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La station météo d’Aïoun, un vestige menacé de démolition

Selon des sources proches des services de la météo d’Aïoun, le Conseil Régional du Hodh El Gharbi serait sur le point de violer les termes d’un accord par lequel l’Office national de la Météo lui a concédé une partie de son terrain pour y construire son siège. Le Conseil chercherait aujourd’hui à s’accaparer de tout le terrain, en proposant la destruction du vieux bâtiment de la Météo qui joue un rôle important dans les relevées climatologiques. Ce serait d’autre part, une violation de la mémoire collective et la destruction d’un symbole vivant de la ville.

Station Météo d’Aïoun, construite en 1946, sur le point d’être démolie-Crédit Aïdara

Par accord signé le 15 août 2020 (Voir Fac-similé en Arabe), l’Office National de la Météo, représenté par son Directeur général, M. Mohamed Abatt Cheikh Mohamed El Mamy, qui représentait également le Ministre de l’Equipement, avait accepté de concéder une partie du terrain de la Météo d’Aïoun, 9.931,7 mètres carrés, au Conseil Régional du Hodh Gharbi, représenté par son Président, M. Khattar Cheikh Ahmed. La signature du procès-verbal de l’accord s’était déroulée en présence du Wali du Hodh Gharbi, Mohamed Mokhtar Ould Abdi, le Préfet d’Aïoun, Cheikh Said Baguily, le Délégué Régional du Ministère de l’Habitat, Aboubacar Ould Yahya, le responsable local et les agents de la station, ainsi que l’entrepreneur chargé de la construction du siège du Conseil Régional.

Il a été stipulé dans le contrat ce qui suit. Il a été décidé de construire le siège du Conseil Régional dans la partie Nord du terrain de la station météo, alors que cette dernière conservait la partie Sud, au bord de la Route de l’Espoir sur une longueur de 35 mètres sur 30 mètres côté sud-ouest, et 30 mètres côté Nord. Une ouverture de 6 mètres sera aménagée pour l’entrée et la sortie des véhicules. Le Conseil Régional s’engage aussi à prendre en charge, à hauteur de 70.000 MRU, le déplacement du matériel et des installations de la station se trouvant sur la partie qui lui est dévolue, pour les placer sur le reste du terrain revenant à la station.

L’hébergé (Conseil Régional d’Aïoun) qui veut déguerpir son logeur. Construction en cours du siège du Conseil – Cheikh Aïdara

Il a été aussi convenu de conserver les logements des agents de la météo.

Selon les dernières informations divulguées par les sources déjà citées, le Conseil Régional veut s’accaparer de tout le terrain. Il ne serait plus question de partage. L’intention du Président du Conseil Régional, clairement formulée à l’intention de la délégation, serait de détruire le vieux bâtiment de la station de la météo, et effacer ainsi une existence qui coïncide avec l’histoire de la ville d’Aïoun.

Fac-similé en Arabe de l’accord de concession – Cheikh Aïdara
Croquis montrant la disposition de la station, les bureaux et les logements du personnel – Crédit Aïdara
Croquis montrant le partage convenu et les dimensions partagées entre le Conseil et la Station – Crédit Aïdara

« On chercher à entretenir la confusion, en soutenant qu’il existe déjà une station météo à l’aéroport. D’une part, les deux stations n’ont pas la même mission. La station de l’aéroport chargée de la navigation n’est plus fonctionnelle et ses appareils ne sont nullement adaptés pour les relevés climatologiques dévolus à l’ancienne station. Ensuite, elles n’ont pas la même charge émotionnelle ni symbolique. L’ancienne station est chargée d’histoire et coïncide presque avec la création de la ville et l’autre est de construction récente » précisent nos sources.

Il faut dire que la Météo d’Aïoun, qui est également une station régionale ouest-africaine connue sous le code international 61499 GONA, a été construite en 1946.  Elle joue un rôle important dans les relevées climatologiques. Elle est surtout la mémoire vivante de la ville d’Aïoun et l’un des symboles de son histoire.

Cheikh Aïdara


Journée du 8 mars, l’occasion du lancement de la campagne contre le cancer du col de l’utérus

La journée internationale de lutte pour les droits des femmes a été célébrée ce 8 mars 2021 dans la ville de Nouadhibou. Elle a été organisée par le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population. Cette journée coïncide avec le lancement de la première campagne de sensibilisation sur le vaccin contre les HPV, le cancer du col de l’utérus.
Photo de famille des participants – Crédit Aidara

La ville de Nouadhibou s’est parée de ses plus beaux atours pour accueillir la cérémonie marquant la célébration de la Journée Internationale de Lutte pour les droits des femmes, ce 8 mars 2021. Organisée par le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), la journée a été célébrée cette année sous le thème « Leadership féminin, pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 ».

Mme la Ministre des Affaires Sociales remettant une enveloppe – Crédit Aidara

L’ouverture a été marquée par la lecture de versets du Coran, la prestation de la troupe musicale des aveugles et la décoration de certaines personnes pour leur rôle dans la promotion des droits des femmes. Des actions lucratives ont également eu lieu, telle la distribution de prix à 10 filles lauréates de Nouadhibou. Ou encore la remise de subventions aux 21 jardins d’enfants privés qui accueillent 416 enfants issus de familles pauvres, et la remise d’un financement au profit d’un projet collectif promu par des femmes handicapées à Nouadhibou.

M. Kaboré remettant un prix – Crédit Aidara

Les évènements phares de cette journée restent cependant le lancement de la campagne de sensibilisation autour de la vaccination contre les HPV, le cancer du col de l’utérus, et les échanges de discours officiels entre la ministre des Affaires Sociales, le Représentant résident de l’UNFPA et le maire de Nouadhibou.

Prémunir les filles de 9 à 14 ans contre le cancer du col

« La Mauritanie fait partie des 100 pays au monde qui offrent le vaccin contre le Papillomavirus Humain (HPV) » a expliqué Vatimetou Moulaye du Ministère de la Santé au cours d’un exposé largement suivi. Selon elle, le cancer du col de l’utérus frappe 22,8% de femmes en Mauritanie, à côté du cancer du sein (18%), le cancer de l’endomètre (7%) et le cancer de l’ovaire et de la peau. « Il est l’une des principales causes de décès des femmes chez nous » a-t-elle poursuivi. 

Mme Fatimetou Moulaye lors de sa présentation – Crédit Aidara

Le vaccin, dont la campagne de sensibilisation vient d’être lancée, cible les filles de 9 à 14 ans, à raison de deux doses à intervalle de six mois. Un comité de pilotage composé du Ministère de la Santé, le MASEF, le ministère de l’Education Nationale et le ministère des Affaires Islamiques, est déjà sur pieds pour superviser la campagne de vaccination. Son démarrage est fixé au 29 mars 2021. Les partenaires techniques et financiers d’accompagnement sont l’OMS, l’UNFPA et l’UNICEF.

Leadership des femmes en période Covid-19

Ouvrant les activités commémorant la journée, la Ministre des Affaires Sociales, Mme Naha Mint Haroune Ould Cheikh Sidiya, a tenu à souligner le rôle central que jouent les femmes dans le développement. Ce rôle a été davantage valorisé, selon elle, par la place centrale que lui donne le chef de l’Etat dans ses deux programmes, « Mes Engagements » et « Mon Programme Elargi », mais surtout dans son tweet datant du 7 mars.

Elle a par la suite cité une longue liste de réalisations de son département, dans le domaine de la petite enfance, des handicapés, de l’appui social, de la formation, de financements de groupements féminins et d’activités génératrices de revenus. Le tout pour la bagatelle de plus d’un milliard d’anciennes ouguiyas au profit de 600 coopératives féminines, 2.000 handicapées, 10.000 familles pauvres, 150 jardins d’enfants et 530 filles en formation professionnelle.

Sur le plan institutionnel, elle a cité la création de plusieurs plateformes, dont dix plateformes multisectorielles de lutte contre les violences basées sur le genre, la création d’un Observatoire des femmes et de la Banque de la Famille. Elle s’est félicité de la participation politique des femmes, avec 20% de quota à l’Assemblée Nationale et 35% dans les conseils municipaux.

Auparavant, le Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré avait mis l’accent sur le rôle des femmes dirigeantes de Mauritanie qui « ont œuvré efficacement dans la réponse à la pandémie Covid-19 ». Cette édition célèbre, selon lui, les incroyables efforts déployés par les femmes et les filles pour façonner un futur plus égalitaire suite à cette crise sanitaire. « Les femmes dirigeantes ont fait montre historiquement de leur compétence et de leur efficacité, et cela s’est confirmé face à la Covid-19 » a-t-il insisté. Il a donné en exemple, l’Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant et l’Association mauritanienne pour la promotion de la famille, parmi d’autres organisations de femmes qui ont contribué à la promotion et à la protection des droits des femmes en Mauritanie.

SEM. Saidou Kaboré a salué les efforts du gouvernement mauritanien pour « avoir mis en priorité l’autonomisation des femmes, y inclus la promotion de l’entreprenariat féminin dans son plan national de lutte contre la Covid-19 », citant le discours du Président Ghazouani lors de son investiture.

Le Maire de Nouadhibou, El Ghassem Ould Bellal, s’est félicité pour sa part du choix porté sur sa ville pour abriter la célébration cette année de la fête internationale de la femme. Il a salué cet exemple de coopération entre les autorités centrales et les entités décentralisées, mettant en exergue la vision de la nouvelle ministre des Affaires Sociales. Celle-ci n’a pas hésité, selon lui, à apporter un appui fort aux jardins d’enfants et aux associations d’handicapés que la mairie de Nouadhibou gérait jusque-là toute seule.

Cheikh Aïdara


Le Commissariat aux droits de l’Homme, partie civile dans les cas d’esclavage

La Journée nationale de lutte contre les pratiques esclavagistes, organisée par le commissariat aux Droits de l’Homme, avec l’appui du projet Bridge du BIT, a été célébrée le 6 mars 2021 à Zouerate. Nouveauté, le Commissariat aux droits de l’Homme peut désormais ester en justice et se porter partie civile dans les cas d’esclavage et de traite des personnes.

M. Hassena Ould Boukhreiss ouvrant les travaux de la journée – Crédit Aidara

La capitale du Tiris-Zemmour, Zouerate, a abrité samedi 6 mars 2021, la commémoration de la journée nationale de lutte contre les pratiques esclavagistes. Sous le slogan « Ensemble, luttons contre le travail forcé », l’évènement a été marqué par la déclaration des partenaires sociaux et de la société civile ficelée à l’issue de la journée préparatoire du vendredi 5 mars à la Nouvelle Maison des Jeunes.

Plusieurs recommandations ont été formulées à l’intention du département du Pétrole, des Mines et de l’Energie et celui de la fonction publique, dans le domaine de l’orpaillage, de la sous-traitance et des travailleurs domestiques. Il s’agit notamment de la couverture santé, de la mise en place de mécanismes de suivi et de contrôle des droits des travailleurs, de la conduite d’un dialogue entre les partenaires sociaux, et la mise à niveau de l’Arrêté 1797 portant sur les emplois domestiques, entre autres.

Vue partielle de l’assistance – Crédit Aidara

Un exposé des lois contre l’esclavagisme

Les participants, organisations des droits de l’homme, syndicats de travailleurs et employeurs, ont suivi trois communications. La première, présentée par le directeur des droits de l’Homme, Sidi Mohamed Ould Cheikhna, a porté sur la loi 2020-017, relative à la prévention et la répression de la traite des personnes. Le directeur adjoint aux droits de l’Homme a ensuite présenté un exposé comparatif. Enfin, le directeur des Affaires Pénales et de l’Administration pénitentiaire, le magistrat Moulaye Abdallah Ould Baba, s’est longuement attardé sur les outils nationaux de lutte contre l’esclavage et la traite des personnes.

M. Hassena Ould Boukhreiss

A l’ouverture officielle de la journée, le commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Hassena Ould Boukhreiss, a rappelé l’importance de cette journée. Pour lui, il s’agit de « l’engagement du gouvernement à poursuivre ses efforts dans l’éradication des séquelles de l’esclavage et de ses formes contemporaines« .

Une étude sociologique en cours

Il a évoqué l’adoption par le gouvernement de la loi relative à la prévention et la répression de la traite des personnes ainsi que son plan d’action élaboré par son département, qui viennent consolider selon lui l’arsenal juridique et institutionnel dans le domaine de la lutte contre la traite des personnes et la protection des droits humains. Une étude sociologique est en cours, a-t-il souligné, pour renseigner l’ampleur du phénomène en Mauritanie, ses causes et ses manifestations, afin de dégager des solutions pour son éradication. Enfin, il a évoqué une autre mission que vient de lui conférer le gouvernement, dans la protection, la réception et le traitement des plaintes, mais aussi de se constituer partie civile dans les affaires d’esclavage, de traite des personnes et des migrants.

M. Laurent Meillane

Auparavant, le représentant du bureau du Haut-commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme en Mauritanie, M. Laurent Meillane, avait souligné que « le travail forcé, qui est considéré comme une forme d’esclavage, affecte 24 millions de personnes à travers le monde, selon le BIT« . Parlant de la Mauritanie, il a souligné que la lutte contre le travail forcé est importante, parce que le pays a déployé des efforts législatifs et institutionnels de grande envergure pour mettre fin à l’esclavage.

L’adjoint du maire de Zouerate, Bowba Ould Sidi, avait souhaité la bienvenue aux invités, saluant l’organisation de cette journée dans sa commune.

Cheikh Aïdara


Gestion clinique des viols : les survivants ont besoin d’une bonne qualité de prise en charge médicale

Pendant cinq jours, du 22 au 26 février 2021, une dizaine de prestataires de services de santé du Trarza, du Guidimagha et de Nouakchott, ont suivi une formation sur la prise en charge des survivants de violences sexuelles. Cette session organisée par le Ministère de la Santé, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a été animée par des experts de haut niveau.

Table officielle à l’ouverture de l’atelier – Crédit Aïdara

Après la formation des assistantes sociales des régions sinistrées par les inondations de septembre 2020, notamment le Trarza et le Guidimagha, et la formation sur la prise en charge psychosociale des violences basées sur le genre (VBG) qui s’est déroulée du 15 au 17 février 2021, le Ministère de la Santé a enchaîné sur une troisième formation. Avec l’appui de l’UNFPA, celle-ci a ciblé les prestataires de santé, notamment médecins et sages-femmes des mêmes régions, le Trarza et le Guidimagha, en plus de Nouakchott, sur la gestion clinique des viols. Elle s’est déroulée du 22 au 26 février 2021. Ces deux formations sont un prélude au déploiement des cliniques mobiles dans les régions touchées.

La formation vise à améliorer la qualité de l’offre de services de gestion clinique des cas de viols et autres violences basées sur le genre. Elle a pour objectif de renforcer les capacités des soignants en matière de prévention et de prise en charge des survivant.e.s de violences sexuelles, à travers l’intégration d’autres services, comme l’appui psychosocial, l’appui légal, la réintégration socio-économique des victimes.

Des prestataires mieux outillés

Les aspects les plus importants de la formation sur la gestion clinique des viols ont été développés par deux formateurs. Il s’agit de M. Mathias Gakwerere, expert formateur en santé de reproduction, consultant à l’UNFPA et par Mme Aminetou MBourou Kamara, facilitatrice et sage-femme à la Direction mère et enfant (service de santé de la reproduction, mortalité maternelle, infantile et adolescent (SRMNIA)), du Ministère de la Santé.

Vue partielle des participants – Crédit Aïdara

La formation a porté sur la préparation et l’examen médical des survivant.e.s de violences sexuelles, et la connaissance des outils pour l’anamnèse, c’est-à-dire les antécédents médicaux et l’historique de la victime. Elle a aussi porté sur les directives à suivre pendant l’examen physique et la création du dossier médical. L’accent a surtout été mis sur les consignes pour recueillir les preuves médico-légales lors de l’examen médical et les consignes de rédaction du certificat médical. Les formateurs ont beaucoup insisté sur ces points, avec à l’appui des vidéos de présentation et des discussions engagées au cours de la session.

La gestion du choc et du stress post-traumatique

La préparation psychologique des victimes, en général sous le choc traumatique de l’agression, est jugée cruciale dans la prise en charge. Cette préparation doit permettre de recueillir le consentement écrit de la survivant.e, et l’examen médical doit être minutieux et précis.

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

L’intervention via vidéo du psychologue Brahim Khlil est venue éclaircir des aspects psychiques et neuropsychologiques des survivant.e.s. Ces derniers sont souvent soumis, selon lui, à un stress post-traumatique, qui fait l’objet d’une prise en charge. Il a également évoqué les risques de grossesse et d’infections et maladies sexuellement transmissibles (IST). D’où l’urgence, selon lui, de la prise en charge médicale et préventive des survivant.e.s de viol.

Pour le cas spécifique des enfants, Brahim Khlil souligne, « ce qu’il faut savoir avant de développer le protocole, c’est l’obligation de rapporter les cas d’abus, de détenir un exemplaire du protocole, de connaître les lois spécifiques aux violences sexuelles, ainsi que les aspects liés au corps et à la croissance de l’enfant, mais surtout les techniques d’entretien avec les enfants. » Dans les cas d’abus répétitifs, « il faut identifier l’auteur et voir les autres enfants à risque dans la famille », explique-t-il.

Le dispositif minimum d’urgence (DMU)

Le dispositif minimum d’urgence (DMU) est celui qui s’applique aux victimes de catastrophes ou de drames causés par l’homme ou par la nature, tels que les conflits armés, les catastrophes naturelles. Selon Mathias, les violences basées sur le genre, notamment les violences sexuelles, augmentent considérablement dans de pareilles circonstances.

Exercice pratique sur mannequin – Crédit Aidara

D’où la disponibilité à cet effet de kits selon les niveaux d’intervention. Ainsi, le DMU en situation de crise vise cinq objectifs :

  • la mise en place d’une coordination d’urgence,
  • la prévention des violences basées sur le genre,
  • la réduction des risques de transmission contre les IST/VIH
  • la discussion sur la PPE (prophylaxie postexposition),
  • la prévention contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile, la planification de services de santé sexuelle et reproductive (SSR)

Ce qui suppose, selon Mathias, la mise à disposition d’une base de données sur les services de santé disponibles et sur la planification de la SSR.

Il a ensuite développé les types de kits prévus à chaque niveau de la chaîne sanitaire, du poste de santé à l’hôpital régional, en passant par les centres de santé et les hôpitaux départementaux.

SEM. Saidou Kaboré remettant son certificat à une participante – Crédit Aidara

TEMOIGNAGES

Mathias Gakwerere, Expert et formateur en Santé de la Reproduction, Consultant UNFPA

« La formation a porté sur la gestion clinique des viols. Cette formation a abordé le rôle que jouent les services de santé en tant que porte d’entrée pour la prise en charge holistique de survivant.e.s des viols. Cela implique le mécanisme de référencement vers les autres services dont les survivants auront besoin. Par exemple, certains auront besoin d’assistance légale, une assistance psychosociale et/ou un appui économique pour assurer une bonne résilience et une meilleure réintégration dans la société. Tout doit se faire dans le respect du choix des survivants et une bonne collaboration entre tous les intervenants selon les cas. Nous espérons que les prestataires qui ont été formés durant cette session vont servir comme de bons catalyseurs pour l’amélioration de la qualité de prise en charge de viols en Mauritanie ».

Aminetou MBourou Kamara, sage-femme à la Direction Santé Mère et Enfant (Ministère de la Santé), service SRMNIA

« Je suis facilitatrice dans cette formation sur la gestion clinique des viols. Nous avons pu mener cette formation avec un groupe très motivé à acquérir de nouvelles connaissances sur les violences sexuelles. La transmission du savoir, grâce au formateur principal, M. Mathias s’est bien déroulée. J’avoue qu’il s’agit d’une problématique qui mérite d’être combattue. Les viols qui se répandent dans notre pays, n’épargnent personne. De la fillette de 2 ans à la vieille de 70 ans, ces victimes méritent une prise en charge sérieuse. J’invite le ministère de la Santé et ses partenaires à conjuguer leurs efforts afin que ce fléau des viols soit éradiqué. Heureusement, le pays s’est doté d’un protocole national de prise en charge des violences basées sur le genre depuis 2019 et d’un protocole de la loi nationale sur les anti-reproductifs dans laquelle sont condamnés les auteurs de violences faites aux femmes ».

Marième Diop, sage-femme d’Etat, surveillante à la maternité du Centre hospitalier de Rosso (Trarza)

« Il s’agit d’une formation très importante qui va renforcer nos capacités, surtout la prise en charge des survivants des VBG. Nous ne recevons pas beaucoup de cas, parce que nous sommes à l’Hôpital régional de Rosso. C’est la dernière chaîne du processus. Mais nous avons demandé à ce qu’il y ait un protocole standardisé de prise en charge des VBG dans toute la région. C’est notre souhait ».

Seyide Mint El Khalil, sage-femme d’Etat, cellule de prise en charge des VBG, Hôpital Mère et Enfant de Nouakchott

« Cette formation a amélioré mes compétences dans la prise en charge des VBG, surtout les survivants des violences sexuelles. Concrètement, ce que j’ai appris c’est l’accueil, la patience dans la collecte de l’information et toutes les subtilités de l’entretien avec les survivants. Sans précipitation et avec empathie. C’est donc en gros, tous les outils nécessaires pour la mise en confiance des survivants de manière à ce qu’ils soient disposés à donner leur consentement et à raconter avec aisance leur drame ».

Daly Sall, sage-femme d’Etat et point focal SR DRAS de Sélibaby (Guidimagha)

« Cette formation a été vraiment au top. Nous avons acquéri beaucoup de connaissances que moi personnellement je vais mettre en application une fois sur le terrain. Ce que j’ai surtout appris c’est la prise en charge et la prévention des VBG, surtout les cas de viol. En tant qu’employée à la Direction régionale à l’action sanitaire (DRAS) je suis moins en contact avec ces cas de viol. Mais cette formation va me servir dans l’appui aux autres collègues qui sont confrontés souvent à ces cas. Nous disposons de cartes que l’on distribue aux différentes structures. Cela qui nous permet de coordonner avec le personnel de santé et faciliter le référencement des cas de ce genre »

Wade Maïmouna, sage-femme d’Etat, Centre de santé de Ghabou (Guidimagha)

« J’ai acquis beaucoup d’expérience avec cette formation. Maintenant, arrivée au centre de santé où j’exerce, je pourrai prendre en charge les survivants de viols. Nous sommes toujours confrontés à ce genre de situation dans nos pratiques de tous les jours. J’ai appris beaucoup sur la prise en charge des survivants de violences sexuelles, notamment l’écoute et le suivi des cas».

Cheikh Aïdara

REPORTAGE PHOTOS

Photo des participants et du staff du Ministère de la Santé et de ‘l’UNFPA – Crédit Aidara
Dr. Boutou remettant son certificat à une participante – Crédit Aidara