aidara

Le Représentant Résident de l’UNFPA satisfait des performances de la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels, Matériels et Consommables Médicaux (CAMEC)

SEM. Saïdou Kaboré, Représentant Résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en Mauritanie s’est dit satisfait des conditions de stockage du matériel et des produits de la santé de la reproduction que son institution met chaque année à la disposition du pays. C’était lors de la visite qu’il a rendue jeudi 4 juin 2020 à la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels, Matériels et Consommables Médicaux (CAMEC).

Photo de Famille (la Directrice Générale et à sa gauche SEM Saidou Kaboré) – Crédit Aïdara

Créée en 2001 en tant qu’outil de la politique de santé chargée de rendre disponibles les médicaments essentiels génériques de qualité, accessibles à toutes les couches de la population, la CAMEC approvisionne les structures de santé sur toute l’étendue du territoire mauritanien. C’est là où sont également stockés les matériels et produits de la santé de la reproduction, notamment les produits contraceptifs, que l’UNFPA livre chaque année à la Mauritanie. 

Le Représentant Résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM. Saïdou Kaboré, s’est rendu le jeudi 4 juin 2020  dans cette structure qui est un véritable pivot du système sanitaire et médical en Mauritanie, en termes d’offres et de distribution de médicaments essentiels, de matériels et consommables.

Il a été accueilli par la Directrice générale adjointe, Dr. Fadila Sadegh, entourée de ses proches collaborateurs, notamment Dr. Brahim Saleh, Directeurs chargé des produits et consommables Santé de la Reproduction et Dr. Abdallahi, Directeur Approvisionnement, entre autres.

Photo devant le camion frigorifique don de l’UNFPA (Crédit Aïdara)

Au cours de l’entrevue, Dr. Fadila Sadegh a exprimé la disponibilité de la CAMEC à poursuivre et à approfondir le partenariat qui lie son institution à l’UNFPA, tout en sollicitant davantage d’aide et d’appui pour accompagner les efforts de la CAMEC dans ses démembrements à l’intérieur du pays.

Le Représentant Résident avait souligné auparavant le rôle d’appui et de complément que joue l’UNFPA, affirmant que «l’essentiel est déjà fait par le gouvernement. Nous ne faisons que contribuer aux efforts colossaux déployés par les autorités, surtout en cette période de Covid-19». Il s’est félicité de la disponibilité des produits de la santé de la reproduction, notamment les produits contraceptifs, et leur accès gratuit aux populations.

A l’intérieur des magasin de stockage – Crédit Aidara)

Complétant les propos du Représentant Résident, Bocar MBaye, Chargé de Programme Sécurisation des produits de la santé de la reproduction, Bureau UNFPA, cheville ouvrière du partenariat entre l’UNFPA et l’Etat mauritanien dans le domaine de la santé de la reproduction, devait rappeler les nombreuses actions déjà menées dans le cadre de la coopération entre l’UNFPA et la CAMEC, citant la réhabilitation de ses différentes antennes régionales et leur dotation en ordinateurs, l’achat du premier camion frigorifique pour l’acheminement des produits à l’intérieur du pays et la formation du personnel. «Aujourd’hui, la CAMEC dispose de 4 camions, dont 1 don de l’UNFPA et 3 qu’elle a achetés» a souligné Bâ Bocar.

Le Représentant Résident et son staff, Bocar MBaye et Bâ Mamadou, Chargé de communication, accompagnés de Dr. Brahim et Dr. Sidi Mohamed Abdel Aziz, Chef de service Santé Maternelle Néonatale Infantile et Adolescent (SMNIA), a visité les magasins et constaté la bonne conservation des produits de la Santé de la Reproduction, notamment les produits qui sauvent les vies,  les Antibiotiques (contre les infections), les Utérotoniques (contre les hémorragies), les Anticonvulsivants (contre l’éclampsie) et les Contraceptifs qui contribuent à réduire d’un tiers (1/3) les décès maternels selon les études menées à travers le monde. Parmi également les stocks conservés à la CAMEC, les contraceptifs oraux, le DIU, les Injectables, les Implants et les Préservatifs.

Il est en effet établi qu’en Mauritanie, les causes les plus meurtrières du décès maternel et néonatal sont les infections, les hémorragies, les dystocies et les éclampsies. D’où l’impératif nécessité de la disponibilité en permanence, dans les formations sanitaires, de médicaments permettant de prendre efficacement en charge les complications dues à ces causes. Chaque année, l’UNFPA achète les besoins du pays en produits contraceptifs et ces produits sont stockés à la CAMEC qui se charge de leur distribution au niveau des structures de santé.

Cheikh Aïdara


Santé de la reproduction en période de Covid-19 en Mauritanie

La lutte contre la pandémie de la Covid-19 n’a pas occulté la poursuite des autres services de santé en Mauritanie, en particulier la santé de la reproduction. La cérémonie de remise d’un lot de seize ventouses, don du Fonds des Nations Unies pour la Population en Mauritanie (UNFPA) au Ministère de la Santé, jeudi 4 juin 2020, en est la plus parfaite expression.

Don de 16 ventouses. De Dr. à G. Dr. Sidi Mohamed, Dr.Diagana, Saidou Kaboré, Dr. Boutou (Crédit Aîdara)

Le Directeur de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME), Directeur de la Santé Publique par intérim, le Dr. Moussa Salatou Diagana, a reçu jeudi 4 juin 2020 des mains du Représentant Résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré, un lot de 16 ventouses, d’un coût global de 500.000 MRU (15.000 dollars US).

La ventouse est un instrument qui fait partie des sept fonctions essentielles lors d’un accouchement par voie basse assisté, l’aide à l’accouchement se fait par ventouse ou forceps. Au cours de la sobre cérémonie organisée à l’occasion, Dr. Moussa Salatou Diagana a remercié l’UNFPA pour cet important don qui traduit selon lui, «la volonté du Ministère de la Santé à poursuivre les activités des autres services médicaux, malgré la priorité accordée à la pandémie de la Covid-19». Selon lui, le geste de l’UNFPA est d’autant plus important que les maternités souffrent d’un grand déficit en matière de ventouses, alors qu’il s’agit d’un instrument essentiel pour les maternités. «Soyez sûr, Monsieur le Représentant, que ces ventouses seront acheminées dans les 16 départements déjà ciblés», a conclu Dr. Diagana.

Auparavant, SEM. Saidou Kaboré, s’est félicité de l’engagement des autorités mauritaniennes à continuer les autres services de santé, notamment la Santé de la reproduction, et que la lutte contre la Covid-19 ne puisse les faire disparaître. «En équipant de ventouse les centres de santé dans les zones les plus vulnérables du pays, l’UNFPA compte apporter sa modeste contribution à la lutte contre la mortalité maternelle et infantile, d’autant que cette contribution n’est qu’un complément des efforts déjà déployés par l’Etat dans ce domaine » a-t-il souligné.

Il faut rappeler que la Mauritanie, avec un taux de mortalité maternelle des plus élevés au monde (582 pour 100.000 naissances vivantes, et une mortalité néonatale de 29 pour 1000), est confrontée à de graves retards en matière de prise en charge des urgences obstétricales à la grossesse et à l’accouchement, avec un réseau déficitaire. Or, il est connu qu’un réseau de soin de qualité est un garant de la réduction de mortalité maternelle et néonatale. Les conditions d’un réseau fonctionnel supposent des maternités accueillant les patientes 24 H/24 et 7 jours/7, avec du personnel qualifié et du matériel adapté.

Les 16 moughataas bénéficiaires des ventouses sont Kankossa, Bassiknou, Amourj, Aïoun, Kobeni, Tintane, Timbedra, Maghama, Monguel, Moudjeria, Djiguenni, Bababé, Néma, Tamchakett, Kiffa et Guerrou.

A noter que cette remise de ventouses entre dans le cadre de la coopération de longue date qui lie l’UNFPA et le ministère de la Santé mauritanien. Ce don en ventouses est le fruit d’une enquête menée par le département sur les besoins en santé de la reproduction et auxquels l’UNFPA a favorablement répondu.

La cérémonie s’est déroulée en présence du Chef de service Santé Maternelle Néonatale Infantile et Adolescent, Dr. Sidi Mohamed Ould Abdel Aziz, du Dr. Ahmed El Kory Boutou, responsable Santé de la Reproduction, Bureau UNFPA Mauritanie et Bâ Mamadou, Chargé de Communication à l’UNFPA.

Cheikh Aïdara


Programme Pastoral Spécial (PPS 2020), une continuelle opacité dans la gestion des composantes

Extravagante est l’opacité qui continue d’entourer la gestion du Programme Pastoral Spécial 2020 et pour lequel l’Etat mauritanien a débloqué la bagatelle de 13 milliards MRO pour venir au secours d’un monde rural confronté à la soudure et aux retombées socioéconomiques du Covid-19. Au même titre que le Programme Nationale Covid-19 sur le point d’être inspecté, le PPS 2020 a également besoin d’un audit sur sa gestion.

Page 1 de l’Arrêté du PM instituant le 11 mai 2020 une commission de coordination après 2 mois de lancement du programme en question

Suite à l’article paru dans L’Authentique du 20 mai 2020 intitulé «Plan de Réponse Pastoral en Mauritanie, un faux départ dans la Mise en Œuvre», (https://aidara.mondoblog.org/2020/05/19/plan-de-reponse-pastoral-en-mauritanie-un-faux-depart-dans-la-mise-en-oeuvre/);  l’opinion s’attendait à des réponses claires et précises sur plusieurs points d’ombres entourant le Programme Pastoral Spécial  (PPS 2020), notamment après l’interview de Mohamed Fadel Hamady, Chargé de Mission au Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) et membre de la Commission de coordination et de Suivi du PPS mise en place le 11 mai 2020, interview publiée dans L’Authentique du 27 mai 2020 (http://lauthentic.info/Medias/article/Interview-sur-le-Programme-Pastoral-2020)

Malheureusement, les réponses du Chargé de Mission du CSA, pleines de considérations générales, non argumentées ni documentées, n’ont pas pu lever les coins du voile sur la gestion d’un programme d’urgence qui a été traité durant tout son processus, comme une banale opération de relations publiques.

Ni les autorités administratives n’ont été impliquées dans la gestion du programme, ni les associations d’éleveurs n’ont été associées encore moins les présidents de conseils régionaux, les maires et la société civile.

Autour des points de vente installés dans plusieurs villes et communes, les opérations de distribution de l’aliment de bétail ont partout été décriées par les bénéficiaires, dénonçant spéculation, corruption, clientélisme et favoritisme.

La plupart des éleveurs interrogés affirment, soit n’avoir pas encore reçu le moindre aliment pour nourrir leur troupeau, soit n’avoir reçu qu’une quantité dérisoire qui ne satisfait pas le minimum de leurs besoins. Comme résultat et bilan d’une opération qui a coûté plus de 11 Milliards MRO, l’insatisfaction et la colère des principaux bénéficiaires du PPS peuvent être considérées comme les principaux indicateurs.

Sinon, comment comprendre qu’une opération d’urgence humanitaire lancée le 13 mars 2020 par le Président de la République ne puisse être dotée d’une commission de suivie et de coordination que le 11 mai 2020, pour une opération qui doit être clôturée à la mi-juin 2020.

Comment une Commission de Coordination et de Suivi du PPS peut-elle être créée pour «concevoir, coordonner, superviser et suivre la mise en œuvre des différentes composantes du PPS 2020 » tel que le stipule l’article 3 de l’’Arrêté du Premier ministre en date du 11 mai 2020, alors que l’opérationnalisation du programme a débuté depuis la mi-avril 2020 ! (Voir documents annexes)

Cette Commission présidée par Thiam Diombar et comprenant un certain nombre de conseillers sans pouvoir décisionnel vient ainsi prestement suppléer un Comité interministériel qui semble avoir longtemps pris la tangente, choisissant de défiler en catimini en confiant à des seconds couteaux le soin de clore un faramineux programme dont les effets sur le terrain ressemblent de plus en plus à des mirages.

Alors que le plus gros lot du PPS 2020, la distribution de l’aliment de bétail qui représente 80% de l’enveloppe totale, connaît une gestion d’une telle ampleur chaotique,  les autres volets du programme, l’hydraulique pastorale et la santé animale notamment, subissent la loi de l’Omerta. Des 2 milliards MRO de Mise en œuvre du programme, la Wilaya du Guidimagha, et probablement les autres Wilayas du pays, n’a perçu le moindre khoums. Les autorités régionales n’ont été ni sollicitées, ni impliquées.  Idem pour les associations d’éleveurs, la société civile, les maires et les présidents de conseils régionaux.

Au moment où l’on parle d’une inspection générale sur la gestion de la Covid-19 après les audios accusatrices d’une biologiste de l’hôpital national, ce qui dénote de la volonté des nouvelles autorités nationales à veiller à la transparence des programmes nationaux, il serait regrettable de ne pas procéder à un large audit du Programme Pastoral Spécial 2020 et l’utilisation des 13 milliards MRO qui lui ont été alloués.   

Cheikh Aïdara                                           


Le Représentant Résident de l’UNFPA interrogé par Horizon : «L’UNFPA reste mobilisé dans la continuité de ses efforts d’appui et son soutien aux autorités dans le contexte de la COVID-19, l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre les violences basées sur le genre »

Dans cette entrevue accordée à Horizon, organe public d’information, le Représentant Résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré livre la contribution que son institution et le Système des Nations Unies en Mauritanie apportent à la Mauritanie dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19. Il répond aussi à d’autres questions connexes.

SEM. Saidou Kaboré (Crédit Aidara)

1/ La maladie liée Coronavirus/COVID-19 a fait déjà des milliers de morts à travers le monde et elle continue ses ravages. Quelle appréciation faites-vous, aujourd’hui, des efforts consentis par la Mauritanie en matière de lutte contre cette pandémie ?

Saidou Kaboré  : le bureau pays du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) félicite le Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie pour les mesures courageuses prises afin de faire face à la pandémie de la COVID-19, entre autres, la mise en application des recommandations et orientations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour limiter la chaine de transmission du virus. Les mesures d’anticipation du Gouvernement ont ainsi permis d’atténuer la propagation du virus à l’échelle communautaire grâce à la mobilisation de tous les acteurs. A cet effet nous avons pris le soin de le souligner dans un communiqué partagé avec la presse en Avril.

2/Pouvez-vous nous parler de la nature de l’appui que vous avez apporté à la Mauritanie en matière de lutte contre la maladie ?

Dons de produits et de matériels contre la Covid-19 (Crédit Aidara)

Saidou Kaboré  : dans le cadre de l’appui du Système des Nations Unies sous le leadership du Coordonnateur Résident, à la réponse nationale contre la COVID-19, l’UNFPA a apporté tôt sa contribution à la lutte. Nous avons entre autres, soutenu le Gouvernement, les leaders religieux, les organisations de la société civile et les personnes vulnérables et à haut risque, par la mise à disposition d’un lot de matériels et de produits destinés à la prévention et à la sensibilisation. Cela au profit de la Coalition de la Société Civile/GFF (204 associations membres), la Fédération Nationale des personnes vivant avec un handicap (53 associations membres), l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la Famille/IPPF, l’ONG SOS Esclaves, l’Association des Sages-femmes de Mauritanie, le Forum de la Pensée Islamique pour le Dialogue des Cultures et les personnes bloquées au niveau des points d’entrée frontalier. Cette contribution a permis de sensibiliser les leaders communautaires et les familles les plus vulnérables à Nouakchott et à l’intérieur du Pays.
Cet appui va se poursuivre avec le renforcement du plateau technique au niveau de certaines structures de santé et la fourniture de produits vitaux afin que les femmes puissent, malgré la pandémie, bénéficier de services en santé reproductive de qualité pendant la grossesse et l’accouchement et avoir accès aux services d’espacement de naissances dont elles ont besoin.Nous allons appuyer le renforcement des capacités du Ministère de la Santé à travailler dans le cadre de la coordination des interventions, à tous les niveaux de la pyramide sanitaire à travers des équipements de visioconférences grâce à un appui conjoint UNFPA et UNDP.

3/On assiste depuis quelque temps à un assouplissement des mesures de confinements dans plusieurs pays africains dont la Mauritanie. Qu’en pensez-vous ?

Saidou Kaboré : l’UNFPA salue l’engagement des plus hautes autorités nationales et l’élan de solidarité suscité et renouvelle sa disponibilité à accompagner le Gouvernement dans le renforcement de la réponse nationale. Les décideurs au plus haut niveau de l’Etat sont entourés d’experts qui leurs fournissent les éléments nécessaires pour apprécier l’évolution de la pandémie afin de prendre les décisions appropriées. Je ne doute en aucun moment que toutes les décisions prises vont dans le sens de préserver la santé et la sécurité des populations afin d’améliorer leur condition de vie et assurer la bonne marche de l’économie nationale.

4/ Il n’ya à ce jour, aucun remède pour éradiquer cette pandémie. Quelles sont vos prévisions les plus optimistes pour la mise au point d’un vaccin ?

Saidou Kaboré : selon l’OMS, des protocoles de recherche qui sont utilisés dans plus de 40 pays ont été élaborés, de manière coordonnée pour mieux comprendre comment évolue le virus et le combattre en conséquence. Des scientifiques, bailleurs de fonds et fabricants de l’industrie pharmaceutique du monde entier ont signé une déclaration dans laquelle ils s’engagent à travailler avec l’OMS pour accélérer la mise au point d’un vaccin contre la Covid-19.

5/ L’UNFPA est-il favorable au recyclage de médicaments, de produits issus de la pharmacopée traditionnelle en Afrique dans le cadre de la recherche de traitements potentiels de la COVID-19 ?

Saidou Kaboré  : à mon avis, aucune piste de recherche ne doit être écartée. La pharmacopée traditionnelle africaine, combinée à la recherche scientifique comporte un très grand potentiel. Cependant, comme édicté par les directives de l’OMS, tout médicament doit faire l’objet d’essais cliniques afin de vérifier son efficacité et sa sécurité sur les populations. La Mauritanie vient de renforcer son dispositif par la création d’un conseil scientifique en appui au suivi des normes de l’OMS dans ce domaine.

Don UNFPA au Forum de la Pensée Islamique pour le Dialogue des Cultures (Crédit Aidara)


6/ En attentant la mise en place de remèdes efficaces de lutte contre cette maladie, quelles mesures essentielles préconisez-vous pour y faire face ?

Saidou Kaboré  : je préconise le respect des mesures recommandées par l’OMS. L’application des mesures barrières, la distanciation physique et sociale pour se protéger et protéger les autres.La répétition étant pédagogique, permettez-moi de rappeler qu’il est nécessaire de se laver les mains régulièrement avec de l’eau et du savon,de tousser ou d’éternuer dansle creux de son coude ou dans un mouchoir, de rester toujours à plus d’un mètre les uns des autres,de porter un masque quand cette distance ne peut pas être respectée, d’utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter dans une poubelle fermée, de se saluer sans serrer la main, et d’éviter tout déplacement inutile. Nous devons tous faire de cette lutte, un combat commun contre un seul ennemi, où tout le monde doit se sentir concerné, avec un engagement mutuel et une confiance au système mis en place, en évitant de véhiculer de fausses informations afin de ne pas semer la panique.

7/La lutte contre le coronavirus ne risque-t-elle pas de mettre en sourdine celle des autres maladies non moins graves en Afrique tels que le VIH-SDA, la tuberculose, le paludisme qui font des milliers voire des millions de victimes sur le continent ?

Saidou Kaboré  : outre les maladies que vous avez citées, il y a de multiples préoccupations,notamment les besoins non satisfaits en santé de la reproduction et la lutte contre les violences basées sur le genre dont les femmes et les filles paient le plus lourd tribut. Cela va peser négativement sur la qualité de vie des populations en général et plus particulièrement sur celles des plus vulnérables.
En dépit des efforts gouvernementaux dans le domaine du développement, le taux de mortalité maternelle reste très élevé. Selon le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) réalisé en 2013, le ratio de mortalité maternelle s’élève à 582 pour 100.000 naissances vivantes, soit 13 femmes qui meurent par semaine en donnant la vie, l’un des plus élevés de la région africaine.Le taux de mortalité néonatale est de 29 pour 1000 naissances vivantes d’après les résultats de MICS 2015. Ceci s’explique en partie par une faible couverture en accouchements assistés, qui est de 69%, avec une faible proportion de structures de santé offrant des soins obstétricaux et néonatals d’Urgences complets ainsi qu’une prévalence contraceptive estimée à 17%. Cette situation déjà défavorable est exacerbée par l’apparition, contre toute attente, du COVID-19. C’est en cela que l’accompagnement de l’UNFPA au Gouvernement afin d’assurer un continuum des soins de santé reproductive est important.
L’UNFPA va également appuyer les initiatives communes pour la réalisation d’études sur l’impact socioéconomique de la pandémie en Afrique de l’ouest et du centre y compris la Mauritanie pour mieux soutenir et éclairer les décideurs dans la riposte et l’après COVID 19. L’UNFPA appuiera également toute initiative du gouvernement en vue de mesurer les effets de cette pandémie sur les violences faites aux femmes et aux filles afin d’adresser efficacement ce phénomène complexe.

8/Pouvez-vous nous parler maintenant des points saillants de la coopération entre la Mauritanie et votre institution et qu’en pensez-vous ?

Saidou Kaboré : en Mauritanie, l’UNFPA assure le leadership pour les questions de santé sexuelle et reproductive, les questions de population et l’autonomisation des femmes.
Présente en Mauritanie depuis 1979, l’UNFPA apporte un appui au pays pour faire de sorte que chaque grossesse soit désirée, chaque accouchement soit sans danger et pour que toutes les filles et toutes les femmes soient traitées avec dignité afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle au même titre que les hommes.
L’UNFPA par son leadership mondial en matière de données démographiques a appuyé le gouvernement dans la réalisation de grandes opérations de collecte de données (4 quatre recensements et plusieurs enquêtes démographiques). Les fondements des chantiers du gouvernement, tels que décrits dans la SCAPP sur les approches pour tirer profit du dividende démographique, s’inscrivent dans cette volonté d’assurer le leadership du gouvernement dans toutes les initiatives de développement fondées sur les évidences.

9/Beaucoup d’acteurs de la société civile ont constaté une baisse du partenariat entre eux et votre institution. Qu’en pensez-vous ?

Saidou Kaboré : l’UNFPA s’appuie toujours sur les organisations de la société civile pour mettre en œuvre ses programmes sous le leadership du Gouvernement. Cependant nous avons davantage des activités plus ciblées et inscrites dès le début de l’année dans le plan de travail annuel. Nous travaillons de manière générale avec des réseaux d’associations sur la base des objectifs et des résultats clairs, et restons ouverts à tout type de partenariat dans le cadre de notre mandat.

10/ Comment jugez-vous les rapports de l’UNFPA avec les médias mauritaniens, notamment les réseaux et associations des journalistes ? Comment comptez-vous développer davantage votre partenariat avec eux ?

Saidou Kaboré  : je reste convaincu que les médias sont aujourd’hui une plateforme incontournable pour apporter les changements sociaux en faveur du mandat de l’UNFPA et surtout pour la mise en œuvre des engagements de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) dont le Sommet a été tenu en novembre dernier à Nairobi. D’ailleurs la première activité qui a été faite après ce Sommet a été d’échanger avec les journalistes mauritaniens sur la CIPD, le Dividende Démographique et les Objectifs de Développement Durable. A l’issue de cette rencontre les journalistes ont créé un réseau multimédia pour le plaidoyer sur les questions de populations avec des engagements. D’ailleurs, il est prévu dans le plan annuel de travail de cette année avec le ministère en charge de la communication, l’élaboration d’un plan d’action avec ce Réseau sur les 3 trois zéros (Zéro décès maternel évitable, zéro besoin non satisfait en planification familiale et zéro violence basée sur le genre) et sur le Dividende Démographique.

11/ Quel message avez-vous à l’endroit de la population ?

Saidou Kaboré : l’UNFPA reste mobilisé dans la continuité de ses efforts d’appui déjà entamés et poursuivra son soutien aux autorités dans leur volonté de garantir, dans le contexte de la COVID-19, l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre les violences basées sur le genre. Par ailleurs, chaque année au mois de mai, tous les pays du monde célèbrent la lutte contre la fistule obstétricale. J’ai une pensée particulière pour les femmes victimes de fistules au moment où nous célébrons la journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale dont le thème porte,cette année, sur la nécessité de mettre « fin à la Fistule maintenant afin de contribuer la fin aux inégalités entre les sexes et aux inégalités en matière de santé ».
La situation actuelle de COVID-19, va affecter l’accès des femmes aux services de santé maternelle, dont l’accouchement et je lance un appel solennel pour la mobilisation de tous les partenaires pour maintenir le continuum de soins, afin de réduire les décès de femmes liées à l’accouchement et à la grossesse.
En Mauritanie, l’OMS estime les nouveaux cas entre 150 et 300 chaque année.Les femmes victimes de fistule obstétricale souffrent d’incontinence permanente d’urines et ou de selles, engendrant la honte, la stigmatisation sociale et d’autres problèmes de santé constants. Ce sont généralement des femmes jeunes, pauvres, souvent analphabètes, mariées précocement (avant 18ans) et vivant en milieu rural.
La fistule obstétricale peut être évitée pourvu que la première grossesse ne survienne pas avant 18 ans,en arrêtant les pratiques traditionnelles néfastes tel que le mariage d’enfant, en assurant l’accès rapide aux soins obstétricaux de qualité et l’autonomisation des femmes et des filles. J’ai également une pensée pour tout le personnel de santé en particulier les sages-femmes qui se battent tous les jours avec tous les autres acteurs afin de sauver des vies. Je voudrais à l’endroit des sages-femmes, leur exprimer mes vives félicitations. L’année 2020 leur est dédiée. Ces héros méconnus en première ligne de la crise de la Covid-19 pour sauver des femmes et des bébés.

Horizon n°7791 du lundi 1er juin 2020