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Journée Internationale des Droits de l’Homme, le mouvement IRA lance le débat sur les droits civils et politiques en Mauritanie

L’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) a célébré la Journée Internationale des Droits de l’Homme, le 10 décembre 2025, sous le thème « Accès des Mauritaniens aux droits civils et politiques ». C’était en présence d’un public nombreux, composé de chefs de partis de l’opposition, de députés, de sympathisants et membres du mouvement.

L’ambiance était à la mobilisation, dans le nouveau siège du mouvement IRA sis à la Cité Plage de Nouakchott. C’était à l’occasion de la célébration du 10 décembre, Journée Internationale des droits de l’homme. Le débat était lancé sur l’accès des Mauritaniens aux droits civils et politiques.

Plantons le décor

Le ton était d’emblée donné par cette ribambelle de véhicules massés autour des lieux, par cette exubérance populaire dont le trop plein était massé devant l’immeuble. A l’intérieur, c’était fool. Des femmes en tenues traditionnelles donnaient le tempo, chantant, claquant des mains, tambourin au diapason, injectant dans l’atmosphère une ambiance des grands jours.

En haut, là où se trouve la salle de réunion, la porte était close. C’était plein à craquer. A l’intérieur, une foule d’hommes et de femmes, des visages connus de la scène politique, mélange d’opposition dite radicale, d’une frange dite modérée, d’opposants au profil ambigu, avec des dehors d’opposants et un pas dans l’antichambre du pouvoir, selon certaines classifications.

Le député Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA, trois fois dauphins aux dernières élections présidentielles (2014, 2019 et 2024), continue de battre des records de rejet de la part du pouvoir, après une période où le glamour avec l’actuel occupant de la Maison Brune, n’a pas pu résister aux forces centrifuges du « Système profond ou Dawlal Amigha ».

Tout frais de retour au pays, après une longue tournée en Europe, Birame Dah Abeid a pu, l’instant d’un symposium, réunir une importante partie du Ghota politique national. Une opposition dans toute ses facettes.

Une présence politique florès

Sur la table officielle, l’ancien président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), Mohamed Vall Ould Bellal, qui fut ministre, pilier du pouvoir, Me. Lo Gourmo, avocat et cadre du parti Union des Forces du Progrès (UFP), Sidi Ali Ould Mohamed Khouna, ancien ministre, devenu paria et maints fois emprisonnés pour sa défense de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, Mohamed Ould Djibril, ancien Premier ministre sous Ould Abdel Aziz, lui aussi traqué pour sa fidélité, Abdi Salem Ould Horma, président du parti Sawab, qui sert de parapluie politique à Birame et ses partisans,

Ladji Traoré, activiste, militant engagé qui a accompagné l’évolution politique de la Mauritanie depuis son indépendance en 1960, Hamadi Ould Sid’El Mokhtar, président du parti islamiste Tawassoul, et son ex-compagnon, Mohamed Jemil Mansour, acteur politique, premier président du parti Tawassoul, leader d’un part politique nouvellement reconnu, Samba Thiam, président du parti FPC et Oumar Ould Yali du parti RAG, deux formations politiques que les pouvoirs successifs de Aziz et de Ghazouani refusent de reconnaître pour des considérations personnelles.

Il y avait également l’artiste Maalouma Mint Meydah, ancienne chantre du parti RFD d’Ahmed Ould Daddah, ancienne sénatrice et voix libre. Parmi aussi l’assistance, plusieurs députés, des représentants d’organisations internationales, quelques diplomates, des sympathisants, des militants, une flopée de journalistes, de caméras, des blogueurs…

Un discours galvaniseur

Birame Dah Abeid n’a pas dérobé à sa rhétorique habituelle, pleine de verve. Un survol laconique de l’histoire politique, des premiers espoirs nés du pluralisme au début des années 90, à la confiscation forcée de l’Etat par les prétoriens, au blocage du processus de dévolution pacifique du pouvoir, au verrouillage dans la reconnaissance des partis sous le régime actuel. Un glissement vers la confiscation des libertés sous le couperet de la loi des symboles, une arme de répression contre les voix dissonantes. Des forces armées et de défense érigées en gardiens du système dominant, la tribalisation du vote et le dévoiement du processus démocratique.

Pour Birame, il est temps que la population mauritanienne soit préparée à exercer ses droits civiques et à reconquérir à travers la mobilisation citoyenne ses droits spoliés.

Le débat fut lancé et des interventions effilochées engagées, contre l’accumulation des injustices et des violences des droits humains en Mauritanie.

Cheikh Aïdara

Allocution du Président Biram Ould Dah Ould Abeid et introduction

Je souhaite la bienvenue aux dignes représentants de la classe politique et civile de la Mauritanie

Cette année, l’Ira décide de commémorer la journée internationale des droits de l’homme sous le thème « L’accès des Mauritaniens à leurs droits civils et politiques »

Après l’arrêt prématuré de la croissance de l’Etat postindépendance, notre pays ne tarda à subir un accident de l’histoire qui portera, à sa tête, la violence des luttes intestines, entre les prétoriens, désormais convertis en politiciens. Après quelques années de gouvernance militaire brute, 1992 a inauguré une ère d’ouverture au pluralisme. La tentative, sobre au demeurant, dévoilait à quel points ses auteurs se méfiaient du peuple. Le verrouillage méticuleux des mécanismes de l’alternance dans les urnes, réduit les possibilités d’une compétition ouverte qui nourrirait l’espoir d’un changement majeur de la gouvernance, par la vertu, la probité, la sanction et de la récompense. Ainsi, le pouvoir du moment, fruit d’une confiscation autoritaire, sous des habits civils et revolver à portée, ne cesse de modeler puis de remanier les règles de reconnaissance des partis, au point de provoquer une pénurie artificielle.

Pire, l’application de la loi dite « des symboles » n’a produit qu’arrestations et emprisonnements et le nombre de ses victimes s’allonge, d’une année à la suivante. Quant aux forces armées et de sécurité, elles agissent, durant les périodes d’expression du suffrage universel, toujours au service des partisans de l’actuel Chef de l’Etat. L’on se souvient des bureaux de vote réservés à telle ou telle tribu. Autre exemple, celui de Rag devient un cas d’école. Issu de la mouvance de l’opposition née durant le début du siècle autour de la promotion des droits humains, le Parti ne dispose pas encore de l’autorisation requise, en dépit de son essor constant lors des consultations nationales.

Le recensement, le découpage électoral, la liste non consensuelle, l’implication forcée des fonctionnaires au sein des campagnes de la coalition du chef de l’Etat, constituent autant de sujets de discorde, du moins d’un contentieux sur la partialité du système d’arbitrage.  Or, il nous revient, je crois tous ici, de préparer, la population, à exercer ses droits civiques. Le premier consiste en la faculté de détenir une identité administrative, à l’abri de la moindre contestation.

Aussi, en ce jour de solennité, je vous propose de travailler ensemble afin à déclencher une mobilisation citoyenne afin de reconquérir, avec nos compatriotes, tout ce dont nous sommes spoliés.  Nous œuvrerons à consolider la démocratie, raffermir le respect des droits humains et relever le niveau de la lutte contre le racisme, l’impunité et la discrimination à l’égard des femmes. L’Ira, au risque de rester seule, réitère son engagement à favoriser le recul du recours à la violence d’où qu’elle vienne et quelque soit son motif, et l’abolition de la peine de mort. Enfin, elle demande encore une fois au gouvernement mauritanien, de signer le Protocole de Rome, créant la Cour pénale internationale (Cpi).

Je vous remercie


Migration de la main d’œuvre, vers l’élaboration d’une Stratégie nationale en Mauritanie

Nouakchott a abrité mercredi 10 décembre 2025, l’atelier de lancement de l’élaboration de la Stratégie Nationale de migration de la main d’œuvre. Il s’agissait pour les participants de discuter des modalités du processus entamé et de dégager des pistes d’exécution pour les phases ultérieures.

En ratifiant la Convention 143 de l’OIT sur les travailleurs migrants, la Mauritanie avait exprimé dès l’entrée en vigueur de cette convention en 2020, son engagement à améliorer les conditions de travail et la protection des migrants sur son sol, ainsi que sa volonté à aligner sa législation avec les normes internationales à ce sujet.

La Mauritanie ouverte à la main d’œuvre étrangère

L’atelier de lancement de la Stratégie Nationale de migration de la main d’œuvre, organisé par le Ministère de la Fonction Publique et du Travail avec l’appui du Bureau International du Travail (BIT) le mercredi 10 décembre 2025 serait l’illustration de l’ouverture de la Mauritanie à la main d’œuvre étrangère, comme cela transparait dans le mot prononcé à l’occasion par le Secrétaire général du ministère, M. El Bekaye Abdel Kader El Khou.

Il voit dans cette démarche, une volonté des pouvoirs publics d’organiser la migration en Mauritanie, avec l’appui de ses partenaires, afin d’offrir de meilleures perspectives pour la main d’œuvre étrangère dans le pays. Il s’agit aussi selon lui d’améliorer les relations de partenariat dans le domaine de la libre circulation de la main d’œuvre migrante, soulignant que la Mauritanie est toujours ouverte à la présence de cette main d’œuvre en provenance de pays amis et frères, tout en restant convaincue que des traitements similaires seront réservés à ses ressortissants établis à l’étranger.

La mobilité des travailleurs chère à l’OIT

Auparavant, Aurélie Segatti, spécialiste de la migration du travail de l’OIT pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique, avait salué la ratification par la Mauritanie de la Convention 143, ce qu’elle considère comme un pas important franchi, avec des études sur les métiers en tension dans divers secteurs de l’économie mauritanienne et l’appui aux services publics de l’emploi (TECHGHIL) pour le placement à l’international des travailleurs, entre autres réalisations.

Elle a évoqué l’adoption en 2011 d’une stratégie nationale de gestion de la migration avec l’appui de l’Union européenne et dont la mise en œuvre n’a été réalisée qu’en 2022. Elle a rappelé l’importance attachée par l’OIT à la mobilité de la main d’œuvre qu’elle place au cœur de son mandat normatif, pour guider les Etats sur les droits fondamentaux des travailleurs issus de la migration.

Main d’œuvre migrante, une vieille histoire

Guité Diop, qui a travaillé pendant des années comme Point Focal du BIT en Mauritanie et qui gère actuellement le Projet FMM à partir d’Abuja (Nigéria) est revenu sur les projets antérieurs, comme le Projet BIT/Migrant, AMEM, FMM, ainsi que leurs acquis.

Parlant du Projet BIT/Migrant (2008-2012) qui concernait la Mauritanie, le Mali et le Sénégal, il a précisé que pour des raisons sécuritaires au Mali, le projet s’était finalement focalisé sur le Sénégal et la Mauritanie. Il a souligné qu’il a démarré au Sénégal et que ses outils ont été adaptés à la Mauritanie. Il s’articulait autour de 4 axes, le renforcement des structures en charge du travail avec les institutions, l’amélioration de l’articulation Emploi/Formation pour répondre aux besoins du marché du travail, le renforcement de la mobilité et l’appui à la réinsertion des migrants, la promotion et l’insertion des travailleuses migrantes avec comme exemple la migration circulaire avec l’Espagne.

Comme résultats, ce projet avait permis, selon lui, d’établir des bases de données sur l’emploi malgré quelques limites. Ces résultats, d’après lui, ont cependant profité à l’ANAPEJ dans ses statistiques avec l’appui de partenaires.

Ces bases de données ont permis de faciliter la gestion des demandes d’emplois en concertation avec les employeurs. Cela a permis aussi le processus ayant conduit à l’élaboration du manuel de l’employabilité et l’amélioration de la cartographie des Service d’appui à l’emploi.

Revenant sur les acquis du Projet Appui à la Migration Equitable pour le Maghreb (AMEM 2018-2022), Guité Diop a rappelé les 3 axes autour desquels ce projet a travaillé en Mauritanie. Il s’agissait du renforcement du système d’informations autour de la main d’œuvre migrante, le renforcement du dialogue social, une meilleure cohérence d’approche entre les services publics et privés de l’intermédiation et de la protection.

S’agissant du projet actuel FMM, Appui à la libre circulation des personnes et des migrants en Afrique de l’Ouest, lancé en mai 2025 pour quatre ans, et financé par l’Union européenne, la Mauritanie, selon Guité Diop, est considérée comme un des pays prioritaires dans ce projet.

Débats et clôture

Après les débats ouverts après cette présentation, les participants ont suivi un aperçu du cadrage technique de la stratégie envisagée. Il s’est agi d’aborder l’aspect relatif au benchmark international, aux cadres régionaux et les études de cas.

Enfin, la rencontre s’est achevée par la proposition d’un canevas des étapes suivantes et de leurs modalités. Dans ce cadre, l’experte de l’OIT, Aurélia Segatti, a proposé l’organisation de trois ateliers en 2026. Un travail qui devrait être consacré à l’analyse situationnelle, après le recrutement de trois consultants dont au moins, un consultant international. Ce sera une sorte de Task Force chargée de suivre le processus de validation nationale et régionale jusqu’à l’élaboration de la stratégie finale.

L’atelier a été clos par le Directeur général du Travail, Hamoud Ould T’Feïl. Il faut noter la présence durant l’ouverture officielle du Secrétaire général du Ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique, celle de la représentante de la Délégation de l’Union européenne en Mauritanie. L’ensemble des parties prenantes étaient aussi présentes, en l’occurrence le Patronat et les principales centrales syndicales du pays, UTM, CGTM et CLTM, mais aussi les représentants de partenaires techniques et financiers.

Cheikh Aïdara


Maîtres mentors, 13 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre se forment à Nouakchott

Pendant deux semaines, du 24 novembre au 8 décembre 2025, l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de la Santé (EN3S) de Nouakchott a abrité la 2ème session de formation de 25 maîtres mentors issus de 13 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Clôturant la 2ème session de formation régionale des Maîtres mentors d’Afrique de l’Ouest et du Centre qui s’est déroulée du 24 novembre au 8 décembre 2025 à l’EN3S de Nouakchott, le Directeur de l’école, M. Ahmedou Armiyaou, se prononçant au nom de la Secrétaire générale du Ministère de la Santé, a félicité toutes les participantes.

Un processus qui a débuté en 2017

Le Directeur de l’EN3S a déclaré toute sa satisfaction de constater le succès enregistré par le processus de formation en mentorat qui a débuté depuis quelques années, plus exactement depuis 2017, année de préparation et de validation des principaux documents au niveau des pays et des sociétés savantes de la sous-région. Il a rappelé que c’est en 2019 qu’il a été procédé à la mise en œuvre du premier plan d’action de l’approche mentorat. S’en est suivi, dira-t-il en substance, la pandémie de Covid qui a entraîné le ralentissement du processus.

Selon lui, la Mauritanie, malgré cette crise, a procédé à la formation de la première cohorte de mentors nationaux en 2020. En 2022, poursuit-il, l’école a reçu les points focaux d’Afrique de l’Ouest et du Centre concernés par l’approche mentorat dans les différents pays.

Ce n’est en 2024, a rappelé encore M. Ahmedou Armiyaou, qu’a eu lieu la 1ère formation régionale en maîtres mentors à l’EN3S. « Et voilà qu’en 2025, nous assistons à la clôture de la 2ème formation du genre ici à l’école » a-t-il déclaré. Selon lui, l’EN3S prouve session après session qu’elle tient son rang de structure de référence régionale en matière de formation de mentors et de maîtres mentors.

Par la suite, il est revenu sur la séquence des fréquences prévues dans le premier plan d’action, avant de conclure par un mot de remerciement en direction des partenaires, en particulier le Fonds des Nations pour la Population (UNFPA) et le projet Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel (SWEDD).

L’UNFPA, un partenaire constant

Le Représentant adjoint du bureau Mauritanie de l’UNFPA, M. Senath Aïdara, a renouvelé le soutien indéfectible de son institution à la formation des sages-femmes, rappelant que « investir dans les sages-femmes peut sauver 4,3 millions de vie d’ici 2030 » citant le Rapport mondial sur la pratique sage-femme. Il a mis en exergue l’importance de la formation qui vient de s’achever et qui marque selon lui, « une étape majeure dans la consolidation du mentorat clinique comme une approche stratégique pour améliorer la qualité des soins maternels et néonataux dans notre région. ».

Il a également salué l’EN3S qui continue, selon lui, de prouver son statut de Centre Régional d’Excellence pour la formation des sages-femmes, mettant en exergue l’engouement que cette profession suscite au sein de la jeunesse.

Il a enfin remercié les Bureau Pays de la sous-région qui ont mobilisé les ressources nécessaires à la formation des participantes.

Présentation par pays

Il faut dire que la dernière journée de clôture a été marquée par la présentation par chaque pays de son expérience sur la politique du mentorat clinique, selon un format uniformisé. Il s’agissait pour chaque intervenant, dont certains par vidéoconférence, de rappeler le contexte local, l’approche utilisée, les critères de sélection au mentorat, l’indice de suivi, les défis et recommandations.

Le cas mauritanien a été présenté par Roghaya Diawara, Chef de service Formation au Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR).

Elle a rappelé le contexte national marqué par un taux élevé de mortalité maternelle, 424 décès pour 100.000 naissantes vivantes et un taux de décès néonatal de 22 pour 1.000.

En 2021, rappelle-t-elle, il a été procédé à la sélection de 15 sages-femmes pour la formation mentor, une sélection 2024/2025 faite par le Ministère de la Santé, des critères de choix de sites basé sur plusieurs indices, dont le taux de fréquentations. Les sorties sur sites des mentors est trimestrielle, selon elle, pour une durée de 5 jours.

Entre 2022 et 2025, 254 sages-femmes ont été formées sur le mentorat. Au total, 480 sorties sur sites ont été enregistrées et 12 missions d’introduction depuis 2022.

En 2025, le plan d’action mentorat prévoyait 8 activités, mais seules 5 ont été réalisées, a reconnu la présentatrice. En octobre 2025, selon elle, 16 sages-femmes mentors ont été formées.

Selon elle, les médecins-chefs et les directeurs régionaux de santé ont exprimé leur approbation de l’approche mentorat. Parmi les défis relevés, l’affectation récurrente des sages-femmes mentors, le désistement de plusieurs sages-femmes, l’insuffisante appropriation de l’approche et du suivi, et surtout, l’insuffisance des financements. Dans les perspectives, la mise à l’échelle du mentorat, l’évolution du processus.

Des interventions pertinentes

Plusieurs intervenants ont pris la parole au cours de la cérémonie de clôture, notamment quelques figures du corps enseignant, Dr. Abdel Jelil, gynécologue, Pr. Ahmed Zeine de la Faculté de Médecine, Pr. Khadijetou Bilal, Pr. Somé, la sage-femme et maître mentor, Zeynabou Sidibé de l’EN3S, entre autres.  

Le mot des participantes a été prononcé par Mme Kouboura Abba Moussa, conseillère-sage femmes au bureau UNFPA du Niger.

Il faut souligner que les participantes à cette session de formation viennent des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mali, Gabon, Guinée Bissau, Mauritanie, Niger, Togo, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, République de Centrafrique, Congo, Sénégal, Cameroun et Bénin.

Cheikh Aïdara

Témoignages

En marge de la session de formation, quelques participantes et enseignants ont livré leurs témoignages.

Abba Moussa Koubourou, Sage-femme conseillère Bureau UNFPA, Niger

« Nous sommes venues à deux, avec ma collègue qui est enseignante à l’Ecole de Santé du Niger, dans le cadre de la formation de maîtres mentors. Le mentorat est une innovation très stratégique dans le cadre de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale. Sachant que l’UNFPA porte le portefeuille des Trois Zéros transformateurs dont « Zéro décès maternel évitable » pour arriver à ce résultat le mentorat constitue une étape stratégique. Voilà pourquoi l’UNFPA s’intéresse beaucoup à cette stratégie puisqu’elle va permettre d’inverser beaucoup de tendance en matière de qualité des soins. Une des difficultés, c’est à la sortie des écoles, les sages-femmes sont confrontées à beaucoup de difficultés. Elles ont des connaissances théoriques mais la pratique pose un sérieux problème. Une fois le mentorat mis en place, cela permettra de corriger beaucoup d’insuffisance sur le plan pratique. »

Mme Zehero Amma, Sage-femme, Inspectrice de Santé, Côte d’Ivoire

« J’ai été ravie de participer à cette formation. Il faut dire que dans nos pays africains, le taux de mortalité maternelle et néonatale est très élevé. Parmi les causes, la faiblesse de la qualité des soins, et une insuffisance des compétences des prestataires. Donc, le mentorat clinique demeure une stratégie innovante capable d’améliorer la qualité des indicateurs, notamment le taux de mortalité maternelle et néonatale. Nous avons passé deux semaines de formation très enrichissante. Elles nous ont permis de savoir les missions du mentor et celles du maître mentor ainsi que les techniques d’apprentissage. Il faut aussi dire que le mentorat est un processus d’encadrement où nous avons le mentor, un prestataire aguerri qui a le devoir d’encadrer la mentorée pour lui donner des compétences. A l’issue de cette formation chaque maître mentor a établi un plan d’action à mettre en œuvre dans son pays ».

Zeynabou Sidibé, Maître mentor, Chef du Département des Sciences de la Santé à l’EN3S

« Le processus du mentorat clinique des sages-femmes a démarré à l’EN3S en 2017 par la planification et la programmation. A cette session ont pris part plusieurs sociétés savantes de la sous-région. En 2019, il y a eu la planification d’une façon générale. En 2020, il y a eu la 1ère session de formation régionale des maîtres mentors. Par la suite, il y a eu la formation des points focaux en 2021. En 2024, c’était la 1ère session de formation régionale des maîtres mentors de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Nous sommes en 2025 avec la 2ème formation du genre. Cela prouve la légitimité du choix de l’EN3S comme centre d’excellence et sa capacité à abriter ce genre de formation. Nous lançons un plaidoyer aux autres pays et aux partenaires pour la pérennité de cette formation en nous envoyant leurs sages-femmes mentors pour bénéficier de cette formation de maître mentor, une stratégie innovante et efficace pour la réduction de la mortalité maternelle et néonatale. »

Houlèye Diallo, Sage-femme au Centre hospitalier de Sélibaby, Mauritanie

« Participer à cette formation de maîtres mentors a été pour moi une expérience enrichissante et transformatrice. Elle m’a permis de renforcer mes compétences, notamment dans la prise en charge des urgences obstétricales et l’amélioration des soins de qualité. Elle m’a permis d’appréhender le rôle essentiel du mentorat clinique des sages-femmes dans nos structures de santé. De retour à Sélibaby, je compte appliquer tout ce que j’ai appris au cours des deux semaines de formation et à les partager avec mes collègues afin de renforcer la qualité des soins dans nos structures ».

Pr. Some Der Adolphe, maître mentor, formateur, Burkina Faso

« Le processus du mentorat a été lancé au Burkina Faso en 2013, ce qui en fait un pionnier dans la sous-région. Des évaluations nationales ont été faites et nous avons trouvé qu’il y avait un impact positif dans la réduction de la mortalité maternelle dont le taux est passé de 330 décès pour 100.000 naissances vivantes à 198 aujourd’hui. Bien sûr, il n’y a pas que le mentorat, mais son rôle a été important. C’est pour ça, je pense, que l’UNFPA s’en est approprié et c’est louable pour que la majorité des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre puissent adhérer à ce mentorat. Il y a eu des réunions en 2019 pour réécrire les documents régionaux et mettre en place la formation de maîtres mentors. Nous sommes à la 2ème session de formation des maîtres mentors dont le rôle sera, sur le plan national, de former les mentors, de les suivre, de les évaluer, de capitaliser les données et de faire un plaidoyer auprès de qui de droit afin que le programme mentorat puisse suivre son cours. »

Roghaya Mohamed Mahfoudh, Sage-femme d’Etat, Chef de service stage et encadrement à l’EN3S, Mauritanie

« En réalité, la mission du maître mentor clinique des sages-femmes est une mission de stage et d’orientation des prestaires sur leur site d’opération. Cela permet aux prestataires d’améliorer leurs compétences cliniques en matière de maternité. Mon expérience en tant que participante à cette session de formation a été importante et enrichissante. Elle m’a permis certainement de renforcer mes compétences et d’appliquer de manière pratique les connaissances théoriques qui nous ont été dispensées. J’attends et j’espère en cueillir les fruits dans le proche avenir ».


L’expert judiciaire Ahmednah met en doute l’impartialité des magistrats du tribunal du Commerce de 1ère instance de Nouakchott

Un bras-de-fer est désormais engagé et une bataille judiciaire ouverte entre l’expert judiciaire Ahmednah Mohamed Abdallah et les magistrats du Tribunal du Commerce de 1ère instance de Nouakchott. En cause, un ciblage direct sous fond de règlement de compte illégal, tel qu’explicitement dénoncé par l’expert judiciaire, à travers son Appel à l’opinion publique largement diffusé par voie de presse et relayé sur les réseaux sociaux. D’après lui, ce précédent représente un énorme scandale au cœur de l’appareil judiciaire à propos de trois dossiers le concernant.

De quoi s’agit-il ?

L’émission de deux jugements contradictoires dans le même litige et entre les mêmes parties le concernant est considérée par l’expert judiciaire et son avocat-conseil, Me Mohamed Ould Laghdaf, comme une violation du principe de l’autorité de la chose jugée. Elle enfreint, selon eux, les dispositions des articles 51-52-53-54 et 272 du Code de procédure civile et commerciale.

D’où la décision prise par l’expert judiciaire Ahmednah Mohamed Abdallahi de s’attaquer directement à la composition du Tribunal du Commerce de 1ère instance de Nouakchott, en demandant auprès du Ministre de la Justice, l’ouverture d’une enquête par l’Inspection générale de la Justice sur les agissements desdits magistrats par rapport aux différents qui les opposent.

Il dénonce surtout l’ignorance feinte des magistrats du lien juridique entre les dossiers 59/20 et 60/25, l’utilisation répétée d’une expertise fondée sur un solde financier incorrect, soulevant des soupçons de fraude, un doute jugé légitime sur l’impartialité du tribunal du commerce de 1ère instance. Il pense que les magistrats ont été piégés.

Le litige entre Ahmednah Mohamed Abdallahi et les magistrats du Tribunal du Commerce de 1ère instance de Nouakchott est loin d’être fini, car il compte aller jusqu’au bout dans les procédures judiciaires afin de recouvrer ses droits.

Affaire à suivre.

Cheikh Aïdara

#مباشر/نقطة صحفية يعقدها الخبير القضائي محمد عبد الله ولد احمدناه. السياق ميديا SIYAK MEDIA #تابعونا | السياق ميديا SIYAK MEDIA | Facebook