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A Kaédi, le Commissariat à la Sécurité Alimentaire au secours des sinistrés

Le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) a lancé une série de distribution de vivres et d’abris, sur instruction de sa première responsable, sur l’ensemble du territoriale suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers jours. La ville de Kaédi, capitale du Gorgol, a été la plus sinistrée, suscitant le déplacement sur place du président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani. Les services du CSA ont ainsi procédé sur place à des opérations de distributions qui ont permis de soulager la souffrance des populations.

Les actions du CSA ont ainsi permis de couvrir quelques 1 500 familles endommagées et fortement affaiblies déjà par la flambée des prix des produits de première nécessité, ainsi que les effets de la pandémie COVID-19.

Les populations de Kaédi ont particulièrement salué l’intervention prompte des services du CSA et l’efficacité des actions qui ont compris dans les kits offerts aux populations, outre des produits comme le riz, le sucre, le lait, des produits de désinfection qui auraient dû être fournis par d’autres départements ministériels, selon certains observateurs.   

M. Sao, un quinquagénaire du quartier Guattaga, de souligner que « les équipes du CSA au niveau du Gorgol ont fait montre de dévouement et d’engagement réel, suite aux recommandations formulées par le Président de la République lors de sa visite, de faire tout pour alléger la souffrance des sinistrés ».

Un membre du parti au pouvoir, INSAF, originaire de la ville et qui est venu sur place pour participer dans l’anonymat à l’effort de solidarité, a soutenu que « le CSA fait partie des départements les plus performants en ressources humaines et en compétences ». Selon lui, « c’est une aubaine qu’une telle campagne de sauvetage des populations de Kaédi ait été confiée à une équipe engagée, soucieuse des orientations du Président de la République, ainsi que du bien-être des populations déstabilisées depuis plusieurs années par les aléas climatiques ». 

D’après M. Touré Yéro, spécialiste de l’Environnement à la retraite, « le dérèglement climatique a profondément changé la donne pluviométrique en Mauritanie ». Après plus d’une décennie de sécheresse, il explique que les pluies sont devenues d’année en année, encore plus importantes et dangereuses, rappelant les inondations de Tintane en 2008, Rosso en 2009, Nouakchott en 2014, Sélibaby en 2019, le Tagant, Gorgol et encore Nouakchott en 2022.

Pour Yéro Touré, le pays va désormais faire face à des cycles d’inondations. Outre les actions que l’Etat devra entreprendre pour mettre en place des ouvrages d’évacuation des eaux, des moyens supplémentaires doivent être accordées aux services de la protection civile en plus de leur déploiement dans toutes les régions et départements du pays.

Les actions du CSA doivent également être renforcées, selon lui, pour optimiser sa capacité opérationnelle et de stockage, mais aussi son expérience dans ce type d’intervention d’urgence. D’où des moyens financiers additionnels qu’il trouve urgent à mettre à la disposition de ses services décentralisés.

Cheikh Aïdara


Le développement tenant compte des risques pour soutenir la résilience au climat et aux catastrophes dans le Sahel

Nouakchott, 25 août – Une cinquantaine de participants de sept pays du Sahel occidental et du bassin du lac Tchad[1] ont pris part à une formation interactive sur l’intégration de la réduction des risques de catastrophe et de l’adaptation au changement climatique dans la prise de décision en matière de développement à Nouakchott, en Mauritanie, du 23 au 25 août, la première du genre en Afrique de l’Ouest, à l’invitation du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la Suède.

« Dans la pratique, la réduction des risques de catastrophe et l’adaptation au changement climatique se complètent ; ce sont les deux faces d’une même pièce avec un objectif commun, qui est de réduire la vulnérabilité des communautés aux événements météorologiques extrêmes actuels et futurs, » a expliqué Anna Tjärvar, Conseillère à l’ambassade de Suède à Addis-Abeba et chargée de programme pour l’environnement, le changement climatique et les énergies renouvelables dans une allocution vidéo.

Les coûts élevés des impacts des catastrophes et du changement climatique liés aux sécheresses, aux incendies, aux inondations et aux épidémies justifient une approche différente du développement qui tienne compte des multiples risques sous-jacents auxquels les populations sont exposées.

« Les acquis du développement restent fragiles et sont remis en cause par de nouvelles menaces, notamment les impacts du changement climatique ; ces menaces sont interconnectées, traversent les frontières nationales et se produisent simultanément, » a déclaré Cheikh Fall, coordinateur résident a.i. des Nations Unies en Mauritanie.

Pour cette formation, le Projet de résilience dans le Sahel du PNUD, soutenu par la Suède, s’est associé à des agences des Nations Unies telles que la FAO et l’Unicef, ainsi qu’à des institutions régionales, à savoir les Commissions de l’Union africaine et de la CEDEAO et le centre climatique AGRYMET/CILSS basé à Niamey, afin de renforcer les capacités des fonctionnaires dans sept pays partenaires du Sahel.

« La formation arrive à point nommé alors que les pays se préparent à la COP27 sur le changement climatique, où les questions du risque climatique et du développement seront amplement débattues, » a souligné M. Fall.

La Vision 2025 de la CEDEAO, et l’initiative Hydro-Met, ont permis des avancées significatives dans les politiques des États membres en matière d’environnement, d’agriculture, de sécurité alimentaire, de réduction des risques de catastrophe et d’adaptation au changement climatique.

« La variabilité du climat et les événements extrêmes constituent aujourd’hui des risques majeurs pour le développement durable, et il existe des preuves scientifiques irréfutables[2] que ces menaces vont s’accélérer dans les décennies à venir, » a déclaré Mohammed Ibrahim, chef de la division de la réduction des risques de catastrophe et des affaires humanitaires à la Commission de la CEDEAO à Abuja.

« L’intégration de la gestion des risques climatiques dans les processus de planification et de décision en matière de développement permet désormais d’exploiter les synergies entre le développement, l’adaptation au changement climatique et la réduction des risques de catastrophe, » a ajouté M. Ibrahim.

L’approche présentée aux participants à la formation de Nouakchott a été développée par le PNUD en réponse aux demandes répétées de conseils pratiques sur l’intégration de la réduction des risques de catastrophe et de l’adaptation au changement climatique dans le développement et l’Agenda 2030.[3]

En tant que processus stratégique à long terme, le développement tenant compte des risques vise à intégrer les risques liés au climat  et de catastrophe dans les processus de planification et de budgétisation du développement aux niveaux national, sous-national et sectoriel. Il reconnaît la complexité des contextes de risque, qui sont également caractérisés par l’insécurité, les épidémies et la volatilité économique.

À la fin de la formation de trois jours, les participants retournent dans leurs pays respectifs du Sahel occidental et du bassin du lac Tchad avec un menu d’actions concrètes pour faire progresser le développement tenant compte des risques conformément à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Pour plus d’informations :

Cheikhna Ahmed Aidara, Chargé de communication, PNUD en Mauritanie

Reshmi Theckethil, Cheffe du Projet de résilience dans le Sahel, Centre sous-régional du PNUD pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Abuja/Dakar

Angelika Planitz, Team Leader, Réduction des risques de catastrophe, Bureau des crises du PNUD


[1] Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal et Tchad.

[2] Rapport de synthèse du GIEC AR6 : Climate Change 2022 (en anglais)

[3] PNUD (2020). Risk-Informed Development : Un outil stratégique pour intégrer la réduction des risques de catastrophe et l’adaptation au changement climatique dans le développement, Programme des Nations unies pour le développement (traduction française également disponible).


Partis pour laver un affront, les Mauritaniens se font humilier dans une émission divertissante à Abidjan

Un groupe de Mauritaniens, dirigé par l’Imam Sarr, se sont faits humilier à Abidjan par la Chaine NCI, auteur d’un affront envers les Mauritaniens, en acceptant de participer à une émission de divertissement animée par un comédien et en voyant leur droit de réponse noyé dans un talk-show.

La journée du mercredi 24 août 2022 restera dans la mémoire des Mauritaniens de Côte d’Ivoire comme la journée la plus sombre de leur histoire, selon certains de leurs représentants, à l’image de Mohamed Ibrahim, journaliste et organisateur d’évènements. Pire encore que cette émission au cours de laquelle, le coach de NCI, Jean-François Yoman, avait insulté tout un pays en soutenant que « c’est normal et culturel en Mauritanie qu’une femme ait plusieurs maris ».

Cette affaire semble avoir été mal gérée par l’ambassadeur de Mauritanie en Côte d’Ivoire, selon les mêmes sources, au point que parmi la colonie mauritanienne, nombreux sont ceux qui sont allés jusqu’à réclamer son limogeage pour avoir commis une faute diplomatique d’une extrême gravité.

Non seulement, l’ambassadeur et son équipe auraient accepté de participer à la mauvaise émission, en jouant le jeu de la chaîne NCI qui se tire d’une bonne affaire en noyant le droit de réponse des Mauritaniens pour affront national dans une émission de divertissement. Pire, l’ambassadeur aurait ignoré la colonie en excluant les 50.000 Mauritaniens de Côte d’Ivoire, qui comptent pourtant parmi eux, des intellectuels de haut niveau et des imams.

Selon la colonie mauritanienne, l’ambassadeur devrait exiger que le droit de réponse soit donné dans les mêmes formes et dans la même émission-débat au cours de laquelle l’insulte de la Mauritanie a été proférée. Même si l’émission est actuellement en pause, pour vacances, attendre sa reprise en début septembre. Mais en aucune manière, l’ambassadeur ne devrait, selon les membres de la colonie, accepter de participer à un carnaval musical où les Mauritaniens étaient sensés montrer leur culture, leurs accoutrements, leurs modes culinaires, leur art, etc.

L’instant, pour eux, était grave au point où l’exigence était de ne pas s’exhiber, mais de réparer un tort moral infligé non pas seulement au peuple mauritanien, mais au monde musulman. En élargissant la sphère de l’affront, la réponse mauritanienne dans une véritable émission de débat aurait eu plus d’écho, si l’on sait que les musulmans représentent une bonne portion de la population ivoirienne.

Résultat, l’imam Sarr et sa délégation, deux jeunes filles inexpérimentées, se sont retrouvés piégés, coincés dans une émission où ils partageaient le plateau avec un animateur comédien du non de Zonga et de jeunes artistes ivoiriens. Le comble de l’humiliation est qu’ils n’ont pas eu plus de 8 minutes de parole, dont 1, 5 minutes de réponse de l’imam à l’affront de Jean-François Yoman, pour une émission qui a duré 55 minutes. Pourtant, il aurait été question de 40 minutes accordées à la délégation, selon les termes de l’accord qu’une consultante en communication recrutée par l’ambassade aurait négocié avec la chaine.

Le débat anime aujourd’hui la plateforme de la section mauritanienne de l’Union de la Presse Francophone (UPF), qui avait la première sonné l’alerte en portant à la connaissance de l’opinion publique mauritanienne le contenu du débat de la chaîne NCI, ainsi que plusieurs autres réseaux sociaux.

Aujourd’hui, la cause semble avoir été entendue. L’affront a été lavée par un laconique pardon que l’Etat mauritanien, par la bouche de l’imam Sarr aurait accordé à la chaîne et à son consultant. Le dossier apparemment est clos, sauf si dans un mouvement de prise de conscience, les autorités nationales décidaient de revoir leur position par rapport à une affaire qui continue de courroucer une partie importante de l’opinion nationale.

Cheikh Aïdara


Kaédi : Le Commissariat aux Droits de l’Homme distribue des quantités de nourriture pour 400 familles touchées par les inondations

Le Commissaire adjoint aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Rassoul Ould Khal, accompagné du Wali de Gorgol, M. Ahmedna Ould Sidi Ebba, a procédé, samedi 27 août 2022, au lancement d’une opération de distribution d’importantes quantités de vivres au profit de 400 familles affectées par les récentes inondations dans la ville de Kaédi.

L’aide fournie comprend du riz, du sucre, du lait en poudre, des pâtes, du thé vert et de l’huile alimentaire, ainsi que du matériel de nettoyage et de stérilisation ainsi que des moustiquaires imprégnées.

Dans une déclaration à l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI), le Commissaire adjoint a confirmé que cette aide vient en application des directives de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazwani, visant à soutenir les personnes touchées par les récentes pluies à Kaédi.

Il a ajouté que son département a élaboré un plan national d’intervention globale prévue pour de telles circonstances dans le cadre de l’action humanitaire qu’elle pilote. L’objectif selon lui est d’apporter de l’aide aux personnes affligées. Il a noté que la sélection des bénéficiaires a été effectuée en coordination avec l’administration locale et les organismes de la société civile, sur la base d’une évaluation de la situation de terrain visant à identifier les personnes concernées.

De son côté, le Wali du Gorgol a déclaré apprécier le soutien du Commissariat aux Droits de l’Homme à la population à travers cet appui diversifié et en quantités importantes. Cela reflète clairement, selon lui, le rôle pivot que joue le département, rôle qui d’après lui, s’inscrit en  droite ligne dans l’ambitieux programme communautaire de Son Excellence le Président de la République, qui accorde la priorité au soutien des groupes vulnérables.

Pour sa part, le Président du Conseil Régional du Gorgol, M. Bâ Amadou a exprimé sa joie pour cette importante intervention au profit des personnes affectées à Kaédi, soulignant qu’elle intervient au bon moment, quelques jours après les inondations qui ont balayé plusieurs quartiers de la ville.

Le lancement de la distribution s’est déroulée en présence du préfet de Kaédi, de plusieurs cadres du Commissariat aux Droits de l’Homme et des autorités sécuritaires de la Wilaya.

Cheikh Aidara