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Phase 2 Projet SWEDD, la Première Dame donne le top à Kaédi

En présence de six ministres, six Walis, six présidents de Conseils régionaux, plusieurs directeurs centraux, et plusieurs élus et chefs de corps constitués, la Première Dame, Dr. Marième Fadel Dah, a lancé le 7 juin dernier, à Kaédi, la deuxième phase du Projet Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD).

La Première Dame au premier plan, entourée du Wali du Gorgol et du Ministre des Affaires Economiques- Crédit Aidara

« Il est de bonne augure que cette phase soit lancée à partir du Gorgol, cette région qui a offert au pays, des femmes illustres qui ont été des pionnières pour avoir porté tôt et haut la cause de l’émancipation de la femme mauritanienne », a déclaré Dr. Marième Fadel Dah. Dans le sillage de ce témoignage, lors du lancement de la Phase 2 du Projet SWEDD (2021-2024), le 7 juin 2021 à Kaédi, la docteure a salué les avancées enregistrées lors de la première phase du Projet (2015-2020).

Intensification des activités et mise à l’échelle

Dr. Marieme Fadel Dah Crédit Aidara

 « Grâce à la première phase du projet, des avancées significatives ont été enregistrées dans notre pays, ainsi les enquêtes ont relevé une tendance à la baisse de l’indice synthétique de fécondité et de la mortalité maternelle et une hausse de la prévalence contraceptive et du taux moyen de scolarisation effective des filles » a affirmé Dr. Marième Fadel Dah.

Globalement selon elle, 30.0000 filles ont été touchées par la campagne de communication pour le changement comportemental et social, 11.000 ont bénéficié d’aides sous forme de bourses, de fournitures et de service de transport scolaires, 5.000 ont bénéficié de services de santé reproductive, maternelle, néonatale infantile et nutritionnelle, plus de 2.000 filles ont bénéficié de formation qualifiante et 120 microprojets financés au profit de ces dernières dans le domaine des activités génératrices de revenus.

La Première Dame a rappelé l’objectif visé par cette deuxième phase du projet SWEDD, qui est d’intensifier ses activités et de les porter à l’échelle au niveau national par son extension à deux Wilayas supplémentaires, le Brakna et le Gorgol, qui viennent ainsi s’ajouter aux quatre régions cibles de la phase 1, en l’occurrence les deux Hodhs, l’Assaba et le Guidimagha. Elle a mis l’accent sur les défis liés à la scolarisation des filles et à leur rétention à l’école, à l’autonomisation économique des jeunes filles déscolarisées, mais aussi aux méfaits du mariage précoce, des grossesses rapprochées et des violences basées sur le genre, sans oublier les contraintes liées au contexte de la pandémie du COVID19.

Une connexion avec les programmes du gouvernement

M. Ousmane Mamoudou Kane – Crédit Aidara

Auparavant, le Ministre des Affaires Economiques et de la Promotion des Secteurs Productifs, M. Ousmane Mamoudou Kane, avait mis l’accent sur la convergence des intérêts entre le Projet SWEDD et certaines thématiques fortes des engagements du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, relatives à l’éducation, à la santé, à la réduction de la pauvreté et des inégalités. Selon lui, « les évaluations menées à la fin de la première phase qui vient de s’achever, font ressortir des résultats probants qui créent un intérêt pour cette expérience, et la famille SWEDD ne cesse de s’élargir à de nouveaux pays et le SWEDD en compte d’ailleurs aujourd’hui neuf ». Il a remercié dans ce cadre le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), l’Union Africaine, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) et les autres partenaires, les acteurs non étatiques pour leurs rôles respectifs dans la préparation de ce lancement et pour leurs efforts louables au service de l’autonomisation des femmes.

Relance économique par l’autonomisation des femmes

SEM. Saidou Kaboré – Crédit Aidara

Pour sa part, le Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, M. Saidou Kaboré, a insisté sur la relation inextricable entre relance économique et valorisation du potentiel des femmes, comme le recommande la Banque Mondiale dans son dernier rapport. C’est dans ce cadre qu’il a salué la volonté du Président Ghazouani « de faire de l’autonomisation des femmes, un élément moteur du développement durable en Mauritanie ». Et de rappeler que ledit rapport de la Banque Mondiale indique que « sur les niveaux de richesses en capital humain, la Mauritanie a perdu environ 21 milliards en 2014 et 24 milliards de dollars US de gain, en raison des inégalités genre, donc en termes de faible participation des femmes à la création de richesses en capital humain ».

Il a adressé dans ce cadre ses félicitations au gouvernement mauritanien pour son engagement dans cette seconde phase du projet SWEDD qui vise à doter les filles et les femmes de capacités et de potentiels pour contribuer au développement du pays. Cela passe, selon lui, par le maintien et la réussite des filles et des femmes à l’école, la fin du mariage des enfants, des mutilations génitales féminines, des décès maternels évitables, des violences faites aux femmes et aux filles.

La Représentante résidente de la Banque Mondiale en Mauritanie, Mme Christina Isabel Santos, avait remercié la Première Dame pour son engagement dans les thématiques portées par le projet SWEDD et pour avoir pris de son temps pour venir lancer à Kaédi, la deuxième phase du projet. Elle a souligné le leadership joué par la Mauritanie durant la première phase, ce qui lui a permis d’avoir toujours été cité en exemple au niveau du Sahel. Elle a rappelé l’augmentation de l’enveloppe dévolue à la Mauritanie qui passe de 15 millions de dollars pour la première phase à 60 millions de dollars U.S pour cette seconde phase, ainsi que l’élargissement des Wilayas ciblées, qui passent de 4 à 6, Hodh Echarghi, Hodh Gharbi, Assaba, Guidimagha, Gorgol et Brakna.

Le plaidoyer des élus du Gorgol

Successivement, le maire de Kaédi, M. Tahara Baradji et le Président du Conseil Régional du Gorgol, M. Bâ Amadou, ont salué l’importance que le Président Ghazouani accorde à leur région, rappelant le choix de Mbout pour le lancement de l’école républicaine et la présente cérémonie pour le lancement de la Phase 2 du Projet SWEDD à Kaédi. Ils ont lancé un plaidoyer en faveur de la scolarisation des filles, indiquant que la déperdition scolaire des filles reste un sérieux problème au Gorgol, ainsi que le mariage des enfants, les grossesses précoces, les insuffisances au niveau des structures de santé ainsi que les faibles opportunités offertes aux femmes et aux filles de la Wilaya.

L’ambiance au rendez-vous

La Première Dame était arrivée tôt le matin du lundi 7 juin 2021 à l’aéroport de Kaédi par vol spécial de la Mauritania Airlines, avec un comité d’accueil réduit. Sur l’esplanade de la Gouvernance de Kaédi, une vaste tente aux multiples coupoles abritait déjà des délégations venues de plusieurs régions. Pas moins de cinq ministres étaient présents, Affaires Economiques, Santé, Education, Emploi et Culture, en plus de la représentante de la Ministre des Affaires Sociales. Etaient aussi présents les Walis et les présidents de Conseils Régionaux du Gorgol, Brakna, Guidimagha, Assaba et les deux Hodhs.

Les populations de Kaédi à l’accueil de la Première Dame – Crédit Aidara

Après les échanges de discours, Dr. Marième Fadel Dah a remis des prix aux lauréates du Baccalauréat et du Brevet issues de ces régions de l’intérieur du pays, avant de visiter les quatre stands d’exposition dressés à l’occasion, le stand du Ministère des Affaires Sociales, celui du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, celui du Ministère de la Santé et celui du Ministère de l’Education Nationale.  

Après avoir écouté l’hymne national chanté par des élèves du fondamental, elle a procédé à la coupure du ruban symbolique pour le lancement de la campagne de sensibilisation et de communication autour des thèmes du projet SWEDD, sous le slogan « Stronger Together » (Plus forts ensemble).

Cheikh Aïdara


Première activité du nouveau Commissaire aux droits de l’homme : « la Mauritanie a enregistré un bond qualitatif dans la lutte contre l’esclavage »

Pour sa première sortie officielle depuis sa nomination le 26 mai 2021, le nouveau Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Cheikh Ahmedou Ould Ahmed Salem Ould Sidi, a présidé une rencontre sur la loi 2015-031 incriminant l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes. Cette activité a été organisée le 8 juin 2021, en collaboration avec le Bureau Mauritanie du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme et le Projet Bridge du BIT.

« La Mauritanie a enregistré un bond qualitatif dans la lutte contre l’esclavage et toutes ses formes contemporaines, ce qui a été hautement apprécié par l’ensemble des partenaires et des acteurs actifs dans le domaine » a-t-il souligné.

La rencontre s’est penchée sur l’application de la Loi 2015-031 et les mesures prises par la Mauritanie pour consolider l’arsenal juridique et institutionnel relatif à la lutte contre l’esclavage. Il a rappelé dans ce cadre la ratification par le pays des plus importantes conventions internationales des droits de l’homme, l’adoption d’une loi incriminant les pratiques esclavagistes ainsi que la création de tribunaux spécialisés dans ce domaine et l’adoption d’une loi sur l’aide judiciaire.

Dans son intervention, le Commissaire a souligné que son département a adopté un plan d’action national pour éradiquer le trafic des personnes dans toutes ses formes, y compris le travail forcé.

Il a ajouté que les dispositions sont prises dans le cadre de ce plan d’action national pour réaliser une étude sociologique spécialement destinée à cerner le phénomène du travail précoce et du travail forcé pour établir un diagnostic sur sa dynamique, ses causes, ses manifestations et les solutions pour y mettre fin.

La rencontre s’est déroulée en présence du Ministre de la Justice, du Commissaire adjoint aux droits de l’homme, du Chef du bureau du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’Homme à Nouakchott et du Président de la Commission nationale pour les droits de l’homme.

Cheikh Aïdara


A propos des nominations au Commissariat aux droits de l’Homme : Ould Boukhreïss cible d’une campagne mensongère

Quelques sites arabophones, deux en réalité, ont évoqué les récentes nominations que l’ex-Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Mohamed El Hassen Ould Boukhreïss, a opéré au sein de son département, avant sa nomination comme Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

Les commentaires tissés autour de ces nominations ont poussé ces sites à aller jusqu’à accuser le Commissaire de pratiques délictuelles.

Un site, en particulier « El Ilam » a poussé le bouchon trop loin en faisant accompagner l’information par un commentaire sans équivoque où il associe ces nominations au « vent de corruption et de gabegie qui règne », selon ses propres termes.

Interrogé à ce propos, une source proche du Commissariat aux Droits de l’Homme a affirmé que Ould Boukhreïss a tout simplement pourvu le nouvel organigramme et n’a fait que confirmer des employés qui occupaient les mêmes postes ou qui n’avaient pas de fonctions. « Il s’agit de l’opérationnalisation du nouvel organigramme avec la nomination des chefs de service et chefs de division, après les nominations des conseillers et directeurs en janvier dernier. Aucun employé n’a été recruté. » Et d’ajouter : » Ce mouvement a concerné uniquement le personnel en service au Commissariat avant la nomination de M. Boukhreiss en 2019« .

Et de poursuivre : « Boukhreïss a laissé un excellent souvenir au Commissariat sur les plans des réformes, des réalisations, des acquis pour le personnel et des avancées multiformes. Et ce n’est pas la désinformation qui ternira son bilan et sa bonne réputation ».

Mais en fait la désinformation, la calomnie gratuite et les campagnes de diffamation prennent de plus en plus de l’ampleur dans un milieu de la presse où la bonne graine se mêle inextricablement à l’ivraie.

Il faut dire que le métier de journaliste est de plus en plus dévoyé en Mauritanie, la porte étant grande ouverte à des aventuriers de toute sorte qui ont envahi le milieu et qui jouent de plus en plus des rôles de despérados à la solde de quelques milieux occultes. Cette campagne qui vise le Commissaire ressemble fortement à celles qui fleurissent ici et là ces temps-ci, allant jusqu’à toucher les forces de défense et de sécurité.

Cheikh Aïdara


Développement durable, capital humain, autonomisation des femmes… Le Forum de Bamako a tenu ses promesses

La 21ème édition du Forum de Bamako, lieu d’échanges annuels, s’est tenue du 20 au 22 mai 2021, avec la participation de délégations venues de la Mauritanie, du Sénégal, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad. Au menu, « Démographie, Paix et Sécurité au Sahel » sous les auspices du Bureau Régional du Fonds des Nations Unies pour la Population pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (UNFPA WCARO) et plusieurs partenaires.

Vue des participants

Comme chaque année, la 21ème édition du Forum de Bamako, a drainé des personnalités venues du Sahel. Région en proie à des fragilités diverses, le Sahel est au cœur de la contribution de l’UNFPA aux réflexions et aux solutions destinées à atténuer ces fragilités. C’est dans ce cadre qu’a été mis en œuvre cette initiative sur « la démographie, la paix et la sécurité » pour susciter les échanges et la réflexion sur ce sujet central.

Ouverture officielle

L’ouverture officielle du Forum de Bamako pour l’édition 2021 a été marquée par des échanges, des discours, suivies de deux sessions. La première session technique sur les consultations nationales menées autour des monographies de la Mauritanie, du Sénégal, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad, et la deuxième sur la Jeunesse et la Migration.

M. Soussourou Dembele

Ouvrant les travaux, le Ministre de l’Economie et des Finances du Mali, M. Soussourou Dembélé, a souligné que « cette rencontre est une grande opportunité pour les décideurs politiques et les techniciens du développement, sur les questions portant sur le triptyque « démographie, paix et sécurité »». Selon lui, cette rencontre est importante, car elle participe à l’amélioration de la planification budgétaire des gouvernements du Sahel, surtout dans un contexte de crise politique, humanitaire et sécuritaire.

M. Mabingue NGom

« Nous voici de nouveau à Bamako pour parler de démographie, de paix et de sécurité », avait déclaré auparavant, le Directeur régional de UNFPA WCARO, M. Mabingue Ngom, qui a salué les initiateurs du Forum de Bamako, en l’occurrence son président, Abdallah Coulibaly. Selon lui, l’édition de 2020 avait permis de jeter les bases de la réflexion sur cette problématique, mais aussi de nouer des partenariats solides qui ont permis d’obtenir de résultats probants. « Nous sommes aujourd’hui ici, pour continuer le dialogue politique que nous avons engagé l’année dernière autour de cette question lors des consultations nationales, mais également lors du symposium de haut niveau organisé le 2 décembre » a-t-il poursuivi.

M. Mabingue Ngom estime que c’est pour asseoir une analyse fondée sur des données et des évidences sur la situation au Sahel, que l’UNFPA et les gouvernements de la région ont opté pour une approche novatrice qui consiste à apporter un nouveau narratif et à jeter un nouveau regard sur les faits, les évidences et faire des propositions pour un Sahel résilient, et engager un dialogue politique de haut niveau sur le lien entre « Démographie, Paix et Sécurité ».

Les Secrétaires généraux des Ministères de la Jeunesse du Burkina Faso et du Tchad, M. Doukouré Jean Philipe et Mohamed Ndonga Christian, ainsi que le Secrétaire général du ministère de la Population du Niger, M. Mahamadou Issaka Kamaye, ont mis l’accent sur l’importance des thèmes abordés, notamment le capital humain, l’investissement dans la jeunesse, ainsi que l’incidence de la dynamique de la démographique sur la paix et la sécurité au Sahel.

M. Eugène Kongnyuy

Le Représentant Résident de l’UNFPA au Mali, M. Eugène Kongnyuy a salué pour sa part l’esprit d’équipe qui a animé démographes, techniciens de la paix et de sécurité qui ont toujours travaillé séparés auparavant et qui ont décidé d’œuvrer ensemble pour produire l’excellent document sur « Démographie, Paix et Sécurité ». Si chacun travaille seul, selon lui, on pourra gagner un match, mais pas le championnat. « En Afrique et au Sahel, nous avons plutôt besoin de gagner le championnat, d’où l’exigence de travailler en équipe » a-t-il affirmé.

M. Kabiné Komara

S’exprimant au nom du président du Forum de Bamako, l’ex-Premier ministre de Guinée, Kabiné Komara, a loué le rôle de l’UNFPA dans l’élaboration de la Feuille de route de l’Union africaine de 2017 sur le thème « Tirer pleinement du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ». Cette feuille de route constitue aujourd’hui, selon lui, une référence pour les pays de la région. « C’est une fierté d’avoir l’UNFPA dans cette 21ème édition » a-t-il souligné.

Sessions techniques

Cette session a porté sur le cadre théorique et les regards croisés sur les facteurs de fragilité, ainsi que les perspectives en matière de politiques publiques.

Pr. Alioune Sall

Le Pr. Alioune Sall, sociologue et spécialiste de la prospective en Afrique, Directeur exécutif de l’Institut des Futurs Africains, a présenté l’ouvrage « Démographie, Paix et Sécurité au Sahel ». Selon lui, l’ouvrage vise un double objectif : d’abord un souci de clarification conceptuelle et analytique en ayant à l’esprit qu’un axiome bien posé est à demi résolu, ensuite, la contribution de l’UNFPA dans l’amélioration de la situation au Sahel.

Il a développé les quatre parties de l’ouvrage, la partie définitions et concepts, la partie concernant la situation présente du Sahel, une partie concernant les avenirs possibles pour le Sahel avec trois scénarii possibles, une tendancielle, une d’adaptation et un scénario catastrophe. Enfin, la dernière partie qui répond à la question de savoir quelles politiques publiques pour que le scénario souhaitable devienne réalité.

Le Pr. Alioune Sall a ensuite rappelé les recommandations du symposium virtuel du 2 décembre 2020 qui a été consacré à l’ouvrage.

La monographie de la Mauritanie

Dr. Sidi Mohamed Zenvour, Directeur de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) 2016-2030, au Ministère des Affaires Economiques et de la Promotion des Secteurs Productifs, a présenté la monographie « Démographie, Paix et Sécurité » de la Mauritanie, mettant en exergue ses objectifs. Il s’agit d’abord, selon lui, de répondre à la forte demande sociale à travers le partage des fruits de la croissance, ensuite, assurer une gouvernance économique, administrative, environnementale et financière.

M. Sidi Mohamed Zenvour

Il a rappelé qu’avant le présent forum de haut niveau de Bamako, la Mauritanie avait organisé le 17 mai 2021, des consultations nationales. Il a souligné que malgré les efforts consentis pour la création d’opportunités économiques, de lutte contre la pauvreté et l’exclusion politique, les défis restent énormes, comme dans le reste du Sahel.

Selon lui, les objectifs des consultations nationales tenues à Nouakchott avaient pour objectif, de promouvoir l’appropriation et l’internalisation des conclusions de la monographie « Démographie, Paix et Sécurité », apporter des contributions aux implications politiques des défis qui y sont liés, formuler des recommandations pour soutenir la conception des politiques et programmes innovants, fournir un cadre de réflexion sur les principaux défis thématiques spécifiques au pays.

Cinq panels ont été organisés, a-t-il expliqué en substance, un panel par acteur (administration, société civile, partenaires, jeunesse, secteur privé). Il a ensuite énuméré les trois groupes de résultats qui ont été dégagés, dont le constat amer d’une forte croissance démographique et d’une forte fertilité, avec l’accent sur l’extrême jeunesse de la population (60% ayant moins de 25 ans), ainsi que le difficile arbitrage entre budget défense et sécurité, et budget pour le développement social et économique.

Plusieurs autres intervenants ont animé cette session, l’activiste Bintu Zahara Sakor, Dr. Issa Larba Kobyagda, DG de l’Economie et de la Planification du Burkina Faso, Dr. Aruna Sougané, DG de l’Institut national de la statistique du Mali et Dr. Mainassara Asouman, DG du Plan et des Prospectives du Niger.

Autonomisation des femmes

Le panel sur l’autonomisation des femmes, puissant levier de la formation du capital humain, a été animé par plusieurs femmes, dont d’anciennes ministres, et a été modéré par l’ancien Premier ministre de Guinée, M. Kabiné Komara.

Mme Keïta Fatimata Sango de la société civile malienne a insisté sur l’importance d’investir dans le développement humain des femmes. Toutes les approches de développement n’ont pas pu aboutir, car l’autonomisation des femmes n’a pas été prise en compte d’une manière optimale, a-t-elle dit en substance. « L’autonomisation des femmes va de pair avec le développement » a-t-elle insisté. Elle a relevé certains obstacles qui empêchent les femmes d’atteindre leur plein potentiel, citant les obstacles économiques, la difficulté d’être tout simplement femme dans les sociétés africaines, l’accès aux financements, aux crédits et aux garanties.

Pour Mme Gakou Salimata Fofana, ancienne ministre du Mali, l’autonomisation des femmes ne peut trouver une meilleure entrée que les sciences. Elle a souligné que « pour arriver à l’autonomisation des femmes, il faut passer par l’éducation et surtout par les sciences qui sont la clé du développement ».

Quant à Mme Doris Djatou Oudou, jeune femme leader du Bénin, « quand on parle d’autonomisation des femmes, c’est d’abord un processus par le biais duquel la vie d’une femme se transforme et passe d’une situation dans laquelle elle avait des pouvoirs limités, vers une situation où elle dispose des mêmes pouvoirs que l’homme ».

Mme Maïmouna Bangoura, économiste et membre de la société civile de Guinée, s’est interrogée, « 25 ans après Beijing, qu’est-ce qui a bougé ? ». Pour elle, sans l’accent sur la solidarité féminine, rien ne peut avancer pour réussir une autonomisation réussie de la femme, soulignant que cette problématique doit être au cœur de la question intergénérationnelle.

Ex-fonctionnaire du PNUD et ancienne ministre du Mali, Mme Keïta Adangou, qui gère un bureau d’études, a d’abord rappelé quelques dates internationales, le Sommet de Rio, les OMD puis les ODD, comme des dates fortes par lesquelles la communauté internationale s’est engagée pour un avenir meilleur pour tous. Elle a énuméré les maux dont souffre le Sahel, les conflits, les catastrophes naturelles et les économies fragiles qui font de cette région l’une des plus pauvres au monde. Elle a poursuivi en citant les crises humanitaires, sociales, culturelles et sécuritaires, les réseaux criminels, la famine, le terrorisme, l’explosion démographique soutenue par de fortes natalités, la migration des jeunes, la radicalisation et les problèmes de gouvernance. Selon Mme Keïta, « la solution à ces différents défis passe nécessairement par l’autonomisation de la femme », en soutenant les entreprises dirigées par les femmes et en investissant dans le développement de leurs capacités et de leurs compétences, mais également dans l’éducation des filles et leur maintien dans le milieu scolaire.

Mme Fanta Coumba Karambe, Ingénieur en réseau informatique et télécommunication du Mali, est revenue sur la définition du capital humain et celle de l’autonomisation des femmes, affirmant que « quand la femme est autonome, cela se répercute sur l’éducation des enfants, leur santé et sur le bien-être familial ».

Le dialogue intergénérationnel

Un panel sur le « Dialogue intergénérationnel » a été organisé par l’UNFPA en marge de la 21ème édition du forum.

S’exprimant à cette occasion, M. Mabingue Ngom a déclaré que la priorité est d’accentuer la dynamique d’investissement majeur dans les jeunes. « Aujourd’hui, ce dialogue a pour nous une réelle valeur ajoutée et nous ne ménagerons aucun effort pour apprendre des conclusions qui en seront tirées dans le but de servir les jeunes » a-t-il insisté. Il a ajouté que l’intention est de prendre des actions concrètes qui favoriseront les facteurs de transformation générationnelle vers les jeunes. « Nous voulons aussi que leurs points de vue et leurs aspirations puissent être pris en compte afin d’améliorer nos programmes » a-t-il mentionné.

M. Kabiné Komara, pour qui le Forum de Bamako est le Davos africain, est revenu sur la Feuille de Route de l’Union africaine de 2017 qui est selon lui, « la boussole d’action dans le domaine du dividende démographique et de l’investissement dans la jeunesse ». Selon lui, « le fait que depuis deux ans, M. Mabingue Ngom s’acharne à faire en sorte que dans le Sahel, cette prise de position soit connue, vulgarisée, intégrée et appropriée, est à saluer ». Il a déclaré que depuis 25 ans, l’Afrique progressait avec un taux de croissance positif, mais depuis l’année dernière, ce taux a reculé à cause de la pandémie Covid-19, rendant les moyens des Etats du Sahel moins suffisants. C’est la raison, selon lui, de la rencontre récente de Paris pour un new deal et pour un changement de paradigme pour l’Afrique, par rapport à la façon d’aborder ses économies, à travers la révision des dettes et la recherche de nouveaux moyens.

M. Chaka Magassa

Pour M. Chaka Magassa, Secrétaire général du Ministère de la Femme du Mali, « le présent panel se veut un dialogue intergénérationnel entre la nouvelle génération et ses aînés ». Elle permettra, d’après lui, de mieux appréhender les liens entre développement durable et capital humain, ainsi que le profit qui peut en être tiré. « De nos jours, la formation du capital humain est devenue une priorité au-delà de nos frontières » a-t-il précisé.

De son côté, M. Amadou Diarra, Secrétaire général du Ministère de la Jeunesse du Mali, président de la séance, il a affirmé que « l’un des objectifs de cette rencontre sur le dialogue intergénérationnel, c’est de permettre aux jeunes d’atteindre leur plein potentiel tout en maintenant les relations avec leurs aînés, toute chose qui pourrait permettre d’éviter les conflits de génération ».

Migration des Jeunes et transition au Sahel

Cette session a abordé les problèmes des données sur la migration au Sahel, le financement et les investissements extérieurs. Les discussions ont porté sur la migration des jeunes et l’explosion des budgets de défense et de sécurité, face aux dépenses pour le développement.

Très techniques, cette session présentée par des experts en la matière, Mme Térésa Talo, Coordinatrice régional du projet UNFPA, Mme Clémence Schweitzer, Coordinatrice 4 MMI et MMC, ainsi que Mme Alicia de l’Université Berkley et de l’Initiative OASIS.

Cheikh Aïdara