d’Ivoire comme la journée la plus sombre de leur histoire, selon certains de leurs représentants, à l’image de Mohamed Ibrahim, journaliste et organisateur d’évènements. Pire encore que cette émission au cours de laquelle, le coach de NCI, Jean-François Yoman, avait insulté tout un pays en soutenant que « c’est normal et culturel en Mauritanie qu’une femme ait plusieurs maris ».

Cette affaire semble avoir été mal gérée par l’ambassadeur de Mauritanie en Côte d’Ivoire, selon les mêmes sources, au point que parmi la colonie mauritanienne, nombreux sont ceux qui sont allés jusqu’à réclamer son limogeage pour avoir commis une faute diplomatique d’une extrême gravité.

Non seulement, l’ambassadeur et son équipe auraient accepté de participer à la mauvaise émission, en jouant le jeu de la chaîne NCI qui se tire d’une bonne affaire en noyant le droit de réponse des Mauritaniens pour affront national dans une émission de divertissement. Pire, l’ambassadeur aurait ignoré la colonie en excluant les 50.000 Mauritaniens de Côte d’Ivoire, qui comptent pourtant parmi eux, des intellectuels de haut niveau et des imams.

Selon la colonie mauritanienne, l’ambassadeur devrait exiger que le droit de réponse soit donné dans les mêmes formes et dans la même émission-débat au cours de laquelle l’insulte de la Mauritanie a été proférée. Même si l’émission est actuellement en pause, pour vacances, attendre sa reprise en début septembre. Mais en aucune manière, l’ambassadeur ne devrait, selon les membres de la colonie, accepter de participer à un carnaval musical où les Mauritaniens étaient sensés montrer leur culture, leurs accoutrements, leurs modes culinaires, leur art, etc.

L’instant, pour eux, était grave au point où l’exigence était de ne pas s’exhiber, mais de réparer un tort moral infligé non pas seulement au peuple mauritanien, mais au monde musulman. En élargissant la sphère de l’affront, la réponse mauritanienne dans une véritable émission de débat aurait eu plus d’écho, si l’on sait que les musulmans représentent une bonne portion de la population ivoirienne.

Résultat, l’imam Sarr et sa délégation, deux jeunes filles inexpérimentées, se sont retrouvés piégés, coincés dans une émission où ils partageaient le plateau avec un animateur comédien du non de Zonga et de jeunes artistes ivoiriens. Le comble de l’humiliation est qu’ils n’ont pas eu plus de 8 minutes de parole, dont 1, 5 minutes de réponse de l’imam à l’affront de Jean-François Yoman, pour une émission qui a duré 55 minutes. Pourtant, il aurait été question de 40 minutes accordées à la délégation, selon les termes de l’accord qu’une consultante en communication recrutée par l’ambassade aurait négocié avec la chaine.

Le débat anime aujourd’hui la plateforme de la section mauritanienne de l’Union de la Presse Francophone (UPF), qui avait la première sonné l’alerte en portant à la connaissance de l’opinion publique mauritanienne le contenu du débat de la chaîne NCI, ainsi que plusieurs autres réseaux sociaux.

Aujourd’hui, la cause semble avoir été entendue. L’affront a été lavée par un laconique pardon que l’Etat mauritanien, par la bouche de l’imam Sarr aurait accordé à la chaîne et à son consultant. Le dossier apparemment est clos, sauf si dans un mouvement de prise de conscience, les autorités nationales décidaient de revoir leur position par rapport à une affaire qui continue de courroucer une partie importante de l’opinion nationale.

Cheikh Aïdara


Kaédi : Le Commissariat aux Droits de l’Homme distribue des quantités de nourriture pour 400 familles touchées par les inondations

Le Commissaire adjoint aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Rassoul Ould Khal, accompagné du Wali de Gorgol, M. Ahmedna Ould Sidi Ebba, a procédé, samedi 27 août 2022, au lancement d’une opération de distribution d’importantes quantités de vivres au profit de 400 familles affectées par les récentes inondations dans la ville de Kaédi.

L’aide fournie comprend du riz, du sucre, du lait en poudre, des pâtes, du thé vert et de l’huile alimentaire, ainsi que du matériel de nettoyage et de stérilisation ainsi que des moustiquaires imprégnées.

Dans une déclaration à l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI), le Commissaire adjoint a confirmé que cette aide vient en application des directives de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazwani, visant à soutenir les personnes touchées par les récentes pluies à Kaédi.

Il a ajouté que son département a élaboré un plan national d’intervention globale prévue pour de telles circonstances dans le cadre de l’action humanitaire qu’elle pilote. L’objectif selon lui est d’apporter de l’aide aux personnes affligées. Il a noté que la sélection des bénéficiaires a été effectuée en coordination avec l’administration locale et les organismes de la société civile, sur la base d’une évaluation de la situation de terrain visant à identifier les personnes concernées.

De son côté, le Wali du Gorgol a déclaré apprécier le soutien du Commissariat aux Droits de l’Homme à la population à travers cet appui diversifié et en quantités importantes. Cela reflète clairement, selon lui, le rôle pivot que joue le département, rôle qui d’après lui, s’inscrit en  droite ligne dans l’ambitieux programme communautaire de Son Excellence le Président de la République, qui accorde la priorité au soutien des groupes vulnérables.

Pour sa part, le Président du Conseil Régional du Gorgol, M. Bâ Amadou a exprimé sa joie pour cette importante intervention au profit des personnes affectées à Kaédi, soulignant qu’elle intervient au bon moment, quelques jours après les inondations qui ont balayé plusieurs quartiers de la ville.

Le lancement de la distribution s’est déroulée en présence du préfet de Kaédi, de plusieurs cadres du Commissariat aux Droits de l’Homme et des autorités sécuritaires de la Wilaya.

Cheikh Aidara


Réduction des risques de catastrophes et changements climatiques, sept pays du Sahel à l’école du PNUD à Nouakchott

Nouakchott a abrité du 23 au 25 août 2022, un atelier sous-régional organisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), par le biais du « Projet Régional de résilience dans le Sahel ». L’atelier a été organisé à l’intention de 7 pays du Sahel sur l’intégration de la réduction des risques de catastrophe et l’adaptation aux changements climatiques dans le développement.

Le Représentant du SNU en Mauritanie au cours de son discours avec, la Coordinatrice du PNUD (à droite)- Crédit Aidara

Pendant trois jours, du 23 au 25 août 2022, une trentaine de participants venus du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Nigéria, du Sénégal et du Tchad, en plus de la Mauritanie, ont assisté à un atelier de formation sous-régional sur l’intégration de la réduction des risques de catastrophe et l’adaptation aux changements climatiques dans le développement. C’était avec la participation d’agences des Nations Unies comme l’UNICEF et la FAO, d’organismes régionaux telles que les commissions de la CEDEA et de l’Union africaine, ainsi que le centre régional AGRHYMET/CILSS de Niamey.

L’ouverture officielle de l’atelier a été marquée par le discours du Représentant Résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), par intérim Représentant du Système des Nations Unies (SNU) en Mauritanie, en présence de la Coordinatrice du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

Plusieurs communications ont été présentées au cours de l’atelier, dont l’approche développée par le PNUD pour faire face aux risques de catastrophe et les changements climatiques, ainsi que leur intégration dans les programmes de développement des pays du Sahel.

Chaque pays, selon son contexte et ses opportunités choisira ainsi une ou deux portes d’entrée parmi les cinq contenus dans l’approche PNUD, notamment les connaissances (le savoir), les politiques, les finances, l’organisation ou les parties prenantes, avec la participation de la société civile et le secteur privé.

Les participants ont ainsi pu suivre un panel sur les expériences du Nigéria et de la Mauritanie et les opportunités offertes par la Commission de l’Union africaine par rapport à l’Agenda 2063, partant du postulat que « tout développement non sensible aux risques n’est pas viable » selon son représentant.

Il est ressorti de l’atelier, la faible capacité des pays à mettre en œuvre leurs plans d’actions et stratégies de ripostes face aux crises, comme les deux plans infructueux de la Mauritanie en 2005 et en 2009, mais aussi la difficulté à mobiliser les ressources pour juguler les effets néfastes des changements climatiques et des risques de catastrophes, tels que l’accès au Fond Vert pour le Climat, ou encore au Fond d’adaptation aux changements climatiques. Toutes difficultés que les pays pourront être en mesure de surmonter à l’issue de l’atelier de Nouakchott au cours duquel des experts du PNUD, de la FAO, d’AGRHYMET et de l’UNICEF, ont apporté des réponses étayées.

Il faut rappeler que les participants à l’atelier de Nouakchott sont issus de départements ministériels et d’institutions publiques au cœur des décisions dans leur pays respectif, ce qui selon les organisateurs permettra de garantir la mise en œuvre effective des connaissances acquises et des recommandations issues de la rencontre.

Cheikh Aïdara


« Le Rapporteur Tomoya Obokata confirme l’existence de l’esclavage en Mauritanie devant l’Assemblée Générale des Nations Unies » communiqué de SOS Esclaves

Une fois encore, le Rapporteur Spécial sur les nouvelles formes de l’esclavage, Tomoya Obokata, vient de confirmer devant l’Assemblée Générale des Nations Unies l’existence de l’esclavage en Mauritanie. Le Rapporteur Spécial a présenté devant l’Assemblée les recommandations adressées à la Mauritanie à l’issue de sa dernière visite en mai dernier.

Parmi ces recommandations, la création d’un fonds spécial pour la prise en charge des victimes, la facilitation à leur accès à l’état civil, l’application correcte de la loi 031/2015 criminalisant l’esclavage et de tout l’arsenal juridique dédié à combattre le trafic des personnes, l’exploitation des enfants, le travail forcé et la violence basée sur le genre.

La position aujourd’hui exprimée par le Rapporteur Spécial devant l’Assemblée Générale des Nations Unies sur l’existence de l’esclavage en Mauritanie a toujours été celle de « SOS Esclaves » qui n’a de cesse interpellé les autorités sur la nécessité de prendre des actes forts visant à combattre l’esclavage et sur l’urgence de l’application effective de la loi et l’amélioration des conditions d’existence des victimes, loin de la surenchère et de la manipulation entreprises par certains segments comme stratégie basée sur la dénégation, la fuite en avant et la diabolisation des militants des droits de l’homme. 

« SOS Esclaves » note avec satisfaction la reconnaissance officielle que les approches jusque-là adoptées par les régimes mauritaniens successifs étaient fausses. Aussi, nous nous félicitons de la conformité de notre position sur l’esclavage avec celle du Rapporteur Spécial des Nations Unies.

« SOS Esclaves » demande à tous les acteurs administratifs et judiciaires de concrétiser effectivement la volonté exprimée à travers l’application sérieuse et rigoureuse de la loi pour plus d’équité en faveur des victimes de l’esclavage. 

« SOS Esclaves » rappelle l’urgence de la création rapide d’un fonds spécial dédié à la prise en charge des victimes de l’esclavage.

Enfin, « SOS Esclaves » confirme la justesse de son approche d’identification, de documentation des cas d’esclavage et de toute autre forme d’exploitation ou d’humiliation de l’homme par l’homme.

Nouakchott, le 22 /8/2022

Bureau Exécutif